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Llandovery supérieur

Nous devons appeler l'attention sur la position du Llandovery supérieur, dans la série silurienne, en Angleterre.

Pendant longues années, c. à d. depuis la publication des Memoirs of fhe GeoL Survey III ^ en 1866, jusqu'à celle du Discours anniversaire prononcé par M. le Présid. Etheridge, le 18 Février 1881, nous avons été, comme la plupart des géologues, dans l'opinion, qu'on pouvait tracer une limite naturelle, quoique un peu arbitraire, entre le Llandovery inférieur et le Llandovery supérieur, pour séparer les grandes faunes seconde et troisième, en Angleterre.

Cette opinion se fondait, avec beaucoup de vraisemblance, sur les documents présentés par Salter, au nom du Grol. Survey dans le Vol, III, que nous venons de citer.

En effet, en étudiant ces documents, on trouve, sur les jp. ^31 et ^7^, les principaux fossiles du Llandovery inférieur. On remarque avant tout parmi eux le grand nombre d'espèces communes entre cet étage et le Caradoc. On reconnaît aussi la présence de Trimicleus conccfitriais^ dans le Llandovery inférieur.

— If) —

Au contraire, le tableau p. 359^ présentant une semblable série d'espèces, qui caractérisent le IJandovery supérieur, nous montre des connexions beaucoup moins prononcées avec la faune du Caradoc. On cherche en vain, parmi les Trilobites, un survivant du genre Trinucleus. A cette époque, il paraît que l'existence de ce genre dans le Llandovery supérieur, était complètement ignorée.

L'importance de ces contrastes entre les faunes partielles du Llandovery inférieur et du Llandovery supérieur est grandement augmentée par l'existence d'une discordance stratigraphique bien constatée, entre ces 2 subdivisions de la série verticale.

Tels sont les motifs qui ont dû dominer dans notre esprit et qui nous ont entraîné à nous exprimer dans les termes qui suivent, devant le congrès international de géologie, réuni à Paris en 1878:

„Maintenant tous ceux qui ont lu la Siluria de Murchison, savent qu'au-dessus de ces faunes (primordiale et seconde), considérées dans leur ensemble, il y a un groupe divisé en 2 parties, qu'on appelle Llandovery inférieur et Llandovery supérieur. Ce groupe ayant été bien étudié, on a reconnu que, dans sa partie inférieure, il contient principalement des espèces de la faune seconde, tandisque, dans sa partie supérieure, il renferme des espèces de la faune troisième en majorité."

„ Avant moi, divers géologues ont déjà dit, qu'on pouvait admettre comme limite entre les faunes seconde et troisième, l'horizon qui sépare les 2 subdivisions du groupe de Llandovery."

„Cette ligne de séparation me semble très convenable." (Comptes-rendus sténograph, du Congrès internat, de géologie, p, 104.)

Aujourd'hui, nous ne pouvons plus soutenir cette opinion, parceque la lumière vient de se faire dans la science, par les documents exposés dans le Discours anniversaire de M. le Présid. Etheridge, 18 Février 1881.

Nous nous bornons à citer quelques passages de ce discours, qui nous montrent, d'une manière très distincte, la véritable nature de la faune du Llandovery supérieur et ses connexions jusqu'ici imparfaitement appréciées avec la faune du Llandovery inférieur et par conséquent aussi avec la faune du Caradoc.

Sur la p, 151 nous lisons:

,,En considérant la connexion intime entre les faunes du. Llandovery supérieur et celles du Llandovery inférieur, nous sommes induit à supposer^ que le temps durant lequel s'est opérée la discordance stratigraphique qui Us sépare^ n'a pas été d'une durée assez longue pour causer^ soit V extinction^ soit la migration de la faune la plus ancienne^ soit l'introduction, d'wne faune nouvelle,''

Pour montrer l'importance de cette considération, M. Etheridge la fait remarquer comme nous par des caractères italiques; puis il continue, comme il suit:

„Seulement 4 genres nouveaux semblent avoir apparu; car nous avons vu que le Llandovery inférieur a transmis au Llandovery supérieur 45 genres et 104 espèces de sa faune, composée de 68 genres et 204 espèces."

Sur la p, 15J2^ le même savant ajoute:

„Nous sommes étonné de reconnaitre que, parmi les 261 espèces connues, dans le Llandovery supérieur, 136 seulement constituent réellement sa faune. Le fait de la présence de 104 espèces provenant du Llandovery inférieur suffit pour unir ces deux formations en une seule, c. à d. en un groupe silurien moyen ^ en abolissant les termes inférieur et supérieur/*

Plus loin, sur la p. 155, M. Etheridge, passant en revue toutes les classes ou ordres de fossiles du Llandovery supérieur, constate parmi ses Crustacés la présence de 10 espèces de Trilobites, qui avaient préexisté dans le Caradoc et dans le Llandovery inférieur. .

Au nombre de ces espèces, se trouve encore Trinucleus cancentrictis, sur lequel nous appelons l'attention.

M. Etheridge fait remarquer à cette occasion, que les Crustacés rendent encore plus questùmtuMe la valeur du Llandovery supérieur, comme groupe paléontologique distinct.

D'après ces faits, et malgré la discordance stratigraphique qui sépare les 2 subdivisions du Llandovery, dans la région typique, M. Etheridge propose de les réunir en une seule, ainsi que nous venons de le constater, sous le nom de groupe silurien moyen.

M nous semble que ce savant avait dit plus heureusement auparavant:

„Le Llandovery inférieur, le membre le plus élevé de la formation de Bala" . . & , .

Nous ajoutons, que nous ne connaissons aucun motif suffisant pour séparer ce membre de son corps principal.

En somme, malgré la discordance stratigraphique entre les 2 subdivisions du Llandovery, il est évident que les con: nexions paléontologiques du Llandoverj' supérieur rattachent sa faune à celle du Llandovery inférieur et du Caradoc, c. à d. à la faune seconde, plus intimement qu'au groupe de Wenlock, qui est superposé, c. à d. à la faune troisième.

D'après cette considération prédominante à nos yeux, et sans rétablir un silurien moyen, qui ne s'est pas maintenu et qui serait un nouvel embarras dans la nomenclature, il nous semble que la combinaison la plus simple, pour établir l'uni* formité entre la série silurienne d'Angleterre et la série cor-

respondante dans la plupart des contrées, serait d'incorporer les 2 subdivisions du groupe de Llandovery à la division du silurien inférieur de Murchison, c. à d. à la faune seconde.

Par cette combinaison, la nomenclature générale serait simplifiée et elle aurait surtout le grand avantage d'être débarrassée des erreurs inévitables, qui résultent de Temploi des termes : camhrien supérieur = ordovician.

En effet, sous chacun de ces noms, on admet également une faune seconde tronquée au sommet et pour ainsi dire décapitée.

On place au-dessus un système (psetido-) Silurien, renfermant, il est! vrai, la faune troisième dans sa partie supérieure, mais traînant à sa base un lambeau hétérogène, arraché au sommet de la faune seconde.

Une semblable nomenclature, présentant des divisions principales, stratigraphiques, en discordance avec les grandes faunes, est évidemment en arrière des progrès de la science actuelle.

En effet, cette nomenclature est en pleine contradiction avec la tendance générale et très prononcée de la géologie, qui s'efforce aujourd'hui de déterminer chaque zone stratigraphique par un groupe d'espèces, ou même pai une espèce unique.

Cette tendance a été poussée jusqu'à sa limite extrême par M. Lapworth, qui nous enseigne que, „parmi les Graptolites, aucune espèce, ni même aucune variété n'a apparu dans une contrée, avant d'apparaître dans une autre." (^Voir cidessus, p. 2.)

Nous rappelons que ce savant, dans le remarquable mémoire, destiné à établir sa nomenclature avec le système Ordovicien et le système (pseudo)'Sïluncn, a écrit des passages très bien pensés, sur l'indépendance des 3 grandes faunes siluriennes, en reconnaissant la grande utilité qu'elles présentent pour la

classification de la série verticale. (On the tripartite Classification of the lower JPàlaeo^. Rocks. — Geol, Magae.^ p. 1, January 1879,)

Cependant, se laissant entraîner par des considérations, qui ne nous semblent pas de nature exclusivement scientifique, M. Lapworth a subitement perdu de vue Tindépendance et Tintégrité de ces 8 grandes faunes. En fondant les systèmes Ordovicien et (j?sciido-^ Silurien, il est devenu Tun des promoteurs principaux de la double erreur d'une faune seconde, mutilée au sommet, et d'une faune troisième, irrationnellement associée à une base de nature hétérogène.

Par son origine historique, cette double erreur a droit à notre indulgence et nous dirions presque à notre respect. Elle remonte à un savant, dont personne n'apprécie les mérite 3 plus hautement que nous. Mais, notre illustre et vénérable maître, Sedgwick, ne possédait ni les connaissances, ni les convictions paléontologiques, qui commandent aujourd'hui nos principes, en ce qui concerne la nomenclature. S'il était encore parmi nous, nous sommes convaincu, que sa sincérité l'emporterait sur toutes les autres considérations, et surtout sur les considérations personnelles, pour le porter à modifier son groupement de la série paléozoique.

Nous espérons que les savants, qui croient défendre les droits historiques de l'un des plus grands géologues de l'Angleterre, comprendront comme nous, que vouloir propager ses erreurs et les transmettre aux générations futures, par la classification, serait rendre un funeste service à l'illustration de son nom.

Sootion O.

Seconde Catég^orle.

Graptolites coloniaux de Bohême, qui existent en Angleterre et en Ecosse.

1870. Dans notre Défense des Colonies, IV, p. 131, nous avons admis, que les 7 espèces suivantes, existant dans nos colonies en Bohême, se trouvaient aussi en Angleterre, dans la faune seconde.

En reproduisant leurs noms, nous citons les autorités, auxquelles nous avons emprunté nos documents.

Horizon

Espèces

indiqué en

Auteurs

Angleterre

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