LE PÉLICAN ENVOYÉ AU MISSISSIPI
Le Ministre de la Marine à M. d'Iberrille.
19 septembre 1703.
Monsieur, le Roy a choisi le sieur du Coudray pour commander le vaisseau Pélican. Je luy escris de conférer avec vous et 2vec M. Duguay sur l'arrangement de ce quidoit estre embarqué sur ce vaisseau, et de suivre ce que vous luy prescrirez pour le bien de la colonie du Mississipy et pour ce qu'il
aura à faire à son arrivée en ce pays.
Le Ministre de la Marine à M. l'évesque de Québek.
À Versailles, le 17 juin 1703.
Monsieur, les PP. Jésuites et les Supérieurs des Missions estrangères 1ous ont parlé séparément de la mission du Mississipy.
Les Pères, voulant esviter d'avoir aucune contestation avec les Missionnaires, ont demandé qu'il plust à Sa Majesté de leur assigner un endroit où ils puissent travailler seuls ct
sans concurrence avec eux. Ils disent, avec quelque sorte de
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L'ÉVÈQUE DE QUÉBEC CONSULTÉ 63 raison, que leurs démeslez scandalisent les fidèles et retardent peut-estre la conversion des Sauvages, et qu'il seroit du service de Dieu et du Roy d'esloigner d'eux tout ce qui peut les détourner d'embrasser la religion chrestienne: et, comme ils sont les premiers qui ont esté au Mississipy et à l'establissement qui a eté commencé à la Mobile, ils demandent qu'on leur assigne ‘ce quartier avec telle estendue de pays qu'il plaira à Sa Majesté. Ils prétendent qu’il suffiroit pour cela que vous eussiez agréable de prendre pour vostre grand vicaire de cette colonie le supérieur qu’ils y establiroient !.
MM. des Missions estrangères représentent, de leur costé, qu'ils ont desjà plusieurs missionnaires venus en ce pays, et qu'il seroit nécessaire qu'ils eussent un establissement dans le l'eu où sera le principal siège de la nation, qui est l'endroit Cu est le fort et où on a commencé la ville et où les Jésuites sont actuellement establis, qu'ils ne peuvent y cstre sans y avoir une juridiction spirituelle, ny estre sous la dépendance des Jésuites.
Le Roy n'a rien voulu décider sur cette contestation sans avoir vostre advis. Sa Majesté désire que vous examiniez avec soin les raisons des uns et des autres, et, apres y avoir fait de sérieuses réflexions, de proposer ce que vous estimez devoir 1. Note tirée du manuserii du P. Léonard de Sainte-Catherine de Sienne. —
Au mois de may 1702, M, de Beauharnois. intendant en Canada à la place de M. de Champigny, qui vient faire cette fonction au Hävre d: grâce, a travaillé à
raccommoder les Jésuites avec M, de Saint-V'al ier, évesque de Québec, qui est à Paris. Il à donné à disner aux deux parties pour mieux cimenter cette réconcilia= tion, et quelques jours après les Jesuites régalèrent M l’éves jue de Québec dans leur maison de plaisance à Gentilly, »
Il ne voulait pas que les Jésuites allassent en mission dans les nouvelles décou
vertes de la rivière du Mississipi,