DE L'EXISTENCE DE DIEU
rie? et ne diricz-vous pas avec raison : Vous nie parlez de lois, d'usages, de changera ens, de révolutions, pour m'expliquer l'état actuel de
la France; mais enfin en remontant d'âge en âge, de générations en générations, ne faudra- 1— il pas aboutir au berceau de la nation française , à des individus, à des êtres pensans, intelligens, prévoyans, qui aient fondé, policé, gouverné la nation? Oui sans doute. De même, Messieurs, dans le monde physique, supposez tant que vous voudrez des soleils qui s'éteignent et des soleils qui s'allument, des chocs et des houleversemens dans la nanature , des mondes nouveaux sortant des débris de mondes anciens; bâtissez des systèmes sur les liaisons et les progrès de transformations successives; il faudra toujours d'effets en effets, de pliénonv'rv i -:N phénomènes, remonter à un régulateur antérieçv' à toutes ses combinaisons. Qu'on prolonge indéfiniment la chaîne de êtres , il faudra bien arriver au point fisc qui la tient suspendue. Dans la nature comme dans la société il existe*1 >icn des lois d'après lesquelles tout marche et se soutient; mais dans la nature comme dans la société la législation suppose un législateur.
LR L'ORDRE DE LA NATURE. L'-j
Pour se passer de 1 intervention de la cause intelligente, voudroit-on se prévaloir de cette parole célèbre de Descartes : ce Donnez -moi » de la matière et du mouvement, et je ferai » un monde?» mais depuis quand l'hyperj d'un esprit qui s'exalte doit-elle passer pour une vérité rigoureuse ? mais Descartes ne disoit pas que le monde se feroit de lui-même ; ii disoit : ce Je ferai un monde, » il se proposoifc pour régulateur du mouvement et de la matière, et par là même il faisoit intervenir un être intelligent. Mais il est bien reconnu que Descartes étoit d'ailleurs un très-sincère adorateur de la Divinité; mais Descartes s'est amusé aussi à faire un monde, et l'on sait comment il a réussi; son système n'a plus un seul partisan. Ses tourbillons se sont dissipés comme une vappjn^ légère ; avec tout son génie, il a^^le sort de tous les fabricateurs de mondCsanciens et nouveaux; il s'est évanoui dans ses pensées.
Ainsi rien ne dispense de recourir à. la cau^e intelligente.
Or, que cette cause intelligente soit Dieu, cela ne demande aucune discussion. La question agitée en ce moment entre les athées et
DE L EXIST] NCE DE DIî.l ,
nous , c'est de savoir s'il n'existe pas un être distingué de ce monde et qui en aitélé l'ordonnateur. Que si cet être existe réellement , les athées conviendront sans peine que, pour avoir disposé si merveilleusement toutes l; s parties de cet immense univers, il lui falloit une intelligence, une puissance, une sagesse, une prévoyance qui surpassent toutes nos pensées, que ses perfections doivent être sans bornes, qu'il est l'être pafrait, en un mot qu'il est Dieu.
11 reste donc établi qu'il y a des notions d'ordre et de beauté répandues dans tous les esprits, que d'après ces notions chacun sent très-bien qu'il y a de Tordre dans ce monde visible, qu'on ne peut expliquer cet ordre que par l'action d'une cause intelligente qui est Dieu : donc il y a urvDie1 • JV oilà la chaîne dont on ne peut rompre un seul -^ueau. Je sais très -bien qu'on peut faire des argumens contre ces vérités, comme l'on en fait aussi contre l'existence de la matière, de l'étendue et du mouvement; mais, heureusement j our le repos du monde, les preuves de l'existence de Dieu sont sensibles à tous , tandis que les sophismes des athées sont pris d'une meta-