Sous les rapports pétrographiques
Chacune des zones ou bandes concentriques de notre étage D n'est pas composée d'une seule roche continue et homogène, dans toute son étendue horizontale et verticale. Au contraire, chacune d'elles, et principaTement la bande d 5, est constituée par un ensemble plus ou moins complexe de dépôts , dont la forme est largement lenticulaire. Ces dépôts consistent en schistes et en quartzites. Mais, tantôt chacune de ces roches se montre seule ou prédominante, tantôt elles sont associées et alternantes, suivant diverses proportions et elles offrent des apparences pétrographiques très variées.
Des coulées de Trapps sont intercalées entre ces dépôts sédimentaires, sur divers horizons et elles se font surtout remarquer par leur fréquence, dans la hauteur de la bande d 5, qui renferme presque toutes les colonies.
Ainsi, l'introduction des enclaves coloniales, lenticulaires, ne déroge point au régime habituel, qui présidait au dépôt des formations de notre étage D. Seulement, la première apparition des schistes à Graptolites, dans ces enclaves, nous montre l'intervention d'une nouvelle source de sédimens, antérieurement inconnus dans notre bassin.
Caractères généraux des Colonies. 181
Cette source était intermittente comme celles, qui fournissaient alternativement les dépôts de schistes et de quartzites, constituant notre division inférieure. On peut donc présumer, que le courant introduisant en Bohème la matière des schistes à Graptolites, provenait d'une région différente, jusqu'alors sans communication directe avec notre bassin. Mais, ce courant alternait lui même avec ceux qui amenaient les dépôts de schistes et de quartzites.
En somme, puisque d'un côté, les bandes de l'étage D et principalement la bande d 5, renferment des coulées de Trapps comme les colonies, et puisque d'un autre côté, les enclaves coloniales contiennent aussi des couches de schistes et de quartzites, comme les bandes de l'étage D, la composition pétrographique des colonies ne diffère de celle des autres zones concentriques de cet étage que par l'introduction du seul élément nouveau, que nous venons de signaler, c. à d. des schistes à Graptolites.
Nous n'avons pas besoin de rappeler aux géologues exercés, qu'une semblable introduction d'un nouvel élément pétrographique, par des intermittences successives et plus ou moins rapprochées, est un phénomène qu'on observe souvent dans la série verticale des terrains de tous les ftges et dans tous les pays.