LA MOBILE DOIT ÊTRE LE CENTRE DE LA COLONIE
Canada, joint à ce qu'ils ne cultivent point lesterres, pendant le temps qu’ils sont dans les bois.
Gardant la Mobile, comme il est absolument nécessaire, sans quoy tout ce pays-là ne vaudra rien, je ne voudrois pas envoyer sur le bas du Mississipi beaucoup de familles, mais bien peupler la rivière de la Mobile et ses environs. Ce doit estre le centre de cette colonie, d’où on communiquera facilement à cheval, à tous les endroits establis sur les bords du Mississipi, depuis les Ommas jusqu'au Missouri et Illinois, en moins de quinze jours, aux plus esloignés, qui sont les Illinois.
Il seroit nécessaire d'envoyer dans ces pays incessamment des familles, surtout de laboureurs, afin que l'on ne soit plus obligé d’y envoyer des vivres. On y pourra construire des vaisseaux, de telle grandeur que l’on voudra, sur l’île Massacre, où on transportera les bois que l'on amènera en cayeu. Devant que ces bastisses se fassent, il faut quelques années pour y avoir du monde et des vivres. Ceux de France coustent trop à y apporter. C’est pourquoy il faut y envoyer des laboureurs; c'est la despense la première et la plus nécessaire à y faire, joint à un moulin. Ayant les vivres là à bon compte, on y pourra construire à beaucoup meilleur marché qu'en France, en faisant marché avec les constructeurs pour rendre la touche d'un vaisseau, de telle grandeur que l’on voudroit avec ses vergues et masts — car de vouloir faire bastir là pour. le compte du Roy à journée, il en cousteroit plus et il seroit à craindre que les gens que l’on enverroit là, chargés de ces despenses ne s'y enrichissent en peu de temps. Des gens à leur aise en France n’y voudroient pas volontiers aller. Ce n’est pas le penchant des François de quitter de si loin leur