‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 68 sur 504 · D'IBERVILLE CONTINUE SON VOYAGE · texte numérisé non relu

D'IBERVILLE CONTINUE SON VOYAGE

fismes la route du cap Saint-Antoine de Cube, que nous doublasmes le 15 janvier au matin, cet fismes la route de la rivière des Indios de la Floride, où nous atterrasmes le 24 janvier. Cette rivière est à vingt lieues, à l’ouest d'un establissement que les Espagnols ont fait depuis peu, qu'ils nomment Apalachicoly; ils y ont, depuis plus de cent ans, un establissement où il n’y a pas plus de cinq à six cents personnes, et où ils ne font aucun commerce que quelques peaux d'ours et chevreuil avec les Sauvages, avec lesquels ils n’ont aucune guerre.

Cette rivière des Indios n'ayant pas d'entrée que pour des chaloupes, nous continuasmes nostre route à l’ouest, le long de la coste, jusques à une baye nommée Pensacola, dans laquelle il tombe une assez grande rivière, distante de celle des Indios de treize lieues, où nous trouvasmes deux navires mouillez le 26° du mois, et un establissernent fait, où estoient trois cents Espagnols, venus de la Vera Cruz depuis trois mois. Nous trouvasmes dans l'entrée de ce hâvre, qui est très beau, vingt-deux pieds d’eau le moins. Cet establissement n'estoit encore qu'un carré de palissades à hauteur d'homme.

Le 30°, nous appareillasmes, le vent à l’est-sud-est, pour continuer nostre route à l’ouest.

Le 31°, sur les deux heures après midy, nous nous ren-

dismes deux lieues au large de l'entrée de la Mobile, où nous mouillasmes l’ancre par huit brasses d’eau.

Le 4° février, sur les quatre heures du soir, nous appareillasmes pour continuer nostre route le long de la coste, n'ayant trouvé sur une barre, qui est à cinq quarts de lieue de cette baye et de l'entrée, que treize pieds d’eau, passé cela, quatre et cinq brasses. Cette baye est fort belle à habiter, dans laquelle il

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