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En monnaie de l'époque 5.650 livres

80.000 francs à La Rochelle ou à Lille, dans la rue Royale, et 210.000 francs à Lyon, clans la grande rue Mercière. Mais ce sont là des immeubles exceptionnels. A Limoges, l'habitation d'un médecin ne se paie que 11.600 francs, et celle d'un imprimeur que 500 francs.

Le loyer moyen, en province, avait été de 550 francs au xvii^ siècle; il fut de 650 francs au xvni''. Les maisons de Bordeaux, en 1676, se louaient, suivant les quartiers, de 290 francs à 1.800 francs. Le duc de Créqui, gouverneur du Dauphiné, payait son hôtel, à Grenoble, 2.330 francs; le comte de Tressan, gouverneur de Boulogne-sur-Mer, ne payait le sien que 900 francs ; c'est à peu près ce que coûte à la ville de Châteaudun la location de l'immeuble qui lui sert de collège.

Tandis que la moyenne des loyers de province ne dépasse pas 580 francs au moment de la Révolution, les loyers moyens de Lyon, d'après les prix tirés des différents quartiers de la ville, ressortent, sous Louis XVI, à 2.600 francs environ. Des loyers particulièrement élevés étaient ceux de Versailles : sous Louis XV, en 1751, une maison de la rue de la Pompe rapportait 3. 110 francs; une autre sur la place d'Armes, 4.900 francs; une troisième, rue du Vieux-Versailles, 11.200 francs. C'étaient, d'ailleurs, de vastes demeures, puisqu'un hôtel de deux étages, dans l'avenue de Saint-Cloud, vis-à-vis la rue Duplessis, affermé 5.2U0 francs, comprenait des écuries pour 40 chevaux.

A Rouen, les loyers allaient de 180 à 700 francs; près Saint-Maclou, un hôtel avec jardin planté d'espaliers, escalier à rampe de fer, écurie pour quatre chevaux, rapportait 735 francs en 1763.

Bien que les logements fussent assez petits encore.

dans la plupart des villes, pour que la majorité des habitants pût jouir de la totalité d'une maison, la foule des commerçants besogneux, des artisans brevetés à qui leur illusoire privilège ne procurait pas de quoi vivre, devaient se contenter d'une tranche de maison, d'une boutique où ils exerçaient leur industrie, et au-dessus de laquelle était le galetas — le tristet, disait-on dans le Midi — qui leur servait de chambre à coucher. A Tulle, la boutique d'un libraire se loue 80 francs, celle d'un maréchal, 40 francs, celle d'un chapelier, 22 francs. L'atelier d'un charpentier, à Bordeaux, coûtait annuellement 140 francs, celui d'un serrurier 110 francs. Une petite chambre d'étudiant avec cuisine s'obtenait, à Rouen, pour 25 à 30 francs. On acquérait souvent, la [propriété de ces chambres; les ventes de partie d'un immeuble n'étaient pas rares au xviu^ siècle.

A la campagne, la moyenne des habitations rurales dont nous possédons les prix, s'élève, en capital, à 740 francs de 1201 à 1300, à 440 francs de 1301 à 1500 et à 700 francs de 1501 à 1600. Ces chiffres, en tenant compte des variations du taux de l'intérêt durant ces quatre siècles correspondent à des loyers de 60, 40 et 36 francs. Moins que les bâtiments urbains, ces chaumières profitèrent de la hausse du xvi'' siècle. Leur loyer varie, au xiii® siècle, de 28 francs dans l'Eure et dans la banlieue de Laon, à 112 francs dans Seine-et- Oise. Aux XIV® et xv^ siècles, il oscille de un franc, taux du bail d'une maison, d'école à Port-sur-Saône, en Franche-Comté (1365), de 4 francs en Périgord, jusqu'à 35 et 50 francs; les plus hauts chiffres ne passent pas 90 francs.

Au XVI® siècle, bien qu'on trouve de petites maisons avec jardins pour 7, \i ou 14 francs par an dans l'Eure-et-Loir, la Sartho ou le Gard, le paysan des

environs de Paris ne peut guère consacrer moins d'une soixantaine de francs à son loyer.

La valeur vénale de ces maisons des villages et des bourgs se tenait, à la même époque, dans l'Ile-de- France et la Normandie, de 175 à 1.625 francs; en Bourgogne et en Franche-Comté, les chiffres sont compris entre 140 et 350 francs; en Languedoc et Comtat-Venaissin, entre 160 et 840 francs; ils vont, en Dauphiné, de 80 francs, prix que la commune de Chantemerle paie le « refuge des pauvres » à 2.300 fr. à Grignan, prix d'une « belle maison avec cour, précour, tours et passage » sur la grand'place (1594).

A ce dernier échelon de la propriété bâtie, chaque immeuble se rapproche toujours beaucoup, dans son prix de vente, de la somme qu'il coûterait à construire; et le prix des matériaux et des salaires est à peu près la seule cause qui ait influencé le cours des bâtiments champêtres de Philippe-Auguste à Henri IV.

Sous Louis XIII, on trouve les loyers communs entre 38 et 100 francs à Courbevoie, Colombes, Noisy-le- Sec. Sous Louis XIV, un boulanger de Gonesse paie 325 francs de loyer, tandis qu'à Saint-Eutrope, en Saiiitonge, on peut se loger pour 1 fr. 50 par an; entre ces extrêmes, la moyenne se rapproche de 40 francs, somme pour laquelle est affermé le presbytère de Gontaut (Lot-et-Garonne), et de 48 francs, prix payé pour la maison d'école de Marsanne, en Dauphiné.

Au commencement du xvni® siècle, dans la même région, les maisons d'école se louent jusqu'à 15ïrancs; un journalier paye 20 francs de loyer dans l'Eure; un charpentier paye 36 francs dans l'Aisne, et un chirurgien 50 francs. A la fm du règne de Louis XVI et durant la Révolution, une maison décente aux champs, fût-ce dans les pays pauvres comme le Berry, se louait de 40 à 100 francs.

Le loyer moyen d'une famille villageoise avait été. au xv!*" siècle, de 42 francs. Il fut, au xvii^ siècle, de 54 francs; au xviii* siècle, il s'éleva à 63 francs. Il est à l'heure présente de 9t francs dans les communes inférieures à 5.000 âmes. Les loyers infimes ont crû ainsi de 100 p. 100 du xvi'' siècle au xx*' : de 42 à 91 francs.

Mais cette hausse, plus rapide dans les cent dernières années, a eu pour corollaire un progrès bien plus grand aussi dans l'objet auquel elle s'applique ; le type de cette maison rurale et semi-rurale des communes actuelles de 5.000 habitants et au-dessous s'est amélioré. Dans les simples villages qui n'excèdent pas 2.000 âmes, on trouve aujourd'hui un loyer moyen de 71 francs, c'est-à-dire à peu de chose près semblable au loyer de 63 francs en 1776-1800.

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