‹ Défense des colonies (volume 2)Chapitre 118 sur 128 · Trilobites des faunes normales · texte numérisé non relu

Trilobites des faunes normales

Si nous considérons maintenant les Trilobites des faunes normales, nous reconnaissons, que la grande majorité des espèces énumérées sur notre tableau, s'est montrée aussi constante ou invariable dans ses formes, que les Trilobites coloniaux. Les seules variations que nous pouvons observer dans

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leurs apparences , sont relatives anx dimensions du corps et pins rarement à celles des yenx. Quelques espèces ont aussi éprouvé une modification dans leurs omemens. Nous allons passer en revue toutes celles qui peuvent mériter TaUentioD, sons ces divers rapports.

1 . Acidaspis Buchi Barr. (Syst SiL de BoK L p, 716. PL 36 — 37), dont nous avons recueilli de nombreux exemplaires, dans les 5 bandes de notre étage D, conserve sur tons ces horizons tous ses traits caractéristiques, également prononcés. Ainsi, rétat de conservation, variable dans les diverses roches de ces bandes, est le seul signe distinctif des individus, qui ont existé dans les 5 phases successives de notre faune seconde. Cette espèce, remarquable par sa taille, entre tontes celles du même genre, permet plus que toute autre de constater la persistance de tous ses caractères spécifiques.

I«a seule variation que nous remarquons, consiste en ce que les individus de la bande d 4 offrent la plupart des dimensions plus fortes que celles des spécimens connus snr les 4 autres horizons. La plus grande différence est représentée par le rapport des nombres 5.3. Mais, les spécimens de la bande d 5 reprennent la taille normale et primitive de l'espèce.

S. Asaphus nobilis Barr. (Stfst SU. de Boh. L p. 657 PI 31 — 32) est le plus grand de nos Trilobites. Il a traversé également les 5 bandes de notre étage D, en disparaissant seulement pendant le dépôt de la bande des qoartzites d2. Sur tous ces horizons, les individus se montrent semblables par tous les élémens du corps, comme par leur ornementation caractéristique. Quant à leur taille, nous remarquons qn^t parmi ceux qui se trouvent dans la bande d 4 , quelques ans offrent les plus grandes dimensions connues, c. à d. presque doubles de la taille primitive. Mais, ce développement est temporaire, conmie pour Acidaspis Buchi, car les individus de la bande d 5 nous montrent seulement la taille normale.

Nous ferons remarquer, que ces deux espèces offrent également la plus grande fréquence des individus dans la même bande d 4.

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3. Dianide formosa (Syst. SU. de Boh. L p. 641. PI. 42) est l'une des espèces intermittentes, qne nons avons citées dans notre Mémoire sar Arethusina (p. 16). Elle apparaît à trois reprises différentes, c. à d. dans nos bandes d 1 — d 3 — d5, composées de schistes fins, argileox, tandisqn'elle disparait complètement, dans les bandes d 2 — d 4, dans lesquelles les quartzites prédominent, ou bien sont très ^fréquens et alternent avec des schistes grossiers.

Nous possédons des spécimens assez nombreux de cette espèce, qui ont été recueillis sur les trois horizons qu'elle caractérise. Ces exemplaires représentent tous les âges. L'un des plus jeunes est figuré sur la PI. 1 du Supplément à notre Yol. I. Tous les spécimens connus s'accordent à nous montrer, que la forme de tous les élémens du corps reste constante, durant toute la durée de cette espèce. Mais, on distingue aisément, parmi les individus contemporains, la forme longue et la forme large. Elles sont principalement différenciées par l'apparence de leur pygidium^ ainsi que le montrent les figures de notre planche citée.

Si l'on compare les spécimens des trois bandes indiquées, on reconnaît une différence très notable dans la taille des adultes, qui varie du simple au double. La taille la plus grande s'observe exclusivement dans les individus de la bande intermédiaire d 3, tandisque les exemplaires des bandes extrômes, d 1 — d 5, sont plus petits d'environ moitié. Nous remarquons cependant, que les spécimens de la bande d6 sont généralement un peu plus développés que ceux de la bande d 1. Mais, cette apparence peut provenir de ce que ces derniers sont relativement plus rares.

Ainsi, cette espèce, comme les deux précédentes, se montre sous des apparences sensiblement identiques aux deux époques extrêmes de son existence, en Bohême, tandisque vers le milieu de sa durée, elle offre un développement remarquable dans les dimensions des individus et surtout dans celles de la forme longue.

Cet accroissement temporaire, dans la taille, ne se traduit par aucune modification visible dans les élémens de la tête et

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du thorax, dont chacun conserve exactement la même conformation. Nons citerons, en particulier, les pointes génales extraordinairement prolongées dans cette espèce, et qni s'étendent bien an delà du corps. Nous retrouvons ces pointes omamentales, semblables, dans les spécimens des trois horizons.

An contraire, dans le pygidinm, l'accroissement de la taille donne lieu à l'apparition d'un plus grand nombre de segmens distincts sur l'axe et sur les lobes latéraux. En effet, nons pouvons compter jusqu'à 26 articulations sur l'axe de la forme longue (fig. 24.) Au contraire, le nombre correspondant ne semble pas s'élever au-dessus de 18, dans les individus des nos bandes d 1 — do. Mais, on doit remarquer, que certains spécimens de la forme large, dans la bande d 3, n'en présentent que le même nombre 18, comme celui que nous avons figuré, (fig. 25.)

Ainsi les variations de Dionide fortnosa, correspondant seulement au milieu de la durée de ce Trilobite, n'ont en aucune influence sur la conformation des individus qui la représentent dans la bande d 5. Ces individus, qni paraissent avoir été les derniers de cette espèce, étant identiques avec ceux de la bande d 1, qui ont été les premiers, on voit qne, durant les longs âges représentés par toute la durée de la faune seconde, Dionide formosa, malgré sa variation temporaire, n'a pas même éprouvé nn commencement durable de transformation, qui puisse être considéré comme tendant à produire une nouvelle espèce, par voie de filiation.

Remarquons, que ce Trilobite a offert deux longues intermittences en Bohême, durant le dépôt des bandes, d 2 — d 4, qui possèdent chacune une grande puissance. Ainsi, il pent être comparé, sous tons les rapports, aux espèces coloniales. Puisqu'il montre des apparences identiques, dans ses apparitions extrêmes, aux deux limites verticales de la faune seconde, il contribue puissamment à nous faire concevoir la constance que nons observons dans les formes des Trilobites coloniaux.

4. Dalmanites socialis Barr. (Syst SU. de Boh. L p. 552, PL 21. 22. 26. 27. J se trouve dans nos 4 bandes superposées: d 2— -d 3 — d 4— d 5. On peut supposer, que son existence

a été cootnae daas aoCre IttssiB, pendant les 4 phases correspondantes de notre €une seconde. D contraste donc, sons ce nq[»p<Mty aTec fespèce précédoite.

Les prenders îndmdns connns de Dahm. soHaUs appandssent dans notre bande des qnartzites éZ^ dont certaines coaches sont chargées de lenrs firagmens. Mais, snr cet horizon, la taille normale de cette espèce offre le mùmmmm observé dans notre bassin. Tons les spécimens sont d'aillenrs identiques dans tons lenrs élémens et ils offrent invariablement la pointe génale bien développée et caractéristiqne de cette forme tjpiqne. Lenrs yenx possèdent aussi le pins grand nombre de lentiUes, c. à d. environ 230. (PI. 26.)

Dans la bande û 3, nous voyons apparaître la variété nommée proaeva^ qni se distingue par la réduction des pointes génales à un état presque rudimentaire (PI. 21. 22. 26). Cette variété se propage avec les mêmes caractères dans toute la hauteur de la bande d 4. Nous remarquons aussi , dans les individus de cette variété, que les yeux présentent un nombre de lentilles moindre que dans la forme primitive et qui ne dépasse pas 190. Du reste, ces deux formes sont identiques dans tous les autres élémens, et Tune et l'autre présentent également 11 articulations sur Taxe du pygidium. Les spécimens de la variété proaeva prennent cependant des dimensions plu& développées dans la bande d 4, que celles du type sociaUs dans la bande d 2.

Dans la bande d 5 , se manifeste une nouvelle variété, que nous nommons grandis (PL 27) à cause de sa taille notablement plus grande que celle de la variété précédente, suivant le rapport moyen de 130 à 110. Par suite de cet accroissement des dimensions, Taxe de pygidium nous montre 13 articulations, au lieu de 11, qui existent dans les formes antérieures. Mais, nous remarquons eu même temps le retour de l'espèce à sa forme typique, par la réapparition des pointes génales bien développées et du nombre primitif des lentilles, environ 230.

Ainsi, la dernière variété de cette espèce ne diffère réellement du type primitif que par la taille et au lieu de nous

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montrer une différence croissante sous le rapport de la pointe génale et du nombre des lentilles, elle redevient identique avec ce type par ces deux élémens.

5. Cheirurus claviger Beyr. (8yst SU. de Boh, I. p. 772, PL 40, 42.) Cette espèce, très bien caractérisée, se trouve dans nos bandes d2— d3 — d 4. Elle a donc existé pendant trois phases consécutives de la faune seconde. Nous ne remarquons d'autres différences que celles de la taille et de rétat de conservation, entre les individus qui correspondent à ces trois phases. Les plus développés parmi eux sont ceux qui représentent le type primitif, dans les quartzites du mont Drabov. Nous retrouvons à peu près la même taille dans divers exemplaires de la bande d 4, tandisque la plupart de ces derniers sont notablement plus petits.

Mais, dans la bande intermédiaire d 3, nous n'avons découvert que des spécimens relativement réduits dans leur taille, au-dessous de la moitié de celle que présentent les adultes du mont Drabov. Il semblerait donc, que cette espèce a éprouvé une réduction temporaire de ses dimensions, précisément sur l'horizon, où nous avons constaté un accroissement temporaire des dimensions de Dionide formosa. Ainsi, nous serions induit à penser, que ces variations en sens opposé ne sont pas dues uniquement à l'influence des circonstances ambiantes.

6. Fhacops fecundus Barr. (Syst SU, de Boh, I, p, 514, PL 21,) Cette espèce nous présente la plus longue durée parmi toutes celles de notre division supérieure. Nous avons constaté sa présence dans les bandes: e 8 — f 8 — g 1 —g 8 — gS, tandisqu'elle semble offrir une intermittence dans la bande f 1.

La forme typique que nous nommons, communis, apparaissant dans la bande e 8, est représentée sur cet horizon par un très grand nombre d'exemplaires. Elle se distingue des formes subséquentes par sa taille relativement plus petite et qui ne dépasse pas 55 ""•

Après l'intermittence signalée dans la bande f 1, cette espèce reparait dans la bande f 8, avec une taille au moins double, que nous avons indiquée par le nom de Var. major.

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Cet accroissement extraordinaire des dimensions, nous semble constitaer la seule différence appréciable entre cette forme et la précédente. Cependant, noas ferons observer, qae les yeux paraissent être un peu plus volumineux et que le nombre des lentilles est aussi un peu plus considérable dans quelques exemplaires seulement, tandisqu'il se maintient entre les limites normales dans les autres. Le volume des yeux se fait surtout remarquer dans le jeune âge, et s'efface dans T&ge adulte.

Dans la bande g 1 , la même espèce se manifeste sous une forme identique aux deux précédentes par tous les élémens du corps, mais intermédiaire entre elles par la taille. Comme elle est inférieure, sous ce rapport, à la Var, major ^ nous l'avons nommée Var, degener. Elle est représentée, comme la forme typique, par de très nombreux exemplaires, tandisque la Var, major est relativement rare.

Dans la bande g 8, les dimensions de ce Trilobite se réduisent notablement et elles ne dépassent guère les | de celles de la forme typique. La plupart des spécimens offrent une taille encore plus réduite. Mais, les yeux maintiennent la grosseur plus considérable, que nous avons signalée dans les spécimens de la bande f 8 et qui est aussi sensible dans la Var. degener dont nous venons de parler. Le nombre des lentilles varie entre les limites normales. Nous avons donné le nom de Var. superstes à la forme qui caractérise la bande g S et dont les individus sont relativement rares.

Dans la bande g 3, Phacops fecundus reparait avec les dimensions et toutes les apparences, qui caractérisent le Var. major ^ dans la bande f S. Les spécimens de ces deux bandes sont tellement identiques, sous tous les rapports, qu'il nous serait impossible de les distinguer les uns des autres, sans le secours des apparences de la roche, dans laquelle ils se trouvent, les uns à Mnienian (f S) et les autres à Hluboéep (g 3.)

La présence de cette Var. major, dans les calcaires de g3 à Hluboéep, a contribué à nous empêcher de reconnaître pendant plusieurs années, le véritable horizon de cette formation, ainsi que nous l'avons constaté dans notre Déf. III. (p. 337.)

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En résumé, Fhacops feeundus, qui offire la plus grande extension verticale dans notre division supérieure, noos pemet de reconnaître dans sa forme 4 apparences différentes, sons le rapport de la taille seulement et du volume des yeux, sans modification sensible du nombre des lentilles. On doit remarquer, que ces diverses tailles se manifestent successivement suivaDt un ordre très irrégulier et sans aucun rapport avec l'ordre chronologique des formations. Par une singulière bizarrerie, la Var. major repandt immédiatement après la variété la plus petite, ou superstes.

7. Acidaspis Hoemesi Barr. (SysL SU. de Boh, I. p. 723. PI. 38.) se trouve dans nos bandes t% et g 1. Les élémens de son corps restent identiques durant toute son existence. Nous constatons même, que les individus appartenant à ces denx bandes successives offrent, en général, les mêmes dimensions. Mais, dans une localité, à l'aval de Chotecz, nous avons recueilli dans les couches les plus élevées de g 1, plusieurs spécimens, qui sont semblablement réduits à une taille moitié moindre.

8. Acidaspis derelicta Barr. (Syst. SU. de Boh. L p. 732. PL 37. et. SuppL PI. 7 — 9) a été trouvée dans les bandes g 1 — g S. Les spécimens de la bande g 1 offrent une taille au moins double de celle des individus de la bande g S.

Les variations observées dans les Trilobites qui précèdent, se réduisent presque uniquement à des oscillations dans les dimensions de leur corps. Il nous reste maintenant à indiquer quelques autres variations, aussi peu importantes, parcequ'elles sont relatives aux élémens, que nous considérons comme dépendans de l'ornementation.

9. Acidaspis Keyserlingi Barr. (Syst. SU. de Boh. L p. 708. PI 30) n'a été trouvée que dans notre bande des schistes très micacés d 4 et dans un petit nombre de localités, aux environs de Béraun. Tous les spécimens connus présentent une complète identité dans les élémens caractéristiques de cette espèce. Mais, Us possèdent un nombre très variable de pointes secondaires, ou ornementales, entre les pointes principales do pygidium. Parmi les individus que nous avons figurés^ ce nom* bre varie entre 4 et 10. On peut remarquer sur les figures,

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Comme la TiriatioD des dimensioiis d« corps est U priii« cipile modification que novs remarquons dans les TrUohill^$^ que noos Tenons de passer en revne, il eM important d<i s'assorer, si cette modification pent être attribttiW^ à une coni^ mnne influence, provenant du milieu ambiant* Dans ce but^ nous avons dressé le tableau suivant, comprenant toutes les espèces de la faune seconde, qui nous montrent do notabl^^s variations dans leur taille. Nous indiquons pour chacune d'elles l'horizon qui correspond à la taille normale, au wMxim^m^ au minimum, ou à une taille moyenne, lorsqu'elle existe.

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