‹ DédicacesChapitre 11 sur 69 · FERNAND L'ANGLOIS · texte numérisé non relu

FERNAND L'ANGLOIS

Haut comme le soleil, pâle comme la lune, Comme dit vaguement le proverbe espagnol, Il a presque la voix tendre du rossignol, Tant son cœur fut clément à ma triste fortune.

Je l'écoute toujours, cette voix opportune Qui me parlait naguère, est-ce en ut, est-ce en sol? Et qui sut relever, furieux sur le sol. Mon cœur, ce cœur sauvage et fou de roi de Thune

Mais rions ! car mon livre est un livre amusant, Et dès lors que ce souvenir doux et cuisant D'un suicide prévenu de mains pieuses

Me remonte ce soir, peut-être pire encor

Dans un absurde et vraiment sinistre décor,

Paix-là, pour ces mains-là, mes mains calamileuses !

A IRÉNÉE DEGROIX

Où sont les nuits de grands chemins aux chants bacchiques Dans les Nords noirs et dans les verts Pas-de-Calais, Et les canaux périculeux vers les Belgiques Où, gris, on chavirait en hurlant des couplets?

Car on riait dans ces temps-là. — Tuiles et briques Poudroyaient par la plaine en hameaux assez laids ; Les fourbouyères, leurs pipes et leurs bourriques Dévalaient sur Arras, la ville aux toits follets

Poignardant, espagnols, ces ciels épais de Flandre; Douai brandissait de son côté, pour s'en défendre. Son lourd beffroi carré, si léger cependant ;

Lille et sa bière et ses moulins à vent sans nombre Bruissaient. — Oui, qui nous rendra, cher ami, Tombre Des bonnes nuits, et les beaux jours au rire ardent?

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