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III. Conclusion du parallèle entre les colonies

Le parallèle que nous venons d'établir entre la colonie d'Archiac et les colonies qui l'avoisinent, sur les bords opposés du bassin calcaire, nous conduit aux observations suivantes.

1. Malgré les différences partielles, signalées entre les enclaves coloniales, comparées une à une, on reconnaît, que la même composition stratigrapbique se ' reproduit dans les deux séries opposées.

2. Les enclaves placées sur un même bord du bassin présentent entre elles les mêmes différences que celles, qui existent entre les colonies situées sur les deux parties opposées du contour.

3. Il semble que les enclaves, qui appartiennent au contour Sud-Est, sont placées dans la bande d 5, sur un horizon plus profond que les colonies du contour opposé. En effet, sur le contour Sud-Est, la distance entre la colonie Erejéi et la bande e 1 est d'environ 700 mètres, tandisque la colonie Haidinger est à la distance d'environ 850 mètres. Cette distance exprime le maonmum pour les trois colonies mentionnées sur ce contour. Au contraire, sur le contour opposé, la colonie d'Archiac, qui paraît occuper l'horizon le plus profond, est seulement à la distance de 640 mètres au-dessous de la bande e 1 correspondante. Nous nous bornons à comparer les distances horizontales, parceque l'inclinaison des couches peut être considérée comme étant moyennement semblable sur tout le contour.

Cette apparence ne saurait être interprétée, comme indiquant sûrement une différence analogue entre les époques, où ces enclaves ont été formées. En effet, on sait combien l'abondance des dépôts sédimentaires contemporains peut varier,

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dorant un même espace de temps, sur des parages très pea éloignés au fond des mers.

Nous faisons abstraction en ce moment des colonies, que nous avons indiquées sur la rive droite de la Moldan, dans notre Bcf, ÏII, p, 102, parceque la grande fracture sur laquelle est placé le lit de cette rivière, ne nous permet pas de reconnaître exactement la position de ces enclaves dans la série verticale.

4. En ce qui concerne les faunes, nous voyons qu'il n'existe qu'un petit nombre d'espèces communes sur les bords opposés du bassin calcaire. Mais, il faut remarquer, que ce contraste n'est pas plus prononcé que celui qu'on observe entre les colonies voisines, sur un même bord.

6. Dans tous les cas, on ne peut s'empêcher d'attribuer une valeur notable à ces connexions spécifiques , si on se rappelé, que les espèces coloniales sont exclusivement cantonnées dans leurs enclaves, sans se répandre sur la surface des formations ambiantes de la bande d 5.

0. La richesse en espèces de chaque colonie, sur les bords opposés, parait également subordonnée à la présence des sphéroïdes calcaires. Sans pouvoir remonter à l'origine de ces sphéroïdes, nous devons remarquer, qu'ils exercent nne triple influence, sur la richesse apparente de la faune. D'abord, l'élément calcaire, dont ils sont composés , a dû contribuer à favoriser l'existence des mollusques dans les colonies. Ensuite, la formation des sphéroides, par l'effet d'une affinité chimique, autour des dépouilles de ces mollusques, a contribué à leur conservation. Enfin, ces sphéroides, partout où ils se montrent, nous facilitent la découverte de ces fossiles, qui échapperaient aisément à nos yeux, s'ils n'étaient représentés que par des empreintes frustes, sur la surface terreuse des schistes sans consistance.

Colonie d*Archîac. 65

Ck>ntinuité P soufi le bassin calcaire, entre les colonies des bords opposés du bassin.

Aux premiers temps de nos études sur le phénomène colonial, noQS avons été très frappé par les analogies que nous venons d^indiqner, entre les colonies situées sur les bords opposés dn bassin calcaire. Ces analogies nous avaient induit à penser, que quelques unes de ces enclaves pouvaient s'étendre d'un bord à l'autre, sous la division supérieure. Nous avons même laissé échapper l'expression de cette idée, dans une communication improvisée sur les colonies, devant la Société Géologique de France, le 13 janvier 1851. (Bull Sér. 2. T. VIII. p, 150)- Mais, comme cette conception ne repose sur aucun fait constaté, nous nous sommes abstenu de la reproduire dans notre Esquisse géoUgique, (Syst. SU, de Boh. Vol, I, 1852),

Aujourd'hui, nous rappelons ces circonstances, en laissant à chacun la liberté d'apprécier, d'après les faits exposés, la vraisemblance de notre supposition primitive. Afin que cette appréciation puisse être mieux fondée, nous devons rappeler ici deux documens indispensables, qui doivent être pris en considération.

1 . Parmi les enclaves coloniales de la bande d 5 , nous en connaissons, qui possèdent des masses de schistes à Graptolites, dont l'épaisseur s'élève à plus de 100 mètres. Noue faisons abstraction des couches de schistes gris et quartzites et des coulées de trapps, intercalées dans diverses enclaves, et qui offrent aussi une épaisseur considérable.

2. L'intervalle horizontal entre les colonies opposées, mesuré à travers le bassin calcaire, ne dépasse pas moyennement 6,000 à 7,000 mètres.

Si Ton compare ces données avec celles qui sont relatives à la formation nommée Bone-bed, ou couches à Avicula contorta, dont on a récemment suivi l'extension à travers une grande partie de l'Europe occidentale, ne pourrait-on pas trouver encore quelque apparence de probabilité, en faveur de la continuité de certaines de nos colonies, sous notre bassin calcaire? Nous nous bornons à poser cette question, pour la solution de laquelle nous ne possédons aucun document.

Q6 Colonie d'ArchUc.

Ghap. 7. Carte de la colonie d^Arehiac et

des environs de Riépora.

Nos observations géologiques, relatives à la colonie d*Archiac et aux environs de R2épora, sont figarées sur la carte topographique ci-jointe, qui a été dessinée par notre ami Mr. Cari Praschak, inspecteur émérite de la BaudireciUm. Dans des circonstances semblables, en 1865, nous avons déjà rendu hommage à la consciencieuse exactitude, qui caractérise les traveaux graphiques de cet habile ingénieur. Malheureusement, aujourd'hui, en acquittant une nouvelle dette de reconnaissance pour les bons services que nous devons à sa constante bienveillance, pendant près de 30 ans, nous avons aussi à exprimer les douloureux regrets, que nous cause la perte de cet ancien ami, enlevé par la mort, au commencement de l'année dernière.

Les élémens principaux de notre carte ont été empruntés aux feuilles officielles du cadastre, qui ont été réduites à moitié de leur échelle. Les autres détails, relatifs aux rectifications récentes des chaussées et chemins, aux constructions nouvelles, carrières, etc. ont été relevés par nous sur le terrain, durant nos fréquentes explorations, relatives à cette importante localité. Nous pensons donc, qu'il ne manque à ce travail topographique rien de ce que peut exiger la confiance de nos savans lecteurs. Nous n'avons pas cru devoir figurer complètement par des hachures le relief du terrain, de peur d'obscurcir en partie la clarté des autres indications, plus essentielles dans une carte géologique. Nous avons pu cependant faire ressortir la colline prédominante, que nous nommons pramontoire et qni est placée au Sud-Est de R^épora.

D'ailleurs, le relief du terrain , entre les limites sur lesquelles s'étendent nos observations relatives à la colonie d'Archiac, nous semble suffisamment indiqué par notre section principale fig. 1 et par les sections secondaires fig.: 2—3—4, placées au bas .de la carte.

Les feuilles du cadastre étant dessinées à l'échelle de 1 pouce pour 40 Toises (Klafter) de Vienne, c. à d. jg'iô il s'ensuit que notre carte, ou réduction à moitié, est à l'échelle

Colonie d*Archiac. ^7

de ^'^o* ^° d'aatres termes, 1 millimëtre représente: 51^76 dans le sens horizontal.

Ces proportions nous ont permis d'indiquer tontes les formations de quelque importance, qui peuvent être distingi^ées par les études stratigraphiques, aux environs de B2épora.

Afin de rendre plus saisisable, au premier coup d*oeil, la distinction des surfaces occupées par nos deux divisions siluriennes, et par conséquent, pour rendre plus frappant l'isolement de la colonie d'Archiac, nous avons adopté une seule couleur fondamentale et commune à toutes les formations sédimentaires de chacune de ces deux divisions.

La couleur jaune est appliquée sur tonte la surface de notre division inférieure. Mais, dans l'étendue de notre carte, il n'existe que des formations représentant presque uniquement la bande d 5, qui couronne notre étage des quartzites D. Cette bande se compose, il est vrai, de roches ou formations distinctes, de nature quartzeuse, ou schisteuse. Mais, il eût été impossible de distinguer leurs nombreuses alternances, sans nous exposer à beaucoup de complication et à quelque confusion.

La colonie d'Archiac, située au milieu de cette surface jaune, contraste par sa couleur bleue, indiquant l'analogie de ses élémens stratigraphiques avec ceux de la division supérieure.

En effet, la couleur bleue indique toutes les formations sédimentaires, qui constituent cette division. Mais, on remarquera 2 nuances très distinctes, dans cette couleur.

La teinte bleu-clair, avec quelques traits de bleu foncé, s'étend sur toute la surface de la bande e 1 , base de l'étage E. Elle indique une masse de schistes à Graptolites, renfermant des sphéroïdes calcaires, abstraction faite de quelques couches continues de cette roche. On voit, que la teinte de cette bande est identique avec celle qui distingue la colonie d'Archiac, enclavée dans la division inférieure.

La teinte bleu-foncé montre l'étendue de la surface occupée par notre bande e 2, presque uniquement composée de couches

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calcaires continues, entre lesquelles il n'existe qu'une foible proportion de couches schisteuses.

La transition insensible entre la bande e 2, et Tétage F, qui lui est superposé, ne nous a pas permis de tracer une limite précise entre ces deux horizons. Cette limite est d'ailleurs cachée sous la terre végétale, qui a opposé un obstacle insurmontable à nos recherches paléontologiques. La surface de l'étage F n'est d'ailleurs que très exiguë, sur l'espace de terrain figuré sur notre carte.

La couleur rouge est appliquée sur toutes les coulées de trapps, qui existent, soit dans la colonie, soit dans les formations qui constituent nos divisions inférieure et supérieure.

Concordance dans la direction de toutes les formations figurées sur dette carte.

Bien que l'étendue horizontale, embrassée par notre carte, soit très limitée, elle suffit pour montrer, au premier coup d'oeil, que tous les dépôts sédimentaires, considérés dans leur masse principale, offrent une direction concordante. Cette concordance se manifeste également d'une manière évidente, si l'on compare la direction de l'enclave coloniale, avec celle de la bande e 1, base de notre division supérieure.

Non seulement les formations sédimentaires présentent cette harmonie, qui caractérise toute série de dépôts successifs, régulièrement superposés, mais nous voyons encore les masses des roches plutoniques, pour ainsi dire forcées de se conformer à cette régularité, malgré l'indépendance de leur origine.

En effet, la plupart des coulées, dont l'existence est apparente sur la surface du terrain, se montrent subordonnées aux formations sédimentaires, entre lesquelles elles sont intercalées. Plusieurs pourraient même être considérées comme de simples couches trappéennes, tandisque celles qui s'éloignent le plift de l'uniformité des formations sédimentaires, se dis-

Colonie d'Archîac. 69

tinguent seulement par une certaine courbure dans leur longueur.

En somme, l'aspect général des formations figurées sur la carte des environs de R2épora, produit l'impression d'une série de dépôts sédimentaires, entre lesquels les roches plutoniques ne représentent que des accidens secondaires.

Dans tout cet ensemble, il est impossible d'apercevoir un seul indice d'une perturbation mécanique quelconque, qui aurait modifié les relations horizontales entre les formations figurées, depuis leur origine jusqu'à ce jour.

Ghap. 8. Sections verticales du terrain.

Pour faciliter l'intelligence des relations stratigraphiques entre la colonie d'Archiac et les diverses formations, représentant nos divisions inférieure et supérieure, aux environs de B2épora, nous avons figuré quatre sections verticales du terrain.

La section principale s'étend à peu près dans la direction du Nord au Sud, à travers tout l'espace horizontal compris sur notre carte. Les trois autres sections, dirigées suivant des lignes parallèles, sont beaucoup plus restreintes et uniquement destinées à illustrer quelques détails locaux.

Concordance dans rinclinaison de toutes les

formations.

Avant de parcourir la série des. élémens stratigraphiques, figurés sur ces diverses sections, nous ferons remarquer le fait principal et très apparent, qu'elles sont également destinées à constater.

Ce fait consiste en ce que, aux environs de Riépora, il existe une concordance manifeste entre les formations, qui constituent les enclaves coloniales et celles qui composent la masse de nos divisions inférieure et supérieure.

70 Colonie d^Archiac.

Cette concordance, dans l'inclinaison de tontes les formations sédimentaires et même des masses trappéennes, intercalées entre ces formations, est en parfaite harmonie avec la concordance que nons venons de signaler dans la direction horizontal^ des mêmes élémens straUgraphiqnes , figurés sur notre carte (p. 68).

Nous ferons remarquer qne, dans le dessin des sections, nons n'avons pas figuré partout les couches par des lignes strictement parallèles, parceque cette rigueur n'existe pas dans la nature, et ne serait pas même concevable dans des dépôts sédimentaires, alternant avec des intercalations de roches d'origine plutonique.

Fig. 1. Section principale, suivant la ligne brisée:

Les distances horizontales, sur cette section, sont identiques avec celles de la carte. Mais, pour rendre le relief da sol plus sensible, nous avons adopté pour les hauteurs une échelle double.

Ainsi: 1 millimètre représente:

dans le sens horizontal: 5f76 comme sur la carte, dans le sens vertical: 2^88.

Les couleurs adoptées sur nos sections reproduisent exactement celles qui distinguent les formations sur notre carte. Il est donc aisé de comparer ces documens graphiques.

En commençant par la gauche de la section, c. à d. par l'horizon le plus profond dans la série verticale , au point 0, les formations indiquées par les chiffres: 1 — 3—5 sont composées en grande partie tle couches minces de schistes gris et de quartzites, alternant suivant des proportions variables. Ces couches sont principalement visibles sur la pente du côteaa, vers le ruisseau venant de Tfzebonitz. Il existe d'ailleurs plusieurs carrières: X — Y— Z— qui exposent les roches en qnestion, sur divers horizons superposés et en même temps, les bancs épais de quartzites, qui se reproduisent sur 3 niveaox différens.

Colonie d^Archiac. 71

Cette partie de la section traverse 2 coulées de trapps, »rrespoDdant aux chiffres 2 — 4 et qui sont intercalées dans s dépôts.

La colonie d'Archiac est superposée à cette masse, qui irait représenter un horizon placé à peu près sur la limite is handes d4— d5 (p. 36).

On remarquera, que cette partie, OM, de la section est rigée suivant l'ancien chemin, qui conduit vers Stodulek, en 'avissant directement la colline suivant une pente assez rapide, ous avons choisi cette direction, parceque c'est sur la surface i ce chemin, que nous avons originairement découvert la donie décrite, en observant un assez grand nombre de sphétides calcaires. Les uns étaient encore enclavés dans les histes impurs, sur les talus de ce chemin creux et les autres raient été rejetés de la surface des champs voisins. Ce chemin )us a donc présenté, dans les premiers temps, les principaux émens pour l'étude de la colonie et il offre encore une sec- 3n très distincte de cette enclave. Plus tard, la construction î plusieurs nouvelles maisons, à l'extrémité du village, sur le lemin de Tr2ebonitz, nous a fourni l'occasion d'examiner une 3uvelle section encore plus apparente de la même colonie.

Au-dessus de cette enclave, notre section montre, que la inde d 5 est composée de schistes gris , indiqués par les liffres: 6 — 8, et renfermant une petite coulée de trapps, >rtant le Nr. 7. H est vraisemblable que cette coulée, qui est actuellement visible que dans le fossé de la route, s'étend saucoup plus loin, suivant les deux sens. On voit d'ailleurs, l'elle se trouve, à peu près, sur le prolongement d'une autre mlée isolée, vers le Nord-Est.

Le point M, contre la chaussée dirigée vers Prague, corispond au Nr. 9 de la section et indique une coulée, qui nous imble devoir être en connexion avec celle sur laquelle cette laassée est établie.

Le Nr. 10 représente principalement des schistes gris, l'on voit très distinctement à l'entrée du village et qui ne entrent pas une notable altération. Ils sont recouverts par

72 Colonie d*Archiac.

la coalée Nr. 11, visible entre les maisons, mais qui parait s'étendre beaucoup plus loin que les deux extrémités figurées.

L'espace Nr. 12, entre cette coulée et celle qui constitue le promontoire , est en grande partie couvert par des jardins, dans la direction de notre section. Cependant, nous avons pa observer, en grande partie, le prolongement de ces couchesdans le village et sur les bords du misseau. Nous remarquons paimi elles des roches entièrement métamorphiques et qui présentent une couleur vert-foncé, comme si elles avaient été imprégnées par la substance des trapps. Elles ne conser\eDt plus aucune des apparences pétrographiques des schistes de la bande d 5. D'autres couches maintiennent leur aspect primitif, et représentent bien les dépôts habituels de cette bande. On les reconnaît surtout dans leur prolongement, en suivant les chemins, soit à l'Est, soit à l'Ouest du village.

La grande coulée Nr. 13 constitue une colline élevée, qae nous nommons promontoire, et qui domine tout le village. Sur le versant de cette colline, incliné vers le Sud, il existe diverses alternances entre les trapps, les quartzites et les schistes durcis. Nous avons compris cet ensemble dans le Nr. 14, parceque l'échelle de notre section ne nous permet pas d'indiquer toutes les répétitions de ces diverses roches. Cette formation forme le couronnement, ou la limite supérieure de notre bande d5.

Au-dessus de cette limite, commencent les dépôts des schistes à Graptolites, appartenant à notre bande e 1, et qui sont figurés par la couleur bleu-clair. Ces dépôts s'étendent vers le Sud et portent les Nr. 15 — 17 — 19. On voit que les Nr. 16—18 — 20 alternant avec les précédens, indiquent des coulées des trapps, régulièrement intercalées dans la masse schisteuse. Mais, nous devons faire remarquer que, dans cette masse de schistes, on peut distinguer plusieurs autres apparitions de la roche trappéenne, sous la forme de couches, dont l'apparence semble indiquer un mélange avec la substance schisteuse, de sorte qu'il est difficile de caractériser leur nature pétrographique. Ces couches étant d'ailleurs peu épaisses, il était impossible de les figurer sur notre section.

Colonîp rVArchiftc 73

La coulée Nr. 18, formant un monticule, à gauche, le long du chemin qui monte vers Lochkov, renferme un assez grand nombre de nodules calcaires, qui paraissent avoir été entraînés par la masse en état de fusion, ou de consistance pâteuse. La partie saillante de cette coulée présente un exemple remarquable de décomposition sphéroidale. Ces sphéroïdes, dont le diamètre varie entre 10 et 60 centimètres, s'exfolient par conches minces, concentriques, de sorte que leur section est comparable à une rose entrouverte. Nous observons une décomposition analogue dans quelques unes des couches que nous venons de signaler, comme renfermant une proportion de la matière trappéenne. Elles sont exposées sur le talus du ravin, qui longe le chemin de Lochkov, sur la droite, en montant vers le Sud.

Fig. 2. Section suivant la ligne Q. K. R.

Cette section est destinée à montrer les relations qui existent entre la colonie, les coulées de trapps, qui lui appartiennent et les bancs épais de quartzites sous-jacents dans la bande d 5.

L'échelle des dimensions horizontales et verticales est la même que dans la section précédente.

En conmiençant par la gauche et par le point le plus bas dans la série verticale, près du ruisseau, la formation Nr. 1 fait partie de la masse des schistes gris et quartzites, dont l'existence a déjà été indiquée dans la section précédente. Ces couches sont très visibles sur les talus, près du ruisseau.

Le Nr. 2 représente une coulée de trapps, dont les deux extrémités sont cachées sous le sol.

Le Nr. 3 est une formation de la bande d 5 , qui se distingue de la précédente, en ce qu'elle présente à sa base et à son sommet, une série de bancs épais de quartzites. Ces bancs ont été exploités par des carrières, X — Y, indiquées sur notre section, comme sur la carte. Voir ci-dessus (p. 32).

La colonie d'Archiac repose sur les bancs supérieurs de quartzites, X. La section traverse une coulée de trapps for-

74 Colonie d^Arrhûic.

mant sa base et la masse des schistes à Graptolites, dans riatérienr de laquelle une seconde coulée est intercalée, u point K.

Au-dessas de la colonie, se trouve la coulée de tnpps Kr. 4, qui parait en contact avec elle sur une &ible étendae.

La formation Nr. 5 consiste dans une masse de schistes gris, sans consistance, exposés entre les maisons du village.

Si Ton considère, dans la formation Nr. 3, les banci épais de quartzites, qui se répètent symétriquement comme les trapps au sonmiet et à la base de cette masse, on pourrait être tenté de supposer, que cet ensemble résulte d'un pli. Mais, cette supposition s'évanouit, si l'on remarque, que les antres formations supérieures et inférieures ne se prêtent point à cette combinaison. Ainsi, au-dessous de la coulée Nr. 2, il n'existe aucune trace des schistes à Graptolites, qui devraient se trouver sur cet horizon, si le pli était réel.

Fig. 3. Section au point K, maison Nr. 69.

Cette section étant destinée à montrer des détails, qui disparaissent à cause de leurs dimensions, dans la section précédente, nous avons adopté l'échelle de 2 millimètres poar 1 mètre, aussi bien dans le sens horizontal qae dans le sens vertical.

Notre figure représente une section naturelle, sur la paroi presque verticale du coteau, qui a été déblayé pour former une cour, autour de la maison Nr. 69. On voit, que les deux conlées jumelles sont sensiblement parallèles entre elles, à la distance d'environ 1?^60. Leur épaisseur est semblablement d'environ 2?^. Leurs surfaces supérieures et inférieures sont aussi régulières que celles des couches schisteuses. Leur masse est compacte et elle ne montre que des fissures irrégulières.

Les schistes à Graptolites offrent les mêmes apparences, soit au-dessous, soit au-dessus des deux coulées, soit dans l'intervalle qui les sépare. Leur consistance est à peine augmentée dans le voisinage des trapps, mais ils ne sont ni silici*

Colonie d'Archiac 75

fiées, ni robannés, comme dans d'autres localités. Entre ces schistes, on trouve des sphéroides de calcaire noir, semblables à ceux qui existent dans les autres parties de la colonie.

Fig. 4. Section suivant la ligne S, T.

Cette section, parallèle à la partie M. N. de la section principale, est destinée à montrer les relations stratigraphiques ie la seconde apparition des schistes à Graptolites, dans les environs de R2épora.

L'échelle des distances horizontales est la même que sur la carte, et l'échelle des hauteurs est double.

En commençant par la gauche, c. à d. par l'horizon le plus bas dans la série verticale, les couches inférieures font partie de celles, que nous venons de signaler (p. 72) comme fortement altérées et comme ayant perdu toutes les apparences des schistes de la bande d 5. Au contraire , nous retrouvons ces apparences très bien conservées, dans les couches de schistes et quartzites, qui sont situées vers le sommet de la même masse, et qui s'étendent jusqu'au contact de la grande coulée de trapps, Nr. 2, formant la colline nommée promontoire.

Mais, parmi ces roches non altérées de d 5, nous voyons quelques couches isolées de schistes à Graptolites, recouvertes par une coulée mince de trapps, qui paraît régulièrement interstratifiée, parmi les autres couches. Cette seconde enclave de schistes graptolitiques , par le fait même qu'elle est très restreinte dans son épaisseur verticale, contribue à démontrer, que l'apparition antérieure des mêmes schistes, constituant la colonie d'Archiac, n'est pas dérivée de la bande e 1 , par une perturbation mécanique du terrain.

La grande coulée Nr. 2, située verticalement à quelques mètres au-dessus de l'enclave que nous venons de mentionner, forme le prolongement vers l'Est de celle qui est figurée dans la section principale, sous le même nom de promontoire.

Nr. 3. Sur cette coulée nous retrouvons les schistes et quartzites de la bande d5| qui forment la surface de la

76 Colonie d'Archîac.

colline inclinée vers le Sud. Ces roches, bien que partiellemeui altérées, conservent cependant les apparences générales de cette bande. Lorsqu'on embrasse d'un seul coup d'oeil tonte l'étendue de cette colline , qui est notablement arquée et concave vers le Sud, on remarque aisément, que la nuance jannàtre de cette formation de d 5 contraste avec la couleur foncée des schistes à Graptolites et des roches de la bande e 1, qui couvrent la surface plus loin, vers l'Est.

Paix aux Colonies,

Paix aux Colonies.

La paix règne anx Colonies siluriennes de la Bohême.

La vérité et le temps ont accompli lentement, mais sûrement, leur oeuvre habituelle de conviction et de conciliation.

Après avoir subi l'épreuve de la répulsion, à laquelle sont ordinairement soumises les découvertes imprévues par la science, les Colonies de notre bassin occupent paisiblement la place qui leur appartient, parmi les phénomènes dignes de l'attention des géologues.

C'est le résultat final, que nous n'avons cessé d'attendre avec patience et avec confiance, depuis près de 20 ans. Quelques amis, et avant tous, notre illustre maître. Sir Rodérick Murchison, ayant foi dans nos observations, ont bien voulu partager cette confiance. Honneur à leur longanimité I

Ce résultat nous montre, encore une fois, que les théories géologiques, au lien d'être absolument rigides dans leurs principes et irrévocablement arrêtées, doivent être douées, au contraire, d'une grande élasticité, pour pouvoir embrasser, au besoin, les faits inattendus et même ceux qui paraissent, pour ainsi dire, impossibles, d'après les idées de l'âge où nous vivons. A nos yeux, la science est loin d'être achevée, et elle se fait lentement, en surmontant les difficultés de l'observation et aussi en se dégageant péniblement des entraves, que notre intelligence humaine et bornée se crée à elle même, par ses théories préconçues.

Nous profitons de la première occasion qui se présente, pour mettre sous les yeux des savans les documens qui constatent la clôture des débats relatifs à nos Colonies, dans le bassin silurien de la Bohême.

80 Faix aux Colonies.

Déclaration envoyée le 16. novembre 1669 par Mr. le Prof. J. Kre(jëi à Mr. le Ghey. Frcmz de Hauer et publiée le 16. décembre 1869, dans les Verhandlungen de llnstitat Impérial (Géologique de Vienne. (Traduction).

„La part que j'ai prise, dans le temps, en qualité de volontaire, aux travaux de l'Institut Impérial Géologique, en Bohême, ainsi que ma considération pour les résultats scientifiques obtenus par Mr. Barrande, m'imposent le devoir de déclarer que, par suite d'une nouveUe étude des relations stratigraphiques des colonies siluriennes et des diverses parties de la Défense publiée par Mr. Barrande à ce sujet, ma précédente tentative pour expliquer les colonies* par des dislocations, ne peut pas être soutenue."

„L'abondance surprenante des nouveaux documens géologiques, que Mr. Barrande a exposés dans sa Défense, montre que les discussions sur les colonies n'ont pas été infructueuses et il me sera permis, sans crainte d'être mal interprété, d'exprimer le voeu, que la continuation annoncée de la Défense renferme dans tous ses détails la solution définitive de la

question agitée."

Prof, J. Krejci.

Mr. le Prof. J. Krejèl nous ayant fait l'honneur de nons communiquer, dès le 16. novembre, la déclaration qui précède, accompagnée d'une lettre dans le même sens et qu'il serait superflu de reproduire ici, nous lui avons répondu dans les termes qui suivent:

A Monsieur le Prof. J. Krejôf.

Prague, 19. novembre 1869.

Très honoré Professeur,

Je vous remercie d'avoir bien voulu me communiquer la déclaration que vous avez adressée, le 16.de ce mois, à Mr. le Chev. Franz de Hauer, ien le priant de la publier dans les Verhandlungen de l'Institut Impérial Géologique.

Paix aux Colonies. 81

Cette déclaration fait honneur à votre loyauté scientifique et elle met fin à nos débats au sujet des colonies.

Je me dispose à publier, dans quelques semaines, la description de la colonie d'Archiac, avec une carte spéciale des environs de Rîépora et ensuite, successivement, tous les autres documens que j'ai préparés, pour compléter l'illustration du remarquable phénomène colonial, dans le bassin silurien de la Bohème. Ainsi, les voeux que vous exprimez à ce sujet, sont en parfaite harmonie avec mes intentions.

Quant à Mr. Lipold, ({ue vous recommandez à mon indulgence, dans votre lettre du 16., parcequ'il a suivi vos indications et n'a passé que peu de temps sur le terrain silurien, j'espère qu'il imitera le bon exemple, que vous venez de lui donner et que nous pourrons ensevelir, dans un commun oubli, toutes les erreurs du passé, sans remonter à leur source.

Je profite avec plaisir de cette occasion, pour vous offrir mes remercimens et mes félicitations, au sujet du beau et solide travail, que vous avez récemment publié sur le Terrain Crétacé de la Bohême, avec la coopération de Mr. le Doct. Anton Fritsch.

J'espère que tous nos travaux réunis assureront à la Bohême un rang élevé, parmi les contrées de l'Empire d'Autriche, qui, grâce aux travaux intelligens de l'Institut Impérial Géologique, fournissent à la science les plus fructueux enseignemens.

Agréez, très honoré Professeur, l'expression de ma considération très distinguée. j j^arrande.

En publiant les deux documens qui précèdent, Mr. le Chev. Franz de Hauer, Directeur de l'Institut Impérial Géologique, a bien voulu ajouter la déclaration suivante, que nous nous faisons un devoir de reproduire, parcequ'elle montre la libéralité scientifique et les vues impartiales de cet éminent géologue (Traduction).

„J'accomplis avec un grand plaisir le désir exprimé par M. M. J. Krejèl et J. Barrandc, en publiant les communications

go PasiL. au Colonies.

sniraDtes, dans nos Verhancttungen. Dans le premier de ces docnmens, M. Krejci révoqne complètement ses anciennes Tues sor les colonies de Mr. Barrande.**

^Les pages de notre pnblication doirent toujonrs être ouvertes, d'nne manière impartiale, à Texpression de tontes les opinions scientifiquement fondées et je saisis volontiers cette occasion ponr déclarer qne, tons les travanx et eommnnicatioikS, même des membres de notre Institut, que nous publions, n'expriment que les vues individuelles de chacun des anteors. Nous n'entendons nullement présenter une solution, en quelque sorte ofickUej des questions géologiques débattues.*^

En lisant cette déclaration, tous les savans comprendront comme nous, que de hautes convenances ont empêché M. le Chev. de Hauer de lui donner un effet rétroactif, en retendant à toutes les publications antérieures de llnstitut Impérial et notamment à celles qui ont rapport à la question coloniale.

Mais, nous nous attribuons le droit et nous nous fusons aussi un devoir de supléer à ce silence, en rappelant que, dès 1861, nous avons hautement protesté au nom de M. le Chev. de Hauer et au nom de tous les autres géologues ImpériMx, contre toute apparence tendant à faire croire, que llnstitot Géologique, en corps, se prononçait contre nos colonies. (Déf. L p. 7 et 8).

Comme aucune des parties intéressées n'a réclamé contre notre protestation, nous avons la confiance qne, ni rhonorable Directeur de l'Institut Impérial, ni aucun de ses honorables collaborateurs, ne nous saura mauvais gré de compléter ainsi la déclaration qui précède.

Quelques jours après la publication de la déclaration de M.' le Prof. Erejéf, dans les Verliandlungen de l'Institut Impérial Géologique , nous avons reçu la lettre suivante, qui nous a été adressée par M. le Conseiller aux mines, M. Y. Lipoid, directeur des mines Impériales à Idria. (Traduction.)

Monsieur, „M. le Prof. Krejël m'annonce, que les relations paléontologiques des colonies du bassin silurien de la Bohême se mon-

Paix aux Colonies. 83

lellement différentes de celles qu'il avait conçues en lurant Texploration géologique détaillée des environs lie.*'

}mine, outre les relations stratigraphiques des colonies, cations paléontologiques de M. Erejél ont servi princit de fondement à mon Mémoire sur les colonies (Jahrr Geol, Reichsanstalt — XlIJy la nouvelle manière de M. Krejéf, sur les relations paléontologiques des alênes colonies enlève aussi à mes vues personnelles sur , leur base la plus essentielle."

Gû l'honneur de porter ce fait à votre connaissance en que , d'un côté, je regrette de n'avoir pas pu, comme jcf, reconnaître sur le terrain le véritable état des !t que, d'un autre côté, je constate avec plaisir la véproverbe: errando discimus, puisque les vues errone j'ai partagées avec M. Krejèl sur la faune des coloit donné lieu aux publications très intéressantes et ves de notre Défense,''

li l'honneur d'être, Monsieur, avec une considération ïe, votre très humble serviteur,"

•ia, 27. décembre 1869.

>/. V. LipoUl.

prends la liberté d'envoyer une copie de la lettre qui à M. le directeur de l'Institut Impérial Géologique, 1 veuille bien en prendre connaissance."

réponse à la lettre de M. Lipold, nous lui avons la lettre suivante:

eur le conseiller aux mines M. V. Lipold, directeur des mines

Impériales dldria.

Prague, 2. janvier 1870.

Monsieur le Directeur,

sque vous reconnaissez, dans votre lettre du 27 décemder, que la base la plus essentielle de vos conclusions les colonies leur est enlevée par la récente déclaration

Q4 l^aix aux Colonies.

de M. le Prof. J. Krejtf, je considère nos débats sur ce sujet comme terminés.

M. le Prof. Krejci vous ayant recommandé à mon indulgence, dans sa lettre du 16. novembre, il est de mon devoir de le recommander de même à votre équité, en vous faisant remarquer, qu'il n'a jamais contesté les relations paléontologiques de mes colonies, qui sont de toute évidence.

Sa déclaration du 16. novembre prouve clairement que, comme vous, il a seulement contesté leurs relations stratigraphiques, qui peuvent échapper à des obser>ations insuffisantes.

D'ailleurs, les indications quelconques de M. le Prof. Krejci, au sujet des colonies, ne devaient pas vous entraîner inévitablement aux erreurs de diverse nature, plus ou moins grave, que vous avez commises, et que j'ai signalées en partie. Ainsi, l'origine de ces erreurs ne saurait remonter jusqu'à M. Krejci et elles doivent rester à votre compte. Comme vous venez de les réduire à l'état de souvenirs, par votre déclaration, je m^ empresse de les ensevelir dans les profondes oubliettes du silence, suivant ma promesse de 1862. (Déf, — /I. p. 60).

Je regrette comme vous , que vous ne soyez pas revenu en Bohême, pour faire, à tète reposée, une nouvelle exploration du terrain. Il me semble, que ce voyage n'a en pour vous aucun attrait, malgré les pressantes invitations que je vous ai adressées, en 1862, en vous répétant nombre de fois: revenez, revenez. (Bvf.—II, p. 57,J

Quant au compliment rempli de courtoisie, que vous avez bien voulu m'adresser, ainsi que M. le Prof. Krejci, au sujet des publications de ma Défense, je l'accepte sans façon, parcequ'il confirme ma conviction, qu'en maintenant les résultats de mes recherches, je n'ai dépas é les bornes, ni de la justice, ni de la modération.

Agréez, Monsieur le directeur, l'expression de ma haute considération.

J. Barrande,

Paix aux Coluuics. 35

Observations finales sur les débats relatifs aux

Colonies.

Les diflférends au sujet des Colonies se trouvent ainsi

réglés, à l'avantage de la science. Cependant, nous ne nous

flattons pas de Tespoir de voir immédiatement cesser toute opposition contre la doctrine coloniale.

Quelques personnes continueront peut-être à employer contre elle deux sortes de manifestations, qui échappent à toute réfutation, par leur nature insaisissable.

L'une de ces manifestations consiste simplement à écrire : les soi-disant colonies^ ce qui exprime, le plus souvent, toutes les connaissances de l'écrivain sur cette matière.

Ce soi-disant nous rappelé, malgré nous, le ci-devant, apposé durant des années de triste mémoire, devant les noms d'une classe condamnée à être éliminée des rangs de la société civile, en France. Le temps et la raison ont fait évanouir ce ci-devant et cette classe tient paisiblement son rang, dans le monde.

De même, la raison et le temps effaceront le soi-disant et les colonies resteront paisiblement dans la science.

L'autre manifestation consiste à éviter soigneusement de nommer les colonies, même dans des ouvrages, destinés, dit-on, à présenter au public les élémens de la géologie et son état actuel.

Il nous semble, que ceux qui n'ont que le silence à opposer à des faits, doivent être bien peu rassurés sur la solidit/i de leurs doctrines orthodoxes, puisqu'ils redoutent de les voir ébranlées par la simple mention d'un nouveau phénomène.

La doctrine qui exclut de ses considérations tout uij ordre de faits bien constatés, ne saurait constituer la véritable science géologique, qui doit embrasser les résultats de toutes les observations dignes de foi.

Au lieu de recourir à ces bouderies muettes, totalement stériles pour la science, il nous semble qu'il serait plus profitable d'exposer nettement les objections qu'on peut faire con-

tre les colonies, car ces objections pourraient aToir l'aTantige d'appeler notre attention sur quelques circonstances, qui n'asraient pas été suffisamment, élucidées aux yeux de tous les savans.

Par conséquent, si quelque respectable partisan de Taocienue orthodoxie paléontologique se sent fort de lojaux argumeos, pour combattre la doctrine coloniale , nous le prions de se hâter d'entrer dans la lice ouTerte depuis plus de 10 ans, et sur laquelle nous nous tenons debout, prêt à répondre k toot venant.

Dans la reserve de nos armes courtoises, il existe encore quelques colonies, qui n'attendent qu'un beau nom, pour se produire dans le monde savant, comme celles que nous inaugurons aujourd'hui, sous les auspices de d'Archiac et de Bemhard von Cotta. Nous tiendrons notre promesse de 1861 : Xemo indcftahs ahihit, (l)éj\ des Col. L p, 34.)

Afin que chacun puisse aisément apprécier les observations et les considérations , qui nous ont déterminé à introduire dans la science l'idée des colonies, nous allons présenter, dans le travail qui suit, les caract^Tcs principaux, qui distinguent ces enclaves, sous les rapports: topographiques, pétrographiqnes, stratigraphiques et paléontologiques. Nous offrons ainsi aox savans, autant qu'il est en nous, l'occasion de manifester les doutes ou objections de nature quelconque, qui seraient contraires à notre doctrine coloniale.

Caractères généraux des Colonies siluriennes de la Bohême.

Caractères généraux des Colonies siluriennes de la Bohême.

Introduction.

Notre temps suffisant à peine pour la publication de nos

recherches paléontologiqnes , dans laquelle nous sommes laborieusement engagé, il nous serait impossible, en ce moment, de communiquer aux savans toutes nos observations locales sur les colonies et les divers documens que nous préparons depuis longtemps, pour Tillustratiou de ce phénomène dans notre bassin. D'ailleurs, s'il ne faut pas moins de 9 ans pour mûrir une oeuvre d'imagination, suivant le précepte d'Horace: nonum candatur in annuni, l'expérience nous enseigne, que la vie active d'un homme ne serait pas trop longue, pour parfaire des travaux d'observation, surtout en matière sujette à contestation ; car, chaque année apporte son conseil et sa lumière, en faveur de la vérité.

Mais, la question coloniale étant entrée dans une nouvelle phase, qui doit réveiller l'attention publique , il nous semble convenable d'exposer, d'une manière sommaire, les caractères généraux, qui distinguent les colonies, sous les divers rapports : topographiques, pétrographiques, stratigraphiques et paléontologiqnes.

Nous pensons, que ce résumé général de nos observations, appuyé sur les descriptions particulières de diverses colonies, déjà publiées, fournira aux géologues les moyens de se convaincre, que notre zone coloniale, qui offre une apparence d'étrangeté, par les alternances des faunes seconde et troisième siluriennes, doit cependant son origine à une succession de phénomènes naturels, sans l'intervention d'aucune perturbation mécanique du sol, postérieure au dépôt des formations dont elle est composée. Ils arriveront aisément à cette conviction, si, en tenant compte, d'abord, de nos observations répétées

00 i'amctoroj» géuéranx dos CViIonics.

dorant plus de 30 ans, ils veolent bien en outre, considérer, d'un côté, Tisolement relatif de la Bohême, résultant des barrières naturelles, qui l'entourent, et d'un autre côté, l'antériorité habituelle d'existence, bien constatée dans la grande zone septentrionale, pour un grand nombre de types et d'espèces, appartenant aux Crustacés, à tous les ordres des Mollasques, et aux autres classes animales.

Dans tous les cas, nous espérons que l'exposition des faits généraux et des considérations qui vont suivre, contribuera à dissiper certains préjugés, qui peuvent encore exister au sujet des colonies, et permettra à chaque savant de bien déterminer et de restreindre les limites des doutes ou objections, qui pourraient s'élever dans son esprit, relativement à cet ordre de phénomènes.

Nous appèlerons successivement l'attention sur les sujets d'étude qui suivent:

Chap. 1. Description sommaire du bassin silurien de la Bohème.

Tableau des subdivisions verticales de notre terrain, indiquant leurs élémens pétrographiques , les principaux élémens paléontologiqnes, et les localités typiques.

Chap. 2. Configuration topographique de la zone coloniale.

Distribution horizontale des colonies et des conlées isolées de trapps, sur la surface de cette zone.

Chap. 3. Comparaison des élémens pétrographiques des enclaves coloniales avec ceux des bandes: e 1— e8, de la division supérieure, et avec ceux des bandes: d 4 — d 5, dans la division inférieure.

Chap. 4. Relations stratigraphiques entre les formations coloniales et les formations ambiantes de d 4— d5.

Chap. 5. Relations paléontologiqnes entre la faune coloniale et les faunes normales, seconde et troisième de notre bassin.

Chap. 6. Relations paléontologiqnes entre la faune coloniale de la Bohême et lés faunes siluriennes, seconde et troisième des contrées étrangères.

C'aractèreH générAnx des ColonÎPR. 01

Chap. 7, Ordre de réapparition des espèces coloniales dans notre fanne troisième.

Chap. 8. Parallèle entre les espèces coloniales et les espèces des faunes normales, sons le rapport de leur durée et des variations correspondantes, observées dans leurs formes.

Chap. 9. Discussion des combinaisons stratigraphiques imaginées pour faire disparaître l'anomalie coloniale.

Transposition de la limite entre les deux grandes divisions du système silurien, en Bohême.

Etablissement d'un silurien moyen, dans notre bassin.

Chap. 10. Interprétation de Torigine des colonies de la Bohême.

Chap. 11. Résumé des études qui précèdent.

Chap. 1. Description sommaire du bassin

silurien de la Bohème.

Pour bien comprendre et convenablement apprécier le phénomène, auquel nous avons donné le nom de Colonies, il est indispensable de connaître la disposition topographique et la succession stratigraphique des divisions et subdivisions principales, qui constituent le bassin silurien de la Bohème.

Ce bassin se distingue d'abord, parcequ'il présente un ensemble à peu près complet, et ensuite, parceque sa structure, dans le sens horizontal et dans le sens vertical, offre à la fois une grande simplicité et une grande régularité. Cette structure peut-être aisément conçue, d'après les indications qui suivent et qui résument brièvement notre Esquisse géologique, publiée en 1852, dans notre Syst, Silur, du centre de la Bohême Vol L p. 57 à 99.

92 Caractères ^néranx des Colonies.

/. Forme et étendue géographique du bassin.

Notre bassin figure à pea près un ovale alongé. Sur la pins grande partie de son contonr, les roches cristallines, Granit, Gneiss etc., semblent indiquer ses limites primitiTes. Sur l'autre partie, les bords sont un peu irrégulièrement cachés, sous les terrains limitrophes, de divers âges, postérieurs à la période silurienne. Les parties du contour, qui deviennent invisibles par cette superposition, appartiennent uniquement aux formations non fossilifères, connues ailleurs sous le nom de système Cambrien.

L'axe longitudinal de cet ovale est dirigé à peu près do Nord-Est vers le Sud-Ouest. Sa longueur est d'environ 20 milles géographiques allemands, ou 148 Kilomètres.

La largeur du bassin augmente d'une manière presque régulière, en allant du Nord-Est vers le Sud-Ouest Le winimuni, au Nord-Est, ne dépasse guère 30 Kilomètres; le maximum, vers le Sud-Ouest, atteint près de 74 Kilomètres.

La surface occupée par les formations fossilifères de notre bassin est relativement peu considérable. Elle représente à peine ^^ de la superficie de la mer Adriatique. Elle est donc minime, par rapport à l'immense étendue des formations siluriennes en Amérique. Quant à la puissance verticale, les dépôts de la Bohême sont comparables à ceux de la plupart des terrains contemporains.

Dans le bassin ainsi défini, on peut aisément reconnaître d'autres bassins, à peu près concentriques, dont les contours correspondent aux limites des formations siluriennes successives, dans l'ordre des âges , et dont les diamètres se réduisent rapidement. Chacune de ces formations recouvre une formation plus ancienne, en laissant cependant, autour de sa base, un assez grand espace à découvert, pour qu'on puisse suivre chaque bassin sur son contour et établir ainsi l'identité des dépôts correspondans , sur un même horizon, de chaque côté de l'axe longitudinal.

Cet axe divise la surface de notre bassin en deux parties, un peu inégales, l'une au Nord-Ouest et l'autre au Sud-Est.

Caractères généraux des Colonies. 93

//. Direction et inclinaison des couches.

Dans ces deux parties, la direction des couches reste à peu près constante, quoique on observe diverses variations locales. On peut admettre, que la direction moyenne est: Est+ 15"-Nord, prise à la boussole.

Abstraction faite des perturbations locales, Tinclinaison des couches, dans chacune des deux moitiés du bassin, plonge vers Vaxe principal. Cet axe peut donc être considéré comme synclinal, par rapport à l'ensemble de notre terrain.

Cette circonstance tend à compléter Tidée de bassin, ou de nier intérieure, que fait naître la forme géographique indiquée. Nous ne supposons pas , que ce bassin fût entièrement fermé, mais, nous ignorons en quels points avaient lieu les communications avec les autres mers siluriennes, contemporaines. Dans tous les cas, l'isolement relatif, si non absolu de la mer de Bohême, dérivant de l'existence de barrières naturelles, c. à d. de la ceinture saillante de roches cristallines, que nous voyons encore aujourd'hui sur son contour, a dû puissamment contribuer aux apparences insolites du phénomène colonial.

///. Ordre de succession verticale.

Les formations qui constituent notre bassin sont superposées d'une manière évidente, dans le sens vertical. Cette superposition a lieu en stratification concordante, pour toutes nos formations fossilifères; les seules qui doivent être prises en considération dans ce travail.

Les divisions et subdivisions principales, que nous avons établies dans la série verticale de nos formations, sont fondées à la fois: sur l'ordre de leur superposition; sur leurs caractères pétrographiques et sur leurs caractères paléontologiques. Ces caractères concordent généralement dans leurs variations simultanées.

94 Caractères généranic des Colonies.

Par suite de circonstances parement locales, et propres à la Bohème, nos deux divisions générales se distinguent dans leur ensemble, par la nature minérale de leurs roches.

La division supérieure est composée presque uniquement de formations calcaires. Les schistes et les quartzites y paraissent d'une manière très subordonnée.

La division inférieure , au contraire , est en partie composée de conglomérats, et principalement de schistes et de quartzites, offrant des apparences et des proportions très variées. L'élément calcaire n'est représenté dans toute cette division que par quelques sphéroides isolés.

Malgré ce contraste, nos deux divisions générales correspondent, de la manière la plus satisfaisante, aux deux divisions que l'illustre fondateur du Système Silurien, Sir Rodérick Murchison, a originairement établies, dans la contrée typique d'Angleterre. Il est clair, que cette correspondance ne saurait être fondée sur les caractères pétrographiques , naturellement différens dans chaque contrée. Elle repose uniquement sur les caractères paléontologiques des faunes générales, représentées dans chacune de ces deux divisions.

Nous distinguons:

dans notre division supérieure 4 étages: E — ¥, — <■ — H, dans notre division inférieure 4 étages: A — B — C — D.

L'ordre alphabétique indique la superposition de ces subdivisions principales.

Dans chacun des étages fossilifères, nous établissons des subdivisions de troisième ordre, que nous nommons: hcmd^.

A partir de la base cristalline, au dessous de notre terrain les deux étages inférieurs: A — B sont composés de roches sémi-cristallines , ou de conglomérats. Nous n'y connaissons aucune trace indubitable de la vie organique. C'est le sens du nom de: Etages Azoiques, que nous leur avons donné, suivant la nomenclature adoptée par Sir Rodérick Murchison, en Angleterre. Ce nom n'a jamais signifié, que ces dépôts étaient antérieurs à toute apparation de la vie animale sur le

Caractères généraux des Colonies. 95

^lobe. Nous avons nettement établi le sens de cette dénomination, dans notre communication sur le terrain silurien du centre de la Bohême, faite à la société géologique de France, le 13. janvier 1851. (Bull Sér. J2. T. VIIL p, 150).

Tous nos autres étages: C — D — E — F— G — H, sont fossilifères. Le tableau suivant indique, non seulement pour chacun d'eux, mais encore pour chaque bande, les élémens pétrographiques, les principaux caractères paléontologiques et les localités typiques.

Les étages et les bandes sont disposés sur ce tableau, d'après leur ordre naturel de superposition.

On remarquera, que notre division inférieure renferme deux faunes générales, distinctes, que nous nommons:

II. Faune seconde, dans l'étage D. I. Faune primordiale, dans l'étage C.

Au contraire, notre division supérieure est caractérisée par une seule faune générale, que nous nommons:

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