‹ Défense des colonies (volume 2)Chapitre 56 sur 128 · X. Résumé du chapitre cinquième · texte numérisé non relu

X. Résumé du chapitre cinquième

Les résultats des études exposées dans ce chapitre peuvent être formulés en peu de mots comme il suit:

Paissons. Nos étages F — G présentent, il est vrai) les rares avant-coureurs des genres Asterolepis, CoccosUus et CtenacanihuSj qui se développent dans les faunes dévoniennes. Mais, comme ib ne fournissent , aucune espèce commune entre notre bassin et les terrains dévoniens, les connexions établies par ces trois types sont de même nature que celles qui sont fondées sur la propagation verticale des genres de Crustacés, de Céphalopodes &c., dont la première apparition remonte à la période Silurienne.

Les autres genres de poissons énumérés dans le tableau de la Siluria (p. 432j 1859) comme caractéristiques des divers étages dévouions, manquent totalement en Bohème.

Puisque divers genres de poissons ont existé durant le dépôt des bonebeds de Luàlow, c. à d. dans les couches inséparables du système Silurien, la présence de types différents de la même classe, dans nos étages F — G, ne saurait contrebalancer, ni affaibUr les fortes af&nités qui les relient à ce même système, et qui sont fournies par les autres classes de fossiles. \

Trilobites. Si le grand développement de cette famille doit continuer à être considéré comme caractérisant la période Silurienne, noUs avons montré ci-dessus par des chiffres (p. 271), non seulement* que notre faune troisième, dans son ensemble, est la plus Silurienne de toutes les faunes contemporaines, connues sur le globe, mais encore que sa dernière phase, renfermée dans notre étage G, présente à un haut degré le même caractère. En outre, quoique tous les types des Trilobites dévoniens aient fait

leur première apparition dans les dépôts Silariens, il n'existe réellement aucune espèce dont Fidentité ait été complètement constatée dans notre bassin et dans le terrain dévo< nîen. Mais nous connaissons dans Fun et Tautre diverses espèces représentatives.

Enfin, la présence du genre Calymene juisque dans notre étage G, la prédominance, sur ce même horizon des Brontetis et des Dalmanites du groupe de Daim. Hausmanni, sans aucune trace du groupe de Cryphaev^, complètent la différence entre les faunes dévoniennes et la dernière phase de notre faune troisième.

' Céphalopodes. La bande supérieure de notre étage G, étant caractérisée par ime grande variété de formes de cette classe, la discussion détaillée de chaque genre nous a conduit aux résultats suivans:

1. Les Nautilides relient intimement la bande g3 à notre étage E, c. à d. à la première phase de notre £Aune troisième, non seulement par la réapparition des deux types très-caractéristiques Gomphoceras et Phragmoceras^ mais encore par celle de diverses espèces identiques, dont Tune de ce dernier genre, et les autres du genre Orthoceras.

2. Malgré les analogies que nous avons signalées entre notre faime troisième et les faunes dévoniennes, nous ne connaissons aucune espèce de Nautilides qui soit commune entre elles. Mais elles possèdent diverses formes représentatives.

3. Nous avons aussi fait remarquer, que la plupart des analogies mentionnées tendraient à établir des connexions entre les faunes dévoniennes et la première phase de notre faune troisième, renfermée dans notre étage E, plutôt qu'avec la dernière phase représentée dans notre étage G. Ce contraste deviendrait encore bien plus frap-

pant, si on admettait avec M. M. Sandberger, Creinitz et Guembel, que les calcaires d'Ëlbersreuth) appartiennent au terrain dévonieni car ces calcaires contiennent OrA^e, striaiopunctatum et divers autres Orthocères , C^rdiola interruptay Gard, spuriua^ et autres fonnes très-caractéiis» tiques de notre étage calcaire inférieur E.

4 L'apparition dans nos étages F — G — H du genre Oaniatite^^ jadis supposé exclusivement dévonien, est simplement un fait nouveau^ en parfaite harmonie avec tant d'autres faits, constatant que la plupart des types de Tère paléozoique ont apparu sur un horis&on plus ou moins profondément placé -dans les dépôts Siluriens. A cette occasion, nous avons signalé Tapparition sporadique du genre BdctrUes^ de la même famille des Chniatidesj dans notre bande d 1, c à d. dans la première phase de notre (iaune seconde.

5. Les Goniatites de notre bassin ^>plirtiemient tous, excepté un seul, au groupe des Nautilinij offrant les formes les plus simples de ce type^ Us sont inégalement distribués dans nos trois étages F — G — H, avec une intermittence marquée dans la bande g 1. D'un autre o6té, les espèces dévoniennes du même groupe sont presque toutes concentrées dans les schistes de Wissenbach, a i d. sur un horizon peu élevé au dessus de la base de ce système* Nous avons montré, combien il serait pou rationnel de supposer, que ces schistes sont un équivalent géologique pour les trois étages supérieurs de la Bohême, caractérisés par des faunes distinctes.

6. Malgré les analogies très-apparentes entre nos Goniatites et certaines formes des «chistes de Wissenbach, nous n'avons constaté aucune identité entre les espèces Siluriennes et les espèces dévoniennes.

Ainsi, les deux familles des Nautilides et des Oonistides^ tout en offrcmt de notables analogies, par leurs for-

mes génériques ^t spécifiques, ne fournissent aucune identité, qui puisse être invoquée comme un signe de eontemporanéité, entre la faune des étages supérieurs G — H de notre bassin et les faiones dévoniennes.

Ptéropodes. Dans le nombre peu considérable des espèces de cette classe, qui se trouvent dans nos étages G — H, il y eu a cependant trois qui avaient dé|à apparu dans les étages inférieurs Ë — F, et qui constituent une liaison avec les premières phases de notre faune troisî^e. Au conôraire, aucune des espèces qui existent dans nos étages G — H ne se retrouve dans les faunes déVomennes. Ainsi, les Ptéropodes tendent à rattacher nos étapes supérieui*s aux étages inférieurs, c. à d. à la période Silurienne.

L'abondafice des. Tentacidites dans nos bandes g 2— h 1 est un phénomène normal, dans les dépôts je cette même période, et n'est pas néc>es6airement Findice de la période dévonienne.

Octstéropodes, Cette classe, bien que faiblement i^-^ présentée dans nos étages suipérîieura, rattaahe cepetidant leur faune à celle de nos étages inférieurs, par quelques espèces identiques. Elle ne fournit^ au contraire, aucune forme conunune à nôtre étage G et aux feunes dévoniennes, tandis que nous connaissons, dans ces dernières^ plusieurs espèces qui sembleiit reproduire presque identiquement celles qui cartu^tériseat notre étage caloaire inférieur E, surtout parmi les Capuloides;

Brdchiopodea. P4fmi leis 32 espèces de cette classe, qui existent dans notre étage G, il s'en trouve environ % qui loi sont commune^ avec nos étages inférieurs E — F. Ia foite connexion qui en résulte contraste avec ce fait^ que nous coanaiBons à peine un couple d'espèoes eomnunes à l'éta^ supérieur G et aux feunes dévoniennes. Ce contraste dévient encadre plus retnarquahle si l'on considère, que notre étage F venfbn^e, au contraire, 13 espèces

regardées comme identiques avec des formes qui reparaissent dans les divers étages dévoniens.

Les Brachiopodes à grandes ailes et à petits plis, si caractéristiques de l'étage dévonien inférieur, sont incomms d^ns notre bassin, ce qui établit encore un nouveau contraste.

Notre étage H fournit un Brachiopode, lAng. comea^ caractéristique des couches supérieures de Ludlow, mais bizarrement associée dans notre bande h 1, avec Cardiolû retrostriatay également caractéristique de Tétage dévonien le plus élevé. Cette coexistence inattendue mérite d'être remarquée.

Acéphales, Cette classe, représentée seulement par 28 espèces dans nos étages G — H, n'en offi:^ que 3jCommimes avec notre étage F, et une autre qui avait déji apparu sporadiquement dans notre étage E.

Cette dernière espèce mérite toute notre attention. C'est Cardiola retrostriaia v. Buch sp. qui joue ici un double rôle. En effet, elle établit une remarquable connexion, d'un côté, entre la première et la dernière phase de notre faime troisième, et de l'autre côté, entre cette phase dernière Silurienne et la dernière phase de la faune dévonienne, pour laquelle elle a été considérée comme exclusivement caractéristique. En perdant aujourd'hui ce privilège temporaire, elle acquiert celui de relier largement les deux systèmes Silurien et dévonien.

Radiaires. Les étages G et H contiennent un si petit nombre de formes, soit de polypiers, soit d'encrines, qu'on ne peut en déduire aucune connexion notable, ni avec les faunes siluriennes ni avec les faunes dévoniennes. Cependant, on doit être frappé de la pauvreté de nos masses calcaires g 1 — g 3 en fossiles de ces deux classes, en comparaison de la richesse connue des calcaires de TËifel et des autres contrées dévoniennes.

Végétaïkx. Tandis que les dépôts dévoniens de la Thurmge, studieusement explorés par M. le Doct R. Richter, lui ont offert les restes d'une flore terrestre très-reniarquaUe et décrite par M. le Prof. Unger, notre division supérieure ne paraît renfermer, comme notre division inférieure, que des empreintes de fucoides. Une seule espèce, Fuc. Hodtinens^iSf mérite l'attention dans nos étages G — H, parce qu'elle a déjà paru dans plusieurs formations schisteuses de notre bassin, à partir de notre étage des quartzites D. Elle établit donc une connexion intermittente, mais de longue durée, entre notre faune seconde et notre faune troisième tout entière.

En somme^ les résultats auxquels nous parvenons par nos études concourent tous à démontrer que:

1. La dernière phase de notre faune troisième Silurienne, ensevelie dans nos étages supérieurs G ~ H, est plus ou moins fortement reliée par toutes les classes de fossiles aux phases antérieures de la mêmé^ faune, renfermées dans nos étages E — F, sous-jacens.

2. Malgré certaines connexions générales, entre les mêmes étages supérieurs G — H de notre bassin, et les trois grands étages dévoniens, il n'existe entre les faimes de ces formations aucune affinité de telle nature, qu'on puisse les considérer comme représentant, sous diverses apparences, des dépôts contemporains.

Afin de confirmer ces conclusions d'une manière complètement indépendante de nos vues ou préoccupations personnelles, nous croyons utile de reproduire ici le tableau de^ genres et espèces caractéristiques des trois étages dévoniens, tel qu'il a été donné en 18Ô9, par notre illustre maître et ami Sir. Rod. Murchison, dans sa Siluria (p. 432). Nous désignons dans cette liste, par des caractères plus forts, les types et les formes spécifiques, qui ont été observés dans notre division supérieure, dont tous les

étages et subdivisions principales sont indiqués sur la mêdie feuille.

Les élémens paléontologîques quelconques, énumérés dans ce tableau par Sir Rod. Murchison comme caractéristiques de la série dévonienne et respectirement de chacun de ses trois grands étages^ sont au nombre de 37. U serait indifférent pour notre but de leâ distinguer pfiir &milles, genres et espèces. On pourra remarquer, que diverses formes éminemment dévoniennes, comme Spirif. Vemeuili &c. pouraietit être ajoutés à cette liste et contribueraient à rendre plus frappant le contraste qu'elle établit.

En effet, ce tableau montre qùé, parmi les 87 élémeiâ essentiellement dévouions, aux yeux de notre maître, il n'y en a que 4, qui existent dans notre biaidsin, bavoir:

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