‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 59 sur 504 · LA FRANCE SEULE PEUT LE SAUVER DES ANGLAIS · texte numérisé non relu

LA FRANCE SEULE PEUT LE SAUVER DES ANGLAIS

l'importance d'un tel dessein, qui évidemment ne tend qu’à s'emparer de Carthagène et de Portobello à la mort du Roy d'Espagne, et les Espagnols de ce continent ne le mettent pas en doute, et qu’il n'y a que la pieté du Roy Très Chrestien et sa puissance qui puissent les garantir de ce malheur. Sans les ordres qu'avoit M. le marquis de Chasteaumorant, je l’aurois supplié de se porter à Sainte-Marthe, Carthagène et Portobello, pour conférer avec les gouverneurs. Une barque qui n'appartient est à ceste coste. L’on m'a dit qu'elle avoit esté mouiller parmy les Anglois pour les examiner et m’en rapporter des nouvelles. J'auray l'honneur de vous rendre compte de tout ce dont le M° m'instruira.

VOYAGE DE D'IBERVILLE DEPUIS LE CAF FRANÇAIS JUSQU'A QUINZE LIEUES DU MISSISSIPI. DÉTAILS SUR LA RIVIÈRE OÙ IL A ÉTÉ,

D'Iberville au Ministre.

A bord de la Badine, ce 11 février 16009.

Monseigneur,

J’eus l'honneur de vous escrire le dernier de décembre de

L£ogane, qui fut le jour de mon départ avec M. de Chasteauo ,

morant et Surgères, et fismes la route du cap Saint-Antoine, que nous doublasmes le i5° janvier au matin sans avoir eu

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aucun coup de vent, beaucoup de calme. et fismes le nordnord-ouest, pour atterrir à une rivière que les Espagnols nomment del Medio!, à vingt lieues à l’ouest d’un establissement qu'ils ont fait depuis peu, qu'ils nomment Apalachicoly, distant des Apalaches de quarante lieues, qui est un establissement au'ils ont fait depuis plus de cent années et où il peut y avoir cinq ou six cents personnes.

Nous arrivasmes à la veue de la rivière de los Indios le 24° janvier, où je mouillay à dix brasses d’eau, n'ayant pu visiter cette rivière le mesme jour. Le 25°, le vent à l’est, je trouvay un banc de sable, sur lequel il n’y avoit que quatre à cinq pieds d’eau. Je continuay à courir le long de la coste, à une lieue de terre, par six et sept brasses. Ma biscayenne allant à un quart de licue de terre pour aller à un hâvre nommé Pensacola de Galvez, à quatorze lieues d'icy, par quatre brasses, nous mouillasmes sur le soir, etle 26° au matin nous recontinuasmes nostre route le long de la coste à l'ouest, le vent au sud-est embrumé. Sur les neuf heures nous aperceusmes deux navires mouillez dans un lac d’eau salée séparé de la mer par une longue terre d’un quart de licue, de large une ct deux lieues. Je mouillay au bout de cette langue de terre, où le François et le Marin me joignirent. Il bruma une partie du jour et nous ne peusmes envoyer à terre.

Le 27° au matin nous envoyasmes le sieur Lescalet à terre pour voir quelle nation estoit là establie, et mon frère pour garder la chaloupe et empescher mes gens de leur parler ct leur dire le sujet de nostre voyage. Il revint à bord sur les deux heures avec une chaloupe et le Major de la place, qui nous vint faire offre de leurs services pour de l’eau et du bois,

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