A M'" EVELINE
Eveline, mais c'est Eve En miniature et c'est Tout le charme et tout le rêve Que notre esprit caressait
Quand naguère il s'agissait Encore d'enfance brève Qui grandit et grandissait Dans la femme qui s'achève.
Mais où va donc mon Sonnet ?
Vous êtes toute mignonne
Et l'âge en fleurs vous couronne.
Votre âge gai ne connaît Que l'innocence divine...
Riez, petite Eveline !
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A W LËONIE R.
Vous emplissez d'un bruit gentil, quoique terrible,
Ma tète que console un tapage d'enfant,
— Et mon cœur qu'il est difficile qu'on console !
Vous me rendez la joie et je suis triomphant De moi-même, ce moi-même qui fut horrible Lorsqu'une enfant aussi, criait, méchante et folle
Et bonne, au fond, quand j'étais moi-même un enfant Aux yeux vrais, au sang pur comme d'une mouette Qui revient de très loin, ainsi que ce poêle.
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A M"" JEANNK VANIKR
Parfois dans un local plein de livres, deux hommes Se gourment presque, bien que bons garçons au fond ; C'est votre père et moi dont les paroles vont De l'offre ù la demande en quels écarts de sommes !
Je n*ai pas l'air commode. Il est mal disposé. Choc terrible ! Soudain, au fort de la querelle, 'Petite et fine à la croire surnaturelle, Une enfant apparait, grands yeux noirs, teint rosé.
Elle s'enquête, elle tremble, comme inquiète
— Sérieusement trop ? Non, — du bruit de tempête
Que vont menant ce monsieur chauve et son papa
Souriants sur-le-champ, — et voici la paix faite Entre, en un mutuel et franc meâ culpâ, Votre père, éditeur, et moi, votre poète.
Paris. 21 avril 1894.
LXYIII