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Decouvertes Archeologique Au Quartier Du Pantheon a Paris

En 1890, Monsieur Gabriel Pasquier, Architecte bien connu à Paris, après avoir terminé la construction de quelques immeubles élevés en bordure des rues Le Goff, Royer- CoUard et Gay-Lussac, continuait ses travaux de construction en 1891, à l'angle formé par les rues Malebranche et Le GofF; il nous donnait ainsi la possibilité de poursuivre

nos investigations sur ce point si intéressant de notre vieux Paris et de donner une suite à notre premier article : « Un Témoin des cAges antiques à Lutèce », publié dans les Mémoires de la Société Dunkerquoise, en 1890.

La première couche du déblai renfermait des débris de terre cuite, tels que sifflets ou jouets d'enfant, des petites bouteilles, sorte de guttus qui servaient à contenir les électuaires que les pharmaciens des XV* et XVI* siècles livraient à leurs clients (voir les figures jointes à notre texte, publié en 1890). Puis, à deux mètres au-dessous du sol de la rue Le Goff, dans une sorte de terreau, nous trouvâmes de beaux fragments de poterie en terre sigillée ornée de feuillages en reliefs, d'une finesse remarquable, assez semblables, comme empreinte, à ceux qui ont été découverts pendant le cours de nos recherches, en 1889 et 1890. Nous remarquons deux marques d'atelier(sigillum) d'une très grande pureté : la première Fig. i.

porte LICINVS, la deuxième est celle qui montre la fig. i. puis, une petite tête de lion en terre rouge appartenant, ainsi que les fragments précédents, à l'époque gallo-romaine. On remarque la richesse de décoration de quelques éclats dont nous publions les dessins figures 2, 3, 4, 5 et 6: cerfs sous bois (peut-être une forêt de chênes), figures nues, rinceaux, génie ailé, moulures, etc., tous fort gracieux; en un mot, les décors sont admirablement proportionnés aux vases qu'ils ornent ; quelquefois ces ornements sont écrasés par suite d'une pression des poteries avant la cuisson ; l'empreinte des marques de l'officine est plus pure dans ses reliefs, cela tient à ce qu'elle est protégée par les bords de la poterie au fond de laquelle elle est imprimée.

Au milieu de ces échantillons de la poterie antique nous trouvons un petit calice en terre sigillée de la contenance de

dix centilitres environ ; la finesse de la tçrre est absolument remarquable.

Au fond de la fouille, à trois mètres au-dessous du niveau du pavé de la rue Malebranche, nous rencontrâmes deux haches (figure 7) ; elles appartiennent à la période de la pierre polie ; des haches semblables, dit-on, associées à des objets de provenance gallo-romaine, ont été découvertes lors des fouilles faites à Paris, pour la construction de la

Fig. 3.

caserne de la Cité. La Seine, dans sa traversée seule de Paris, en a fourni quelques centaines, La hache que représente

notre figure est en silex jaune; son taillant semble fruste par suite d'un long usage ; elle mesure 0/14 de longueur sur o,°'o-j de largeur,

La présence de ces armes ou outils de l'âge de pierre, au milieu de ce dépôt d'immondices, semblerait indiquer qu'elles

étaient encore d*un usage journalier à Lutôce au commencement de notre 6re.

Fig.5.

Nous trouvons une petite lampe monolychne en terre cuite avec anse et disque très gracieusement moulurés.

L'anse qui est à jour, permettait de la transporter d*un point à un autre et même de la s*uspendre au besoin.

Le réservoir d'huile est d'une bien faible capacité, ce qui devait obliger à renouveler fréquemment la matière combus-

^.Soo^ouic • dn.\ .

Fig. 6.

tible. La lumière produite devait être peu intense et répandre une odeur fort nuisible à la poitrine. On sait que les anciens considéraient la fumée d*une lampe éteinte comme très pernicieuse et capable de provoquer le mal caduc ;

aussi, la laissaient-ils s'éteindre d'elle-même, peut-être dans un endroit écarté de la chambre où ils reposaient la nuit.

bu

Au centre du disque on remarque une ouverture circulaire,

puis une chèvre en relief décorant notre petitmonument(fîg.8) Disons à propos de ce ruminant que les animaux étaient aussi bien employés dans la décoration des vases en terre cuite que dans celles des lampes communes et qu*ils étaient aussi le plus souvent une marque de fabrique ; d*autres représentaient le nom d'une personne. Ainsi, sur les monnaies antiques, les animaux rappellent fréquemment une famille, un nom Fig. 8. célèbre. Les revers

des monnaies sont tellement variés qu'il faut renoncer à faire la liste des types qui les décorent. Enfin, ils sont en quelque sorte des armes parlantes. Nous citerons seulement pour exemple quelques symboles qui font allusion aux noms des peuples ou des villes et de quelques familles connues : une feuille de persil à Selînonte; le cœur k Cardia de Thrace; la clé à Cltdes ; la chêvie à ^gos Potamos ; le cheval à Arpt d'Apulte ; la rose à Rhodes ; la louve allaitant Romulus et Remus à la ville de Rome (ce type est fort commun) ; le lion aux Léontins de Sicile. Sur les deniers de Vibius Pansa

figure la tête de Pan ; sur ceux de Voconius Vùulus figure un veau ; un phoque sur les monnaies des Phocéens d'Ionie et de la Narbonnaise; un épi d'orge sur celles des Crithotes; un renard sur celles d'Alopéconésus; une pomme sur les monnaies de tMélos, etc. ; sur les monnaies de la famille Julia nous voyons la tête de Vénus ; sur celles de la famille ïMarcia celle d'Ancus, Publicius Malleolus gravait un petit marteau ; enfin ne voit-on pas les Bairachus et les Saurus faisant sculpter sur leur demeure, le premier, dts grenouilles , le second, des lézards.

Au moment où nous trouvâmes cette lampe, elle paraissait encore noircie par la fumée. Ce fait n*est pas très rare et nous pouvons assurer que, dans nos recherches au quartier Saint-Marcel, à Paris, boulevard Arago, 7 et 9, nous recueillîmes une lampe monolychne, en bronze, qui contenait encore une pâte noire, sorte de dépôt produit par le noir de fumée, résultant de la combustion de la mèche dont quelques fils, conservés très probablement par Toxide de cuivre, étaient encore visibles et sortaient légèrement du bec de la lampe.

On sait que les Grecs et les Romains se servaient de mèches en fil de lin, de chanvre ou d'une plante ligneuse nommée Verbascus, qui n'est autre que le Bouillon blanc, plante bisanuelle très connue, de l'espèce des Molènes et de la famille des Solanès ; cette plante vigoureuse croît dans toute l'Europe. Mais revenons à notre lampe et disons que, faite de simple argile, nous la croyons de fabrication Lutécienne. On sait que le sol du quartier du Panthéon renfermait et renferme encore, sur certains points, de la terre propre à la fabrication de la poterie commune.

f ig. 9.

Fig. 10.

En compagnie de la lampe se rencontrent de grands fragments de calice de toutes les grandeurs, en terre sigillée. Une des plus grandes mesure o'",i4 de diamètre sur o", 08 de hauteur, avec le sigillum au centre de la coupe.

Au fond d'un fragment de catinum en même terre, on trouve Tempreinte très pure du relief.

Au milieu de ces débris, nous avons eu

le plaisir de recueillir le fragment d'un type, sinon unique

comme forme, du moins très rare et qui ne figure pas dans nos collections publiques. L'épaisseur de la terre rouge qui le compose ne mesure qu'un millimétré. Notre petit monument offre la forme de nos verres à boire, c'est à dire de nos gobelets communs, dont les bords, absolument parallèles, s'élèvent perpendiculairement (figure 11).

On sait que la céramique antique et tout au moins la céramique gallo-romaine, se distingue par ses lignes courbes , concentriques , ses étranglements de goulots , ses évasements gracieux dans les coupes à boire, ses plats creux ou plats ; enfin, dans tous les objets en terre cuite servant aux usages domestiques. La forme ovale seule ne se rencontre pas.

Nous rencontrons encore de nombreux fragments de guitus ou doxyhaphus en terre rouge brique et jaune, sans

Fig. 1 I .

couverte ni vernis ; quelques-uns sont en verre et se trouvent amoncelés aupris d'anciennes fondations galloromaines.

L'extrémité manuelle d'un instrument de bronze dont

nous ne pouvons déterminer l'emploi est recueillie au milieu de tous ces débris de l'industrie Lutécienne ; ce bronze est orné d'un décor similaire à celui de la trousse de médecin du 111° siècle, dont une notice a été publiée dans les mémoires de la Société Dunkerquoise en 1883 (figure 12).

Fig. lî-

Sous le poids des terres et des poteries brisées, nous

ramassons précieusement les restes d'un grand vase de

bronze, sorte de Cartina, qui se brise sous nos doigts ; le

métal conserve à peine l'épaisseur du papier à dessin ; ce

récipient de bronze, profond et de forme circulaire, était diversement employé: à faire bouillir la viande, à cuire des légumes, en un mot à tous les usages auxquels son caractère et sa forme le rendaient propre ; sa hauteur était de o"20 à 0,25 et le diamètre de son ouverture de o"34. Quelques fragments du bord sont seuls assez bien conservés (fig. 13) ; une des deux anses de bronze se retrouve dans les fragments ; elle doit sa bonne conservation à Tépaisseur du métal (fig. 14).

Fig. 14.

Il y a une grande analogie entre ce vase de bronze et celui qui contenait Tensemble de la trousse de médecin. La forme de ces deux vases paraît assez indiquer qu'elle est spéciale à la chaudronnerie Lutécienne, et ce qui semble venir confirmer notre opinion, c'est que les vases antiques trouvés dans une autre région et qui figurent dans nos collections publiques, diffèrent sensiblement dans leurs proportions avec les deux vases trouvés par nous.

Nous devons mentionner aussi deux petites pendeloques en bronze. La première, d'une exécution barbare, accuse à peine les traits du visage de femme qu'elle a la prétention de représenter : les épaules sont couvertes d'une étoffe plissée,

sorte d'amidus ; le trou de suspension est percé de profil dans un prolongement du métal qui fait corps avec le sommet de la tête (figure 15). La deuxième pendeloque représente une tête de femme d'une exécution moins naïve que celle de la précédente ; le trou de suspension ou belière se présente de face, faisant corps avec la tête ; la poitrines et les épaules sont couvertes d'une étoffe plissée ; un fort fil de laiton, gravé au burin et qui affecte la forme d'un cordage, maintient et su$pend le petit bronze (figure 16).

Fig. 15.

Nous rencontrons plusieurs poids (pondus) en pierre et variant de i à 3 kil. Tous possèdent à leur partie supérieure un trou de suspension. Ces poids étaient employés, il y a lieu de le croire, dans la position verticale, à l'extrémité de la chaîne (stamen) d'un métier ; plusieurs de ceux qui ont été recueillis sur ce point étaient hors de service, ainsi que l'indiquait la rupture du trou de suspension (figures 17 et 18).

Tout, en un mot, vient affirmer que nous sommes en présence des épaves jetées là par les habitants de Lutèce, il y a dix-huit siècles.

Fig. I7.

Une petite pierre à aiguiser les instruments tranchants se rencontre avec plusieurs silex de forme cylindrique. Ces derniers, par les nombreux éclats qu'ils portent à leur surface, semblent indiquer qu'ils servaient certainement de marteau ou de percuteur.

La petite pierre est d'un grain très doux et convient fort bien à aiguiser le tranchant d'un instrument de fer, ou à enlever le morfil qui résulte du repassage sur la meule.

Un pied de Caltx, très bas, de o,"io de diamètre, orné de plusieurs moulures concentriques, porte au centre de la coupe le sigillum suivant. Enfin un grand fragment en terre

Fig. 18.

Fig. 20.

Fig. 19.

rouge, reste d'un catinum de o,"*i9 de diamètre et à bord droit, élevé de o,'"02 de hauteur, se rencontre près du Calix.

La marque de l'ofBcine est brisée en deux parties ; il est impossible de reconstituer les lettres formant le nom (figure 20.)

Nous découvrons, en bordure de la rue Le GofF, sous un massif de béton de o,°70 d'épaisseur, deux petites poteries de forme gracieuse : la première est en terre grise, sorte de grès d'un type semblable à celui que nous recueillîmes aux environs des bâtiments de Port-Royal, à Paris (figure 21.)

La deuxième poterie est en terre rouge brique, à base sphérique, surmontée d*un col élégamment évasé, bien qu*appartenant aux deux ou trois premiers siècles de notre ère; elle rappelle le type de la poterie chrétienne étudiée et mise à jour par nous dans les champs de sépulture situés rue de TArbalète, Avenue des Gobelins , Boulevard de Port - Royal, Fig. 31. Boulevard Arago, etc. Cela nous

apprend qu'aux IV* et V* siècles les potiers conservaient encore dans Texècution de leur œuvre le caractère de la céramique païenne. Notre petit monument mesure o,"i3 de diamètre sur o,'"i4 de hauteur (figure 22).

Nous recueillons encore un fond de vase qui porte comme sigillum une sorte de petite fleur ou de rosace à huit pétales, alternées de huit ètamines de même longueur.

Une deuxième pierre douce, de forme effilée, très bonne et très propre au repassage d'instruments en métal, se ren- Fig. 3 3 . contre auprès d'un moule

(forma) en terre blanche fine, très cuite, présentant une tête d'oiseau (figure 23) ; c'est en pressant l'argile humide dans le creux qu'on obtenait l'empreinte, qui était cuite ensuite le plus souvent dans son moule. Pour être exact,

di^ns que le moule complet se composait de deux moitiés semblables qui, réunies^ formaient un vide destiné à recevoir

Fig. 23

la coulée de métal, le plus souvent du plomb ou de la terre grasse et plastique propre à la fabrication de la poterie.

Dans Tantiquité, les moules étaient aussi en pierre suf6samment dure pour résister à la chaleur de la fonte du bronze. On les faisait encore en bois. Les moules de fromage à la crème étaient en buis ; ce dernier était désigné par lé diminutif dt formula. Quelques-uns de nos bons rois du moyen-âge poussaient fort loin Tart d'altérer les monnaies, d'en fabriquer de fausses que les caisses royales s'empressaient de refuser en paiement aux malheureux contribuables ; mais ces faussaires couronnés avaient eu des devanciers à l'époque chrétienne, ainsi qu'il nous a été possible de le constater nous mêmes, il y a quelques années, rue Tournefort, à Paris, où nous rencontrâmes des moules en argile prise dans le quartier ou dans les environs et dans lesquels on coulait le portrait, fort exact du reste, du jeune empereur Gordien III. Ces moules, en terre cuite, d'une contexture moins fine que celle du moule à tête

d'oiseau, d'une fort belle empreinte, accompagnaient des

fragments de pièces gauloises en argent très pur, du plomb

et de petits lingots de cuivre. Ce dernier métal servait à

couler le corps de la p.iice, et l'argent gaulois à le saucer, |

de façon à lui donner l'apparance d'une monnaie d'argent.

Aux XIV', XV', XVI' et XVII' siècles, les images ou i

enseignes religieuses (figures A. B. C), telles que croix, '

Fig. A. Fig. B.

médailles (figure D), pendeloques (figure E), bagues, boucles d'oreilles, nombre de phallus (figures F. G.) et autres bijoux obcènes étaient coulés en plomb, au moyen de moules creusés dans des blocs d'ardoise ou dans des pierres de Munich (Spechstein), celles-là mêmes qu'on emploie pour la lithographie. Ce mode de reproduction rapide et économique était très propre à satisfaire à une consommation populaire; aussi toutes les enseignes religieuses médailles ou méreaux, sachets ou ampoules (figures J. K.), souvent aux armes des rois de France, servant à contenir l'offrande, l'eau bénite, une médaille bénite, étaient-elles coulées en plomb, Les encriers étaient fabriqués de même

façon que l'image de saints (figure L.) (*> et des parties sexuelles des deux sexes. La vierge cousue sur le bonnet de Louis XI était une enseigne, nom générique qu*on appliquait à tous objets de métal qui s'attachaient à la Berette aux XIII% XIV% XV« et XVP siècles.

On voit que nos pères savaient allier le sacré au profane et qu'ils ne le cédaient en rien aux pornographes de l'antiquité.

(I) La figure A représente St-Fiacre et St-Faron ; la fîg. B, la Vierge Marie entre deux cierges et dans un cœur richement décoré ; (fig. C) saint à tête nimbée et couronnée ; (fig. D) médaille à l'image de la Vierge ; (fi^. E) image de Sainte Geneviève, patronne de Paris ; (fig. F), Phallus ailés dans un grènetis, au revers, croix pattée cantonnée de quatre annelets ; (fig. G) Phallus surmonté d'une aile, dans un grènetis, revers : croix pattée cantonnée de quatre annelets ; (fig. H) le lecteur devine la figure représentée à l'avers. Revers semblable aux précédents ; (fig. I) Fibule décorée d'une tête de femme aux cheveux longs, mais coupés carrément sur le haut du front. Au revers, on voit encore l'aiguille qui servait à la fixer ; (fig. J) ampoule à deux anses, portant en lettres gothiques STE - MARIE - DE - BOULOIGNE ; (fig. K) autre type: à l'avers nous lisons ^ NOSTRE : DAME : DE: ; puis au revers la suite de la légende: - BOLOIGNE : SEUR : MER -. (Fig. L) Ce plomb fort bien décoré est surmonté d'une belière pour suspendre l'image. Dans le champ nous voyons St-Maur, tête nimbée, la main droite s'appuyant sur une bêche ; à ses pieds un personnage semble l'implorer, peut-être le nommé Linnus auquel il rendit la vue, dans l'église de Saint-Maurice, près Vincennes. La figure du saint est entourée de la légende suivante : >î< S ® MOR @ DES ® FOSSES (§) S @ MOR ; Saint-Maur des fossés Saint-Maur.

Ce petit plomb doit appartenir à la fin du XIV* siècle ou au commencement du XV*.

Tous ces plombs ont été recueillis dans le sol du vieux Paris ou dans la Seine.

(Les figures proviennent de la collection de Madame Veuve Forgeais)'

Fig. D. Hg. E.

Au milieu de ruines d'habitations romaines, nous trouvons plusieurs marques d'atelier; la première est imprimée au fond d'une petite coupe rouge (calix) et nous lisons très distinctement le nom de APRONIV, placé dans un cercle imprimé en creux dans la terre. La seconde marque est remarquable en ce sens qu'elle se répète quatre fois au fond d'une grande coupe rouge ; le sigillum ATIT est très lisible ; FICV .

la disposition de ces empreintes se rencontre très rarement ;

nous pouvons dire qu'elle est sans précédent dans nos

découvertes parisiennes (figure 24.) Un troisième fragment

de même grandeur offre un sigillum tronqué dont nous ne

déchiffrons que les deux premières lettres M. M. Le fond

intérieur porte deux lignes gravées en creux, disposées en

croix et tracées à la pointe sèche. Ce genre de gravure de

l'espèce de celles qui sont appelées ^ra^h* semble, ainsi que

nous l'avons déjà dit dans notre dernier article, vouloir

indiquer le possesseur de la poterie ; un quatrième sigillum

fort bien imprimé au fond d'un calice EoPAC (figure 25) se

ATVS

Fig. 25.

rencontre en compagnie d'un fragment de coupe portant la marque AINNI.

Puis, dans un dépôt de poussier de charbon de bois mêlé de sable, nous recueillons vingt-et-une monnaies gauloises, malheureusement en fort mauvais état de conservation ; cinq sont semblables à la monnaie gauloise publiée dans la première partie de notre étude; en voici les plus remarquables :

Type : Tête imberbe, regardant à droite» ];>eut-être Apollon. Légende : Incomplète.

R. — Cheval au trot se dirigeant à droite, monté par un cavalier brandissant une lance de la main droite ou lançant le javelot. Sur d*autres monnaies à la même effigie figure une étoile à cinq pointes au-dessus de la queue du cheval.

Métal : Bronze coulé (ce type qui se rencontre le plus souvent dans nos fouilles nous fait supposer qu'il appartient probablement à Lutêce ou à ses environs.

Autre type : Tête de profil d'homme imberbe regardant à droite, nous lisons devant le visage le nom connu de PIXTILOS, le tout dans un grènetis.

R. — Cavalier au galop. Sous le cheval, symbole ressemblant à un S couché, assez fréquent sur les monnaies gauloises.

(Métal: Electrum, le bronze figure en quantité notable dans le mélange.

On suppose que Pixtilos fut un chef Carnute qui vivait 30 ou 40 ans avant Jésus-Christ.

Fragment d'une Pièce en Argent

Type : Fruste.

R. — Sanglier marchant à droite. Quelques monnaies d'Etrurie portent le sanglier courant ; on voit aussi figurer le sanglier sur des monnaies de la Franche-Comté (Sequani) quelques pièces Carnutes le portent aussi.

Autre type : Tête fruste dans un grènetis.

R. — Chèvre courant à droite ; petits décors circulaires frustes autour de l'animal.

Métal : Bronze.

Type: Cheval au trot se dirigeant à droite ; au-dessus de ranimai nous lisons la légende ATRA. La lettre A qui figure au commencement du mot était précédée d*une lettre aujourd'hui fruste, puis entre les jambes du cheval nous lisons le mot NOV ou NOL ; le relief du cheval est en fort bel état de conservation.

R. — Taureau courant tête baissée ; bronze plus grand que les précédents.

Type : Fruste.

R. — Cheval courant à gauche ; au dessus de la croupe figure une roue à 6 rayons.

Métal : Bronze.

Non loin de ces monnaies, nous rencontrons un silex noir taillé, arrondi et poli, que nous croyons être une amulette et qui devait se porter suspendue, ainsi que nous le fait supposer le trou de suspension qui se remarque vers le sommet du monument, lequel appartient à Tépoque de la pierre polie. Il est regrettable qu*il soit brisé en deux parties (figure 26).

Fig. 36.

Ce n*est pas sans quelques précautions que Ton montre des figures pornographiques, qu'elles soient antiques ou modernes ; mais, notre publication ne s'adressant qu'aux hommes d'un âge mûr, nous croyons ne pas devoir passer sous silence la publication de deux décors de vase en terre

sigillée, qui offre à la fois Timage d'un combat de gladiateurs et deux personnages qui semblent se serrer de fort près (figures 27 et 28). Si nous devions rejeter loin de nous

Fig. 37.

ces preuves des aberrations de Tart gaulois ou gallo-romain, il nous faudrait renoncer à l'histoire des mœurs et des arts de ces époques qui font constamment l'objet de nos études. Les deux gladiateurs figurant dans la décoration de ce vase

antique appartiennent plus particulièrement aux gladiateurs appelés Samnites ou Hoplomaques^ ainsi que semble Tindi-r quer le cimier (cristas) et le casque à visière que coiffaient ces terribles lutteurs. Suivant Varron, des plumes ou des panaches distinguaient les Samnites on Hoplomaques ; c'est

r- aspourquoi les autres gladiateurs opposés à ceux-ci étaient appelés ravisseurs de plumes.

Ainsi qu'on le voit par le relief que reproduit notre terre cuite, les combattants sont armés de boucliers (scutum), arme très usitée chez les Romains. Ces combattants n'offrent aucune analogie avec les autres classes de gladiateurs qui étaient : les provocateurs^ les sécuieurs, les andabates, les mirmillons^ les tkraces, les réttaires, les dimachèreSt les essédaires, les méridieus, les catervaires, les bestiaires^ et les fiscaux.

Les provocateurs^ adversaires des Samnites, étaient armés à la légère afin de poursuivre et harceler plus facilement leur adversaire, et de l'attaquer lorsqu'il était fatigué. Les sécuteurs prenaient la place d'un champion mis hors de combat, raison pour laquelle on les appelait aussi éphèdres ou tertiaires. On donnait quelquefois le nom de sécuteur ou mirmillon à celui qui combattait le rétiaire en lui faisant la poursuite quand il avait jeté son filet. Les armes du sécuteur étaient une épée et une massue plombée. L.t^ Andabates ne combattaient qu'à cheval ; quelquefois dans un char, la nuit tombée, les yeux bandés, ou avec un casque fermé. Leur combat était une sorte de lutte comique livrée au hasard. Les mirtnillons étaient armés d'une épée courte (sica) et d'un grand bouclier. Leur casque était surmonté d'un poisson ; ils combattaient les rétiaites ou les thraces. On les appelait aussi Gaulois. Les Thraces se nommaient ainsi parce qu'ils avaient les mêmes armes offensives et défensives que les guerriers thraces. La main droite était armée d'une sorte de coutelas ou couteau à lame recourbée et pointue ; on le tenait renversé et de façon à présenter la pointe en portant le coup qui était dirigé vers le bas ventre, de manière à étendre la blessure en remontant vers l'estomac ; en un mot, à couper et arracher les intestins du blessé. C'est

ainsi précisément que les Italiens et les Espagnols modernes se servent encore fort habilement du couteau. La main gauche de ces gladiateurs était armée du petit bouclier thrace, comme le montre la figure d'un gladiateur d*après une lampe en terre cuite. Les rétiaires tenaient leur nom du filet (rete) dont ils étaient armés. Ils portaient en outre une lourde fourche à trois dents (tridens). Leur art consistait à bien lancer le filet et à envelopper la tète de leur adversaire qui, généralement, était un sécuteur. Ils n'avaient pas d'armes défensives ; aussi lorsqu'ils manquaient leur coup, ils prenaient la fuite et tentaient de nouveau de le lancer encore sur leur adversaire qui, on le pense bien, les serrait de près.' Les dimachères combattaient, à ce qu'on suppose, rhacun avec deux épées ; mais ce n'est là qu'une supposition ou plutôt une induction tirée de leur nom même. Les essédaires étaient montés sur un char de guerre (essedum) d'où ils combattaient. Souvent, captifs gaulois, bretons ou belges, on les forçait de combattre à la mode de leur pays, mais du haut d'un essedum, comme gladiateurs dans l'arène. Les méridieus étaient nus, sans armure défensive autre qu'un bouclier rond et un casque. Ils combattaient entre eux et à l'épée, au milieu du jour, lorsque les combats de la matinée étaient terminés; enfin ils étaient une sorte d'intermède après les combats de gladiateurs contre les bêtes féroces. Les Catervaires combattaient par troupes, en compagnie, et non par couples séparés comme c'était ordinairement l'usage. Les bestiaires se battaient contre les animaux féroces dans les spectacles donnés au peuple. Ils étaient regardés comme une classe inférieure parmi les autres combattants, mais on leur accordait généralement la réputation d'être très adroits et très courageux ; à leur origine, avec leur épée ils étaient encore couverts d'une armure défensive, du casque et d'un bouclier. Dans la suite, ils devinrent plus distincts des

autres gladiateurs et par leur manière de combattre et par leur costume. Ils n'eurent plus pour armes offensives qu'une lance ou une épée tenue de la main droite ; la main gauche agitait une pièce d'étoffe peinte, ainsi que les toréadors espagnols, afin d'occuper ou attirer la bête contre laquelle ils avaient à lutter. Les Jtscaux combattaient dans les jeux publics donnés par les empereurs. Le peuple les acclamait et les demandait souvent dans l'arène. Pendant les quelques

Jours qui précédaient les combats on annonçait au peuple combien de paires de gladiateurs et quelles sortes devaient combattre dans l'arène ; on nommait aussi le nom de chacun d'eux et quels signes devaient les distinguer dans l'amphithéâtre.

On sait que l'invention des combats de gladiateurs est attribuée aux Toscans et que ces peuples poussaient la passion de ces cruels divertissements jusqu'à faire combattre des gladiateurs sous leurs yeux, pendant leurs festins. Cette coutume ne tarda pas à passer chez les Romains où elle fut poussée à l'excès, à tel point que bien souvent dans les funérailles solennelles célébrées pendant le jour, le public était invité par proclamation à assister aux combats de gladiateurs qu'on donnait en cette circonstance en l'honneur du personnage célèbre que l'on inhumait. L'empereur Constantin essaya, mais vainement, de supprimer ces combats dans les fêtes publiques ; ce ne fut que sous le règne d'Honorius que cette coutume farouche de voir égorger son semblable cessa complètement.

Le 15 Février 1891, en bordure de la rue Malebranche, nous trouvâmes un petit instrument en bronze, fort curieux de forme et qui intéressera certainement les savants qui ont étudié notre trousse de médecins du III* siècle. Il mesure cent quinze millimètres de longueur totale. La tige, formant extrémité manuelle, mesure cinquante-cinq millimètres de

longueur et se termine par une sorte de petite cuvette (auriscalpium)^^^ de six millimètres, a été faussée et a dévié de sa direction normale (figure 29). Le côté opposé était formé de deux presselles ; il n'en reste qu'une possédant

encore le coulant qui les reliait toutes deux et qui permettait de les abandonner à ellesmêmes, afin de leur donner plus d'écartement ou de les serrer de façon à ce qu'elles pussent se toucher, c'est-à-dire se réunir vers le mors à bords mousses, et de pincer ou saisir l'objet sur lequel le médecin fixait son attention.

Les extrémités formant pince mesurent quatre millimètres de largeur ; elles sont courbes, réunies par le coulant ; elles forment, vues de face, un petit cercle de quatre à cinq millimètre de diamètre.

Ainsi que tous les instruments découverts par nous au mons glandiolus, près de Saint- Marcel (XIII* arrondiâsemet de Paris), notre petit monument est d'une seule pièce taillée dans le bronze. L'opérateur pouvait saisir, avec la pince, des corps étrangers introduits dans les oreilles, le nez ou les chairs, les extirper, puis, avec l'auriscalpium agissant comme levier, il pouvait nettoyer et déblayer. L'extrémité manuelle est décorée de fines moulures et de facettes artistement taillées au point d'où partent les deux presselles.

L'usure que présentent, par suite du glisse- 'ctoJvv^'*^ ment, les angles intérieurs du coulant sem- Fig. 39. ^^^ nous indiquer son long usage entre les

(1) L'auriscalpium était une sonde de chirurgien pour l'oreille (Scribon. compos. 230).

mains du praticien. Le coulant mesure sur chaque , face, un développement de cinq millimétrés ; enfin, la rupture d'une des presselles explique pourquoi il était venu échouer au milieu des ordures ménagères.

Notre bronze vient d*étre reconstruit sur nos indications par MM. Charrière et Colin, de Paris, et figure aujourd'hui dans la magnifique collection du savant et sympathique docteur DenefF de la faculté de Gand. Suivant notre savant correspondant, qui possède la collection la plus complète d'instruments antiques servant à la médecine opératoire, notre petit monument est unique et ne figurait pas encore au milieu des richesses archéologiques du savant professeur.

Le voisinage de notre bronze avec les antiquités recueillies, au fond de la fouille, le four à potier et une monnaie romaine à l'effigie de Marc-Aurèle, nous permettent de penser qu'il appartient au commencement de notre ère ou à l'époque où le célèbre Galien exerçait son art auprès de l'empereur qui avait en lui une aveugle confiance.

Poursuivant nos recherches sur le même point, nous reconnûmes, le 19 Février, trois fours à potier, de forme circulaire, mesurant 1*25 de diamètre; ils étaient en moellons non taillés à l'extérieur, sans ciment ni mortier. Dans les terres extraites aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur des constructions, nous rencontrâmes une grande quantité de tessons en terre rouge-brique, de nombreux goulots de guUus, d'Œnochoé, des parties inférieures d'amphores de toutes grandeurs mêlées à de petits tuileaux semblables à ceux qui ont été recueillis en 1889 et qui servaient très probablement a caler ou mettre d'aplomb les pièces de céramiques à soumettre au feu. Au milieu de tous ces déchets d'atelier nous recueillîmes une pièce, grand bronze à Teffigie de Marc-Aurèle, rougie par le feu, puis une sorte de boule

— astres légère composée d'une agglomération d'une teinte bleu^ âtre et insoluble dans les acides, mais dont la coloration bleue s'accentue davantage à leur contact. Puis nous trouvons encore un composé de sable et de cuivre, d'une vitrification incertaine, qui donne un vert douteux. Sommes-nous en présence de l'atelier d'un céramiste ou d'un chiniiste à la recherche de la couverte verte, qui apparaît dans la céramique Lutécienne des IV* et V® siècles, et que nous trouvons dans les champs de sépultures chrétiennes? Cela pourrai^ être.

Nous constatons que le niveau de l'ancien sol galloromain est à 2"oo, 2"40 et 2°'6o au-dessous de la rue Le Goff, non loin de la rue Malebranche.

A l'angle formé par ces deux rues nous rencontrons quelques fragments de constructions romaines. Le mortier dont on s'est servi, s'étant moulé dans les pores de la pierre, a donné une forte solidité à la construction, dont il ne restait que quelques fragments épars au fond de la fouille; déjà, à différentes époques il nous avait été possible de constater la solidité du travail de ces infatigables constructeurs, notamment lors de nos recherches personnelles sur le point où s'élèvent aujourd'hui les nouveaux bâtiments du collège Sainte-Barbe à Paris ; en bordure de la rue de Reims nous rencontrâmes un blocage de menues pierres mêlées avec du gravier et de la chaux qui formaient un massif pour ainsi dire inattaquable aux coins enfoncés péniblement dans le béton dur comme du grès.

Mais revenons à nos recherches de la rue Le Goff et disons que de petites parties de murailles portaient à leur surface un enduit, admirable de conservation, d'une épaisseur de vingt à vingt-quatre millimètres, composé de sable fin et de chaux ; la peinture décorative étendue sur l'enduit était

d'un beau rouge (*), des panneaux carrés, peints d'un vert sombre, de o"09 de largeur, étaient bordés, à deux millimètres de distance, d'un filet blanc de six millimètres; au centre de la bande verte un filet noir se remarquait encore ; sous des éclats de blanc et de vert, on trouve la première couche rouge qui avait été tout d'abord étendue sur l'ensemble des murs du logement. Les ruines de cette construction et les peintures découvertes sous les détritus des deux ou trois premiers siècles de notre ère nous font supposer, avec quelque apparence de certitude, que cette habitation remontait au commencement de l'occupation romaine ou tout au moins au commencement du premier siècle. Ce point de l'ancienne Lutèce a donc été tour à tour une fabrique de poteries gauloises, un champ de sépultures à incinération, une fabrique de briques et de poteries gallo-romaines, puis, occupé aussi par des habitations à diverses époques, et, en dernier lieu, par un dépôt d'immondices formé par les détritus que jetaient là les habitants de ce quartier.

Le dernier jour de nos recherches nous trouvâmes aussi un grand poids en pierre dure, avec trou de suspension à son sommet. Les traces de feu qu'il porte à sa base nous font supposer qu'il était employé dans l'atelier d'un céramiste gallo-romain. Nous recueillîmes encore un clou de bronze de quinze centimètres de longueur et une lampe assez semblable, comme terre, à celle qui a déjà été publiée. Celle-ci est sans anse. Au milieu du disque mouluré combattent deux gladiateurs armés du glaive large et court et du scutum.

Notre dernière trouvaille est un fragment de poterie rouge, dont le relief représente une femme ailée (figure 30). Elle est couverte d'une tunique courte, flottante, cell'es que

(i) Nous conservons dans notre collection un échantillon de cette peinture

portaient les femmes grecques ; malheureusement, les formes sont arrondies et ne permettent pas de juger de la perfection du moule qui a produit ce relief. Les grands

Fig. 30.

génies ailés se rencontrent moins souvent dans la décoration de ce genre de céramique ; les scènes de combats de gladiateurs, de pugilateurs, les chasses, les fleurs et autres ornements étaient, ainsi que nous l'avons déjà dit, le plus communément employés.

Disons, pour finir, que tout le périmètre de la fouille est occupé aujourd'hui par les maisons qui portent les numéros

16 de la rue Royer-Collard ; 9 bis et 11 de la rue Gay Lussac ; 3, 5i 7 et 9, rue Le Goff, et, enfin, aux numéros

17 et 19, rue Malebranche.

Ici se terminent nos investigations.

Vers la rue Malebranche se trouvait la dernière limite de cette voirie romaine, témoin, dans notre vieille Lutèce, de ces âges antiques qu'elle nous a permis de reconstituer dans

leurs coutumes et dans leurs différentes manifestations tant industrielles qu'artistiques etdont il ne reste plus aujourd'hui que la simple description d'un explorateur soucieux d'apporter de nouveaux documents à l'histoire de sa ville natale, (i)

(i)M. le Docteur Deneff, dont le monde savant connaît les travaux intéressants sur les intruments antiques de la médecine opératoire, nous écrivait la lettre suivante au sujet du petit monument de bronze figure 29. page 31.

« Cher Monsieur Toulouze. — Grâce à l'obligeance dont » vous m'avez donné tant de preuves, Monsieur Collin a pu » me fournir la pince qu'une fouille heureuse avait mise » entre vos mains. Avec son habileté habituelle, le célèbre » fabricant d'instruments de chirurgie a merveilleusement » reproduit l'original, et j'ai pu l'étudier, le manier comme » l'a fait mon confrère d'il y a dix-huit cents ans.

» Après avoir fait toute une série d'expériences sur le » cadavre, je suis convaincu comme vous Tavez été dès le » premier moment, que nous avons à faire à un instrument » chirurgical, destiné à extraire de Toreille les corps étran- » gers.

» Les jeunes enfants ont tous la manie de s'introduire » dans le nez, dans les oreilles, les petits objets qui servent » à leurs jeux. Rien de plus commun que d'être appelé dans » une famille pour extraire d'une oreille ou d'un nez, une » perle, un pois, qu'un enfant s'est introduit ou s'est laissé » introduire dans les cavités béantes. L'extraction n'est » pas toujours aisée, le corps étranger n'est plus visible au » fond du conduit auditif, car le plus souvent les manoeu- » vres maladroites de l'enfant ou d'une personne de son » entourage l'ont refoulé profondément, contre la membra- » ne du tympan.

» Dans ces circonstances délicates, notre antique confrère » était admirablement outillé par la pince dont nous nous » entretenons. Je trouve un très grand nombre de pinces » dans la collection de la chirurgie antique qui appartient à » l'Université de Gand, mais la vôtre est unique en son » genre. Il est fort rare de rencontrer une pince présentant, » à l'extrémité opposée à ses mors, un second instrument, » c'est le cas de la vôtre. Pince d'un côté, cuvette auriculai- » re de l'autre.

» Le Musée Germano-Romain de Mayence possède deux » pinces se terminant à l'autre extrémité par une olive.

» Il possède une pince dont l'extrémité opposée se termi- » ne en pointe fixe. Le Musée de Saint-Germain possède » une pince provenant de Benassac (Lozère), se terminant » en pointe de l'autre côté, comme celle de Mayence.

» Enfin, vous trouverez, dans votre célèbre trousse de

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