V. Gastéropodes
Malgré le petit nombre de Gastéropodes existant dans notre étage G, nous retrouvons parmi eux non seulement 5 formes de Fétage F, maïs encore 2, dont Forigine remonte jusqu'à notre étage E. Ces formes établissent dotnc des connexions entre les premières et la dernière phase de notre faune troisième. Voir le tableau (p. 43).
La comparaison entre les Gastéropodes de Fétage G et leurs congàières de la période dévonienne donne lieu aux observations suivantes:
1. Malgré la surabondance du calcaire sur cet horizon, en Bôhêmcy la classe qui nous occupe y est relativement très-peu florisitante, en comparaison de la richesse qu'elle montre dans les calcaires dévoniens de FËifel et ailleurs.
2. Aucune espèce de Bohême ne pariut identique avec les formes dévonieimes, bien que Loœanema detforncanSy de nos étages F — G, rapelle beaucoup certaines formes figurées par le Prof^ Phillips. (PaL foês. Devon. PL 38.)
3. Les espèces de notre étage G contrastent par la simplicité de leur surfieice avec celles des contrées dévo-
tiiemieBy dont le test est fi^uemment chargé d^ornemeitt en telief, comme celui des Céphalopodes. Ce contraste s'étend à la plupart des espèces de notre étage F. Cependant, parmi celles-ci, quelques unes ofirent une él^nte ornementation, qu'on remarque aussi d'^lleurs, dans certaines formes de notre étage E.
4. Le genre bizarre Scoliostama M. Braun, dont les D. D. Sandberger ont décrit 6 espèces, des calcaires à Stringocéphales de Nassau , et qui semble caractériser l'étage dévonien moyen, est représenté dans notre étage F par une seule forme^ ScoL Sohemicum. Elle ne reparait pas dans notre étage G, qui ne possède aucune espèce de ce type. Ainsi, c'est une apparition sporadique, dans notre bassin Silurien.
5. Parmi les nombreux Capuloides recueillis dans notre division supérieure, plusieurs formes paraissent identiques, ou du moins très-intimement apparentées avec certaines espèces dévoniennes de France et d'AUemagne. Ainsi, M. de Vemeuil a déjà cité notre Capulus robuêtuiy comme représenté dans l'étage dévonien inférieur du Dépt de la Sarthe, en France. (Bullet Réun. extra, au Mans 1850.)
Nous rappellerons aussi les espèces que le comte Mtbouster a nonmiées: Cap. canalifer^ et Cojp. trocUiatia (Beitr. III. PI. 14Jy Cap. Brauni major et Cap. fumopUctua (Beitr. V. PL 10). Ces quatre formes, qui semblent la reproduction exacte de celles de notre bassin, appartiennent aux calcaires à Clyménies de Schubelhammer en Franconie, c. à d. à l'étage dévonien supérieur. Il conviendrait encore d'ajouter à cette liste diverses formes provenant de la même localité^ ou de l'Ëifel, et qui ont été figurées et décrites par Goldfuss. (Petr. {jferm. PL 167—168.)
Mais, à l'occasion de ces CapuluSy il est très important de remarquer, que les formes identiques ou représen-
ivéSy se trouvent dans notre étage E et non dans notre ge G. Ce fait constitue donc^une véritable réapparition, [is les faunes dévoniennes, de formes appartenant à la ornière phase de notre faune troisième Silurienne. Âù itraire, leur absence dans la dernière phase de la même ine, en Bohême, tend à établir un contraste entre nos kges G — H et le terrain dévonien, dont ils sont cepenut plus rapprochés dans la série verticale.
£n somme, la classe des Gastéropodes rattache notre ige G aux étages inférieurs E — F de la même division, 18 établir entre ce même étage G et les faunes dévosnnes, une connexion comparable à celle que nous nous de signaler entre ces dernières et la première ase de notre faune troisième.
VL Brachiopodes.
Parmi les 32 espèces de l'étage G, que nous énuméus dans le tableau (p. 45) on voit que 20 avaient déjà isté dans Tétage F, et que 8 avaient antérieurement paru dans Fétage E. Ces chifires, comparés au nombre tal, établissent une forte connexion entre les trois phases ccessives de notre faune troisième, car il ne reste en tout le 11 espèces, paraissant exclusivement dans notre étage G.
Nous ferons remarquer que, parmi les deux espèces >uvées dans notre étage H, lÂngxda comea^ caractérise L Angleterre Fétage supérieur de Ludlow et les Passage dêy c à d. là limite supérieure des dépôts siluriens. DUS rappelons qu'elle est associée en Bohême avec Carola retroêtricLtay qui caractérise, à son tour, Fétage dé- »]iien supérieur, sur le continent Européen. On dirait >nc que deux extrêmes se touchent sur cet horizon h 1, (pendant, si pauvre en fossiles.
Si nous cherchons maintenant les connexions fournies tr les Brachiopodes, entre notre étage G et le terrain
dévonien, nous voyons seulement âeqx espèces commaoeB savoir: Leptaena Phillipsi Barr. citée par M. 46 Vemeoil comme observée par lui en France et en Espagne; pois Rhynchonella princepa Barr., qui paraît se retrouver daiu la première contrée, et peut-être dans d'autres. Mais, tandis que cette espèce se propage dans des régions dévoniennes, étrangères, après avoir pullulé dans fiptre étage F, elle est à peine représentée par de très-rares individus dans notre étage G, et seulement dans la bande inférieure* g 1. Voici maintenant deux autres faits en harmonie avec cette observation:
1. Spirifferina reticularis^ qui abonde diuis tous les bassins dévoniens, et qui se trouve très-fréquemment dans nos étages E — F, devient si rare dans notre étage G, que nous n'en avons rencontré jusqu'ici qu'un seul exemplaire dans g 1, et jamais aucun, ni dans gS, ni dans g 3; ni dans notre étage H.
2. Strophomena depresea manque complètement dans ces mêmes étages, quoiqu'elle se trouve souyeut dans dos étages E — F, comme aussi dans les faunes dévoniennes, sur les deux continents.
Ainsi, la classe des Brachiopodes dans nos étages G — H se distingue à la fois par ses connexions multiples avec les deux premières phases de la faune troisième Silurienne en Bohême, et par l'absence ou l'extrême rareté de deux espèces cosmopolites, partout connues comme communes aux périodes silurienne et dévonienne. Cette absence est, il est vrai, un phénomène purement négatif^ mais cependant très-remarquable, parce que notre étage F présente, outre les deux espèces en question, diverses autres formes qui se retrouvent ailleurs dans les dépôts dévoniens, savoir:
Pentam» optatus . . .
. • Blarr.
Etages dévonleDS 1
Pentaift. acmtolobatas •
• ; Sandb.
rf
Pentun. gideata« .
« . Daim.
Strophomena Bouei . .
. . Barr.
Strophomena Bohemica
• • Barr.
Orthis Gervillei . • . .
. . Barr.
Cyrtia heterocljta . .
. . deFr. 8p.
Rhyxichonella Ëucharis
• . Barr.
RhynelioneUa princeps
. . Barr.
Retada Haidingeri ...
. • Barr.
Leptaena PhilKpsi
. . Barr,
Les trois premières eap6ce^ citées existant comme on sait dans la contrée des bords du Qhin, et toutes les autres dans le Nord-Ouest de la France, selon le catalogue dressé en 18Ô0 par M* de Vemeuil. (Bidl, Séun. extra, au Mi$n8.)
Ainsi, la classe des Brachioppdes, comm^ la fai^ijyie des Capuloides citée ci-dessus, nous conduit à con^ta^ter ce ffdt tr^ bizarre^ qu'il y a plus de réapparitioiis d'espèces de notre étage F que de notre étage G, dans les bassins dévoniens des contrées étrangères. *
Enfin, le contraste entre les Braçhiopodes dévoniens et ceux de nos étages G — H se trouve encore rehaussé par cette observation, qu'il n'existe, ni dans ces deux étages, ni dans les étages sous jacens F — E, aucune forme qui représente les spirifères et Térébratules à grandes aijes, m les, espèces à petitir plis, si csircfktéristiques <|e rétoge dévooien inférie^r; eii. Angleterre, comme sur le continent De mièn^e, toi^ trace du> genre Productua manque dans notre bassiq.
La classe des Brachlopodes étant celle qui établit les plus firéqaentes connexions entre les formations^ soit dans le sens horizontal, soit dans le sens vertical, le nlsnque presque complet d'espèces identiques, et même dd formes représentatives, enire nos^ étages G — H et les faunes dévoniennes, acquiert une grande importance dans les études qui nous occupent.
Vil. Acéphale^*
L'étude des espèces de cette classe, recueillies ààm notre bassin, n'est pas encore assez avancée, pour qae nous puissions bien saisir tous les rapports de détail qu'elles peuvent offrir avec les faunes étrangères. Cependant, nous pouvons, dès aujourd'hui, signaler à ce sujet quelques faits de nature à dominer les observations quelconques, qui nous seraient suggérées plus tard par Pétade particulière des formes spécifiques.
, 1. On remarquera sur notre tableau (p. 48) qu'il n'y a que deux formes communes à nos étages contigus F— 6, savoir, Pleurorhyncus longulua Barr. et Avicula poUmt Barr. Une autre espèce, à laquelle nous allons revenir tout à l'heure, après avoir apparu, comme en passant, dans notre étage E, reparait à la base de notre étage H. La propagation verticale des Acéphales dans les 4 étages de notre division supérieure étant réduite à ces 3 espèces, on voit que cette classe ne peut pas servir à établir, entre la première et la dernière phase de notre faune troisième, des connexions comparables à celles qae nous ofifre la classe des Céphalopodes, et que nous venons d'exposer.
Ne po&vant apprécier que partiellement les relations que peuvent fournir les Acéphales entre les étages G— H de notre bassin et les régions dévoniennes, nous nous bornerons à signaler quelques faits importants.
2* Parmi left Acéphales éittiiiiemmeiit dévoniens, on doit remarquer celui que notre mi^tre et ami, M. de Verneuil, a nommé Qrammyata Hamiltonenais. Cette espèce, trèa-répandue dans les mers, durant le dépôt des deux étages inférieur et moyen de la période dévonienne, a été recueillie en Espagne, en France et sur les bords du Rhin, comme dans FEtat de N. York. Or, ni cette espèce, ni aucune autre forme de ce genre, n'a été observée jusqu'ici dans notre bassin , tandis que le catalogue de la SUuria énumère cinq espèces Siluriennes, dont quatre caractérisent Fétage de Ludlow, en Angleterre.
3. En opposition avec ce fait négatif, nous avons découvert, dans notre bassin Silurien, ^ne espèce consir dérée comme bien plus caractéristique que Oratnm, Hamiltonensis , pour les terrains dévoniens du continent Européen. C'est celle qui porte les noms de Cardiola retrastriata v. Buch sp. ou de Cardium pcUmatum Goldf., et dont Fexistence a été constatée dans presque toutes les contrées où Fon a reconnu Fétage dévonien supérieur. Nous citerons, d'après les D. D. Sandberger: Le pays de Nassau, FEifel, la Belgique, la Westphalie, la Hesse, le Fiohtelgebirge, la Silésie, le midi de la France, et les
bords de FUchta, en Sibérie {L c. p. 516J.
Voici maintenant pourquoi notre découverte mérite toute l'attention des savans.
C'est que, Ccvtdiola retroeiriata a réellement fait deux apparitions sporadiques dans notre faune troisième. EUe se montre d'abord dans la bande e2, c. à d. dans la partie la plus élevée de notre étage E, au milieu des nombreux Céphalopodes, qui prédominent dans cette formation calcaire. Mais elle semble jusqu'ici extrêmement rare yur cet horizon, au dessus duquel nous perdons complè^eïnent ses traces, dans toute la hauteur verticale de nos deux étages F — G.
ves du genre OoniatiteSj rhorizon h 1 où ils se trouvent seuls avec cette CardiolcLy est évidemment le plus ancien. Ainsi, la seconde apparition de cette espèce, en Bohème, est encoie de beaucoup antérieure à Fépoque de son grand développement, au milieu des groupes variés des Ghniatites et des dymeniàj c. à d. dans l'étage dévonien supérieur. On doit «donc encore regarder Card. retrostriata dans notre bande h 1, comme continuant son rôle d'avant-conreur.
Nous rappelons Pleurod. Lonsdalei découvert par M. Richter dans la zone des Graptolites, et qui est pentêtre identique avec le type dévonien, Pleurod. prohUmaticum. Ce fait est analogue à l'apparition de Card. rétro* êtriata dans notre bassin. Voir ci-dessus (p. 205).
Enfin, si Ton accordait à un élément paléontologique, isolé, le privilège de déterminer une époque absolue dims la série des âges, la présence de Cardiola retrostriata dans la bande h 1 placerait nécessairement cette formation sur l'horizon de l'étage dévonien supérieur, qu'on ft supposé caractérisé par cette espèce, dans toute l'Europe.
En même temps, l'eadstence des NatUilini dans la même bande h 1 , coïncidant avec l'absence absolue de tous les autres groupes du même genre, ainsi que dn type Clymeniaj nous obligerait, avec autant de raison, k assigner à cette bande l'horizon de l'étage dévonien inférieur, c. à d. celui des schistes de Wissenbach, caracté* risés par le même groupe du genre Ooniatitea.
Nous ne pouvons échapper à des conclusions si discordantes, qu'en considérant Cardiola reetroetriata comme un avant-coureur, tout aussi bien dans notre étage H, que dans notre étage E, que personne ne songera à placer au niveau de l'étage dévonien supérieur, parce qu'il renferme comme lui ce remarquable fossile, ou une forme représentative.
N. B. Les Bryozoaires ne sont pas mentionnés dans cette revue, parce que nous ne connaissons pas d'une manière certaine leur existence dans nos deux étages G — H, tandis qu'ils sont représentés par de très-nombreuses espèces dans le deux étages E — F, sous jacens, de notre division supérieure.
Vni. Radiain».
L'embranchement tout entier des animaux rayonnes, après avoir fourni de nombreuses formes dans nos étages E — F, est à peine représenté dans nos étages Ci — H.
Les Crinoides, dont les débris sont très-répandus dans les deux étages calcaires inférieurs E— F, et composent presque entièrement certaines couches dans chacun d'eux, n'ont laissé que des traces très-rares, dans les bandes g 1 et g 2. Nous en avons encore moins observé dans la bande g 3 et dans l'étage H. Ce fait contraste «vec le grand développeme;it des calcaires, constituant la majeure partie de l'étage G.
Les mêmes observations s'appliquent également #aux Polypiers, représentés dans l'étage G par quelques espèces énumerées sur notre tableau (p. 51). Ces espèces , à l'exception de Petraia Bohemieay ne fournissent que de rares individus. Selon toute apparence, cette forme de Petraia serait la même que nous trouvons dans les étages cal^ caires E — F, où elle n'est pas plus prolifique que dans l'étage G.
Ces élémens sont trop restreints pour nous indiquer des connexions distinctes, soit avec les faunes Siluriennes, soit avec les faunes dévoniennes.