‹ Défense de la liberté de l'égliseChapitre 3 sur 75 · II AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

II AVANT-PROPOS

sixième 9 contiendront les écrits polémiques que J'ai publiés pour la défense de l'Église et de ses libertés, soit avant la révolution de 1848, soit depuis.

On me permettra bien d'affirmer qu'un Évoque n'écrit pas pour écrire, mais pour être utile. Je ne consulterai donc que mon devoir, nullement mon goût, et je commencerai par offrir au public non pas ceux de mes écrits qu'une faveur accidentelle a pu recommander un] peu plus à ses souvenirs, mais d'abord ceux qui me semblent appelés à rendre en ce moment des services plus opportuns : je veux parler des controverses relatives à la Liberté de F Église, à la Liberté de V Enseignement y à la Liberté des Associa-lions religieuses, depuis 1844 jusqu'en 1848, et dans ces dernières années.

Il fut un jour où ces grandes et nécessaires libertés commencèrent à prendre enfin dans la loi, ou au moins dans l'opinion, la place qui leur appartient légitimement. La loi du 15 mars 1850 fut un traité de paix équitable qui mit fm aux luttes du passé. Ce n'était pas tout ce que nous pouvions désirer, tout ce que nous avions demandé ; c'élait tout ce que les temps permettaient. Depuis cette époque, aucune loi nouvelle n'est venue apporter à l'Église les libertés qui loi restaient à obtenir : aucune mesure n'a brisé un seul des anneaux de cette

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chaîne d'entraves, qui avait été forgée contre elle par rinjustice etparringratitude des hommes, pendant le cours d'un sièclequi fut le dernier de Tancien régime, en même temps que celui du jansénisme, des voltairiens, de la révolution, du despotisme et de la ccn- Iralisalion. On n'a pas cessé de maintenir contre rÉglise seule des exclusions, des privilèges et des rigueurs que le niveau révolutionnaire avait, disaiton, effacés de nos institutions et de nos mœurs. Cependant rendons à qui de droit ce témoignage : comme les idées étaient en avant des lois, comme l'opinion et le pouvoir étaient d'accord pour ne pas marchander de trop près à l'Église des droits qu'elle ne réclame pas pour elle seule, et dont elle fait un usage évidemment utile et sincère, on a vu, pendant dix ans, à la faveur du besoin de la paix, les rigueurs sommeiller, les réclamations s'éteindre, la reconnaissance égaler, dépasser peut-êlre les services, la liberté enfin s'établir graduellement dans les faits.

Nous n'avons point rompu celte paix. Ce n'est pas notre faute s'il nous a fallu nous souvenir que les bonnes intentions ne valent pas les bonnes institutions. Nous nous sommes vus menacés d'armes que nous supposions déposées à jamais dans quelque musée d'antiquités législatives. Mais ce sont surtout les journaux, et les plus répandus, qui se mettent de nouveau en campagne, et ressuscitent contre nos

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collèges, nos communaulés, nos écoles, nos séminaires, nos réunions, nos publications, nos droits, une guerre surannée. Si cette guerre éclate sur peu de points encore, si elle trouve l'opinion insensible, je ne me rassure pas : c'est quand l'opinion dort que la justice souffre. Telle est la rapidité et la mobilité de l'esprit français, telle est la pente de la situation actuelle, que nous pouvons craindre de voir nos éternels ennemis développer soudain leurs plans de campagne, et déployer bientôt contre nous toutes leurs forces. Il n'est donc pas inutile d'opposer les réponses d'hier aux objections et aux attaques de demain. Il n'est pas inutile de redire à la France par quelles fermes et évidentes raisons nous avons reconquis les droits que l'on nous conteste, et par quelles grandes expériences le pays en est venu à nous accorder cette liberté, qui n'est, après tout, que la liberté de lui faire du bien.

En publiant les écrits consacrés autrefois à cette importante polémique, j'obéis donc à une nécessité; mais en même temps, je dois l'ajouter, je fais violence à deux inclinations de mon âme.

J'aimerais à laisser la parole à ceux de mes vénérables collègues dont j'étais alors, de loin, l'auxiliaire, et qui ont, avant moi, plus que moi, démontré au pays et assuré à l'Église les avantages de la liberté. Leurs beaux livres méritent, et, si mes vœux sont

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eiaucés, ils obtiendront les honneurs de la réimpression.

S*il était, en outre, possible de raconter un combat sans parier des combattants, je serais plus heureux : j'y trouverais le compte des sentiments vrais de mon cœur et de ma reconnaissance. Les adversaires que nous eûmes alors, la Providence en fit un jour nos alliés. Ils les ont encore, et avec une fidélité rare dans les temps où nous sommes. Je ne me consolerais point, si cette réimpression pouvait les affliger.

Je me serai trouvé, dans ma carrière, en présence «le deux écoles opposées au Catholicisme. A la frivolité haineuse, à la moquerie fatigante, à la clarté peu profonde du xviii'' siècle, succédait déjà dans ma jeunesse, et a grandi sous mes yeux, une école plus grave, hautement spirilualiste, et logicienne, quoique souvent peut-être, qu'il me soit permis de le dire, plus forte à chercher les solutions qu'aies découvrir, jamais irrespectueuse, croyant à Dieu, à l'âme, à rimmortalité, à la morale, sachant en parler avec éloquence, même avec émotion, et représentée, lorsque j'eus à la combattre, par des hommes qui m'ont rendu bien facile le précepte de l'Évangile qui commande d'aimer ses adversaires.

Il est, depuis, sorti de la foule une autre école, matérialiste dans ses tendances, sinon dans ses aveux, avec des inspirateurs subtils et des auxi-

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