DISCOURS D'OUVERTURE
JlLn jetant mes regards sur cette assemblée , si différente de celles qu'on voit ordinairement se former dans nos temples , il m'est impossible, Messieurs, de me défendre de cette pensée , que , parmi mes jeunes auditeurs, il en est sans doute qui, trompés par un philosophisine mensonger, n'ont sur la reliyion qua des idées vagues on fausses; qui, peut-être même, ne voient que des préjugés populaires dans les vérités l< s plus importantes et les plus sacrées. O! combien les temps et les esprits sont changés! Que nous sommes loin des sentimens de nos ancêtres, et de leur pieuse docilité! Jadis, le Fiançais, plein d'honneur, plein de foi, et loyalement chrétien, avoit la noble franchise d'avouer ses torts; et toujours il respectait la religion, lors même qu'il avoit la foiblesse d'en violer les préceptes. Si trop souvent ses inouïs n'étoieut pas aussi pures que sa foi , s'il vouloil allier le christianisme avec les plaisirs , la dévotion avec la mollesse , du moins il ne cherchoit pas à justifier ses désordres par des blasphèmes; son cœur pouroit être séduit, mais i. 1
chement qu'il pouvoit
. il ne
cectir ;
cil II1S '! : 1 Iti-
vinité, | ma son;
iui> m .
m n li \ ii e, nous soiiini.
rable u ouver que la vertu n'< si pas m.c
chimèn i li doctrine > Indienne ,
nous soi ■ . ■ i «li plai-
ili r la i :. [ion devant
ii .it autrefois les Origèm el les Terliillien dev uit li s Juifs elles] iîi n~. si - cnm mis < > n . de noj jours, elle a été, plus que dans tout ai un- teiu| quée . ment aux pieds ; lea
tintes sont tombées dans l'avilissement; la piété de nos pires t si devenue un objet de dérision pour leur postérité, l'imp'u lé est descendue jusqu'au peuple . et lis ( onipagnes i a sont infei téea comme Us
i uxqui,parleui défaut d'instrui ti devro eut
être li s plus doi des, se montrent quelquefois li s jil « opiniâtres dans leur révoli outre le cul.
chei «ut, li n irance a tout l'orgueil «.lu savoir, et le
I) Cl'VERTL'BE.
ministre de l'Evangile a la douleur de rencontrer, même parmi le peuple, des âmes non-seulement égarées , mais endurcies contre la vérité.
Ces réflexions ont je ne sais quoi de triste et de décourageant pour les orateurs chrétiens. Quel espoir avons-nous de ramener sous les drapeaux de la foi un peuple de déserteurs? et que peuvent tous nos efforts contre les débordemens de l'impiété? Messieurs, le niai est grand , très-grand, sans doute : mais faut-il donc le regarder comme incurable? et pourquoi cette main divine, qui a retiré la France du plus profond des abîmes, n'aclicveroit-elle pas son merveilleux ouvrage?
C'est ici surtout , c'est au milieu de vous , Messieurs, que je dois concevoir de douces espérances. Que vois-je, en effet , dans cette enceinte? Une nombreuse et brillante jeunesse , qui, à la voix de la religion, se réunit dans le lieu .saint, s'arrache à la dissipation du siècle, cl pour un temps à des études profanes , se presse autour de la chaire évangnique pour nourrir son esprit et son cœur des vérités religieuses et morales : spectacle singulier et consolant tout ensemble, qui porte a croire que tout n'est pas perdu pour la foi dans notre patrie , que le feu sacré n'y est pas éteint , et qu'il peut s'y rallumer encore avec une activité toute nouvelle. Si trop souvent le jeune âge est L'époque des passions orageuses et des plus tristes naufrages, c'est aussi le temps de la franchise , des sentimens généreux ; ('est l'époque de la vie où les cœurs, plus sensibles à la vérité, sont plutôt déserteurs qu'enne- I < vertu : heureux si, par notre ministère, nous
de 3*3 préc ipiter.
ts pu li( uJ.ii
.- . h. pu^ i rayons devoir, dan préliminaire, en Esdi le motif, le lut et
la forme.
Toi - l nanans, ennemis de la r< li^ion 1 1
trouve partout i et de 1 ;i~ li -
lieux. Oi i Dii u
et contre les honui - : si u'. un .■: il arrive di
i , par l'inlli: ; u ti< u-
i ce li vain «le comi| . mi nte
avec plus d'activité, et fait de plus grands : Je reconnois que , sm la fin <lu règne de Louis-lc- Grand . les esprits avoient plus d< penchant qti ravant vers les nouveautés hardies et funestes; penchant que facilitoit l'état memi la civilisa < [fi i . la culture de l'« sprit, d« ^ nue plus unii multiplia ces demi- lumièi • qui font apercei il 1 i difficultés sans dounci la force di • , et en
e il tant la vanité d'il ut nation naturellement si vainc, tendit à la rendre plus indoci I pi ^ris des sciences, des arts, de l'industrie, pi itèrent dans les caiactci . i une ii l< li. "i' . dans 1. ^ hal itndes de la < ie une sensualité, ip<i rendirent 1. s ht mines plus impatiens
L ITYKRTCRE. 5
du joug des vérités salutaires; et l'éjlicurisme des mœurs prépara celui des opinions. Déjà antiques écrivains étrangers ou nationaux étoieilt venus flatter il uis les ames cet amour secret de l'indépendance. Aussi Fénelon nous apprend , dans ses discours (1) , qu'il avoit l'oreille frappée d'un bruit sourd d'impiété; et Leibniz , qui vovoit de si haut et si loin devant lui , étoit alarmé de je ne siis quel esprit pervers qui commencent à se répandre, et qui, s'il n'étoit pas arrêté , devoit amener des catastrophes (2).
Toutefois il est bien certain qu'à cette époque les mauvaises doctrines étoientloin de former l'opinion dominante des classes supérieures et éi lairées de la société. On sait que les idées et les sentimens d'une nation et d'un siècle se retrouvent dans les auteurs contemporains ; et c'est ainsi , comme l'a dit un grand écrivain de nos jours , que la littérature est l'expression de la société. Or en général, sous le règne de Louis XTS , tout ce qu'il v a voit de savans , de philosophes , de moralistes, de poètes, d'orateurs, d'écrivains illustres, portoit à la religion le respect le plus profond ; partout leurs 1 - 'lu publie , nom > issoieni , fortifioient l'amour de l'honnête et du beau ; et la France se trouvoit universellement s;iine , et forte de principes et de croyance. Même les plussolidl s productions de l'esprit n'étoiint pas sans attrait pour le sexe le plus frivole; et l'on sait avec quelle avidité, cette femme que s«s Lettres ont rendue immortelle, alloit écouter le grave
(1) Sirm. pour lo jour •! l'Epiph mie , 2' part. (a) Knur. Estais sur l'entend, humain, pi,;. 4'9 et suiv. s . Uhd. I | >.;. xiv et suiv.
DUCOOtt