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Défense du mandement de Mgr. l'évêque de Montréal [microforme]

gien et ses ministres, nn pouvait croire qu’ils s’élèveraient contre le Mundement de l’Evèque de Montréal, qui ne leur laisse aucun faux-fruyant, aucune échappatoire, pour soutenir leurs principes d’anarrhie, et coutinuer en même temps à se dire catholiques L'Évèque ne s’est pas amusé à combattre les rêves métaphysiques de lPAdresse des Fils de la Lüberté, ni la Déclaration des six comtés confédérés, qui ne renferment que des avancés sans preuves, aussi faciles à nier qu'à affirmer: mais il a mont:é en peu de mots à son peuple qu’il test permis en conscience à aucun catholique'de se 1évolter contre le gouvernement établi en ce pays; que ce n’est pas là sa simple opinion particulière,mais aussi le jugement du St. Siége, joint à celui de tout le corps épiscopal répandu dans lPunivers ;

et que ce jugement ‘est fondé sur la parole de Dieu, telle.

qu’entendue et interprétée par Église enseignante. D’où resulte cette conclusion rigoureuse contre messieurs les agitateurs : ou cesrez de vous dire ratholiques, ou renonvez aux maximes de révolte contre le gouvernement civil, que vous avez déjà commencé à mettre à exécution—Par là du moins, vous ne tromperez plus vos compatriotes muins instruite, à qui plusivurs ont fait accroire qu'il e’agissait de combattre pour notre religion contre les Anglais ; et vous-ne feindrez plus d’appurtenir à une religion dont la plupart d’entre vous avaient déjà abandonné Îles pratiques les plus distinctives, avant de vous séparer de la doctrine de l’évêque et de son clergé. Car vous Le sauriez avoir da communion avec l’église catholique que pur

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ÿ votre évêque, uni de doctrines avec le Siége Apostolique, etpar lui avec les évêques orthodoxes répandus eur toute la terre. Si donc vous rejetez leurs enseignemens, vous n'êtes pas dans l’église; vous n’êtes plus au nombre de

ses enfans,

Les iadicaux cent senti que ce coup serait mortel à leur parti, à cause des sentiments religieux, prefondément enracinés dans les cœurs de la masse du peuple :. c’est pour cela qu’ils ont cherché à le cémoraliser, et à lui rerdre sa religion odieuse, en lui inspirant du mépris pour ses prêtres. ‘Îls ont traité de momeries ses pratiques et son culte : ils ont prêté des motifs intéressés et sordides aux ministres de la religion, quand is les ont vu prêcher À leurs ouailles l’obéissance à ln loi, que les biouillons avaient dessein de renverser. Les prêtres avaient assez montré leur amour pour la pâtrie; par l’encouragement constant qu’ils avaient donné à l’éducation, par leurs aumônes abondantes versées dans le sein des pauvres, par tous les genres d’établissemens utiles qu’ils ont füits ou soutenus à lu gloire de leur pays, pour que les révolutionnaires mêmes aient été souvent forcés de leur rendre justice sur tous ces points. Mais la suite a prouvé qu’ils n’agissaient ainsi que pour flatter le clergé, dans l'espoir de Île gagner à leur parti, en se donnant eux-mêmes pour des hommes religieux.

Cependant il fallait bien du moins avoir l'air de répondre au Mandement ; et comme on ne pouvait essayer même à effleurer sa doctrine, fondée sur lécriture et la tradition perpétuelle de l’église, on a tâché de donner ie change au peuple en lui insinuant que la question de la fidélité ou de la révolte ne regarde pas le clergé; que les principes de politique ne tornbent point sous le domaine de la religion ; que les pasteurs n’aiment pas leurs ouailles, puisqu'ils ne s’unissent pas à elles dans ce qu’on appelle la cause commune, Quoi! ces questions ne regardent pas le clergé ? Est-ce quo les prêtres doivent être des 1lotes dans leur propre pays ? est-ce qu'ils ne forment pas.un corps éclairé, capable de donner une opinion pour le moivs aussi sensée que celle de la plupart des hommes qui conduisent les masses? est-ce qu’un curé, dans sa

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Paroisse, n’ést pas ordinairement plus en état, par ses connaissances, de raisonner judicieusement sur les matières politiques, que la plupart des Notaires, des Médecins ou des Marchands de campagne ? Où est donc cette prétendue liberté de. penser, de parler, d’imprimer, que vous vantez si souvent, mais que vous ne voulez que pour vous seuls ? Maïs, comment ose-t-un dire, que ce qui fait dans la politique la base de la société, ne concerne pas la morale, et la plus haute morale? Ne voit-on pas évidemment que, comme la morale, qui n’a d’autre fondement solide que la religion, règle les devoirs mutuels des époux, des parens envers leurs ecfans, et des enfans envers leurs parene, des maîtres à l’égard de leurs serviteurs, et des serviteurs à l’égard de leurs maîtres ; ainsi doit-elle. également prescrire les obligations réciproques des autorités politiques avec leurs sujets, bien plus importantes pour le bonheur général de la société civile, que les devoirs relatifs de quelques particuliers entr’eux ? Quel père s’est jamais plaint que son curé se mélât des affaires de son ménage et de sa famille, parce qu’il obligeait .son fils à l’obéissance envers ses parens ? Mais, sans de longs raisonnemens, la question est décidée par le fait. L'écriture sainte, expliquée par tous les pères de l’église, a prescrit tres au long les devoirs des sujets à l’égard de leur gouvernement 3 elle a défendu la révolte, sous quelque prétexte que ce soi’, contre la puissance établie. Or Dieu, Pauteur de nos livres sacrés, savait apparemment ce qui est de sa compétenceet de sa juridictien : donc nier la doctrine enseignée dans le Mandement, d’après les textes les plus clairs de la parole de Dieu, c’est renoncer, je ne dis pas au catholicisme, mais encore au christianisme, puisque c’est rejeter la sainte écriture.

Les prêtres, dit-on, ne sont pas attachés à leur troupeau, lorsqu'ils le contrarient dans ses mesures, ou plutôt dans les attentats de ses meneurs contre Île gouvernement.—Eh ! c’est précisément en cela qu’ils lui montrent un attachement sans bornes, puisqu'ils aiment mieux risquer de lui déplaire, que de manquer à lavertir, quand ils le voisnt se précipiter duns l’abyme. Nest-ce pas lui témoigner un amour héroïque, que de s’exposer à l’avimadversion des flatteurs du peuple, pour re pas lui cacher la vérité? Les flatteurs du peuple sont bie

autrement dangereux que les flatteurs des rois, parce qu'ils ne Cajolent la multitude que pour la tyranniser ensuite, et la plonger dans tous ies malheurs de Panarchie. Qui ne sent qu'il vaut mieux avoir un tyran, que de les avoir par centaines ? Mais qui est-ce qui conscle le peuple dan: ses peines ; qui le soulage dans ses misères ; qui le nourrit de la parole de Dieu; qui le relève de ses chutes, quand il est dans le péché ; qui le fortifie par les sacremens ; qui le dispose au grand passage de l'éternité ; qui, dans toutes les circonstances de la vie, dens le choléra asiatique comme dans toutes les autres maladies contagieuses, depuis le berceau jusqu’à la mort, prend soin du peuple comme d’un enfant chéri ? Ne ront-cepas ses pasteurs ? Que lui ont fait au contraire, et que lui feront ceux qni le flattent d'une souveraineté mensongère, sinon de le jeter dans la guerre civile et dans toutes les horreurs qni laccompagnent? Même pour lesdroits politiques du peuple, n’a-t-on pas vu les pasteurs unis au troupean, quand celui-ci n’a demandé que des choses justes, et qu'il les a demandées convenablement ? Tout le clerge catholique ne marcha-t-il pas avec la population Cana-

dienne, lorsqu'on #’opposa si efficacement à la fameuse union des deux Provinces du Canada? ÂN’a-t-il pas toujours demandé, comme le peuple, le maintien de sa religion, de ses lois, de sa langue et de ses coutumes ? Honte soit donc aux méchans, qui cherchent à séparer les brebis de leurs pasteurs!

4 Oui,” s’écrie la VMincrre,.avee ce ton de maître qui lniest si familier quand elle parle d’un supérieur, «“ l’évêque a émis dans le Mandement son opinicn poli- ‘“ tique ; et il n’a recommandé l’obéissance qu’envers l’exécutif, puisqu'il uen saurait désigner d’autre par le “ nom ce Prince.” Pauvre Minerre ! assez ignorante ou etoudie pour ne pas s’apercevoir que, dans lendrait indiqué, l'évêque ne parle pas en son propre nom ; qu’il cite simplement le texte ce l’Apôtre, qui sans doute ne connaissait pas la distinction savante de l'Exécutif et de la Législature, lorsque tous les pouvairs étaient concentrés dans l'Empereur Romain ; que, dans lEciture, le mot Prince signifie la puissance qui a drait de commander, quelque soit le gouvernement établi, qu’il soit républicain ou monarchique ; que c’est à ce pouvoir constitué qu’il

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qu'ils suite, Qui Avoir dan urrit utes, ens ; dans lique 18e8, uple urs ?

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faut obéir, #nns se révolter contre lui et chercher 4 le renverser. Et d’ailleurs, selon notre Coustitution, où est le gouvernement quand les Chambres ne sont pas assemblées ? Où aller le chercher hors de PExécutif, lorsque chaque membre du Parlement est dans ses foyers, où iln’est pas plus Prince que le dernier de ses voisins ?

Mais lo Vindicator a ado;té contra le Mandemene une autre marche non moins ridicule, et plus blasphématoire contre le texte sacré. “ Certes,” dit-il dortement, ‘je suis de l’avis de St. Paul; et j’entends qu’on soit ‘ soumis aux Puissances supérieures : mais c’est du peu- ‘ ple que voulait jarler ici lAyôtie, parce que c’est la ‘6 peupla quiest la puissance au-dessus de iout.” kr là-dessus, 1l ose approuver les meurtres horribles de l’infortuné Charles 1 et du ban Louis XVI; meurtres expiés duranttant d’années par un deuil national chez les peuples qui les ont soufferts ; meurtres abhorrés par toutes les nations de univers, qu’elles fussent républicaines ou monarchiques ; meurtres enfin que l’Eglise a toujours détestés, puisque dans le Concile genéral de Constance, ele a déclaré hérétique la proposition qui permet de tuer même un tyran, et à plus furte raison nn prince légitime. Quel abus. sacrilége de la parole de Dieu, en la tordant ainsi dans un sens évidemment contraire à celui qu’elle présente à tout homme qui sait lire! Car, quoique le Docteur du Vindicator ne soit pas assurément un Docleur de PEglise, il lit assez couramment pour voir au premier coup d'œil, que la puissance supérieure dont parle St. Paul est, non le peuple, à qui il s’attribue aucun pouvoir, mais le gouvernement établi de son temps à Rome, et tousles gouveruemens qui s:'aient cons‘itués dans la suite des siècles : les mots Roi, Priac”, répétés dans les passages cités au Mandement, ne peuvent laisser aucun doute sur ceux envers qui les Apôtres ordonnaient l’ubéissanc?,

6 Oh!” ajoute le Vindicater, “ l'église est une-mère & indulgente pour ses enfans ; etle Pape a reconnu tous les Gouvernemens sortis de la révolte, aussi bien que les & autres.” Oui, Jésus-Christ a adapté à toutes les espèces de Gouvernements sa religion, qui: devait s'étendre par

toute la {erre, parce que tous les Gouvernemens sont honx quaud ils fonctionnent pour le bien commun, et qu’ils n’ont rien de æentraire au droit naturel ou divin. Ceux mêmés qui ont été le fruit d’un forfait deviennent légitimes, quand ils sont une fois solidement établis, et l’église est trop sage pour n'être pas toujours guidée par cette maxime salutaire, Sales populi suprema lex esto. Maisil ne sensuit pas .

qu’elle approuve les moyens séditieux par lesquels les gouvernemens ont été quelquefois changés : elle reconnaît +8 résultats de ces changemens quand ils sont accomplis, parce que d’autres changemens compromettraient à l'infini Je salut de l’état ; mais elle n’a jamais accepté les principes malfajsans qui- ont produit ces eflets. Néanmoins, il n’y aura jamais qu'un mauvais cœur d'enfant, qui puisse dire avec le Virdicator : Comme j'ai une bonne mère, facile ‘ à pardonner mes fautes, j'en p'ofiterai donc pour la “ contrister davantage, et pour transgresser ses ordres plus “ audacieusement."”?

# Mais,” reprend le Vérdicator, “ les chrétiens de la “ primitive église ne s’abstenaient de la révolte, que parce “ qu’ils étaient trop faibles pour l'essayer.” Fausseté insigne, refutée par Tertulien lui-même et par l’Encyelique du Pape. % Oui,” disait aux Magistrats le célèbre Apologiste, % nous remplissons tou‘, vos villes, ‘vos îles, vos “ châteaux, vos bourgades, vos conseils, vos camps, vos “ tribus, vos décuries, vos palais, le Sénat, le Forum ; nous “ ne vous laissons que vos temples” (Apolog. Ch. 37.) Et qui oscrait dire qu’une troupe de six mille six cents soldats aguerries, telle que la Légion Thébaine, n’aurait pu vendre bien chèrement sa vie, si elle eût voulu résister 2? Au reste, on ne doit pas plus se fier à l’érudition du Vindicator, qu’à la citation vague qu’il fait de l’illustre Irlandais ‘Burke, lorsqu'il le donne comme faunteur de la révolte $ tandis que ce grand homme emploie une partie de ses Réflexions sur la Révolution Française à pulvériser les tois propositions erronées du Dr. Prince: que le peuple anglais a droit de choisir ceux qui le gouvernent, de tes renvoyer pour mauvaise conduite, et de se faire un gou-

verñement à su guise.

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Cette fausse citation me rappelle que le Vindicator a souvent pr'ôné l’union du clergé d’Irlande avec ses ouailles sur les affaires politiques, et qu’il a surtout loué le Dr. McHale, archevêque de Tuam en Irlande, comme trèslibéral sur ces nratières. Or, voici ce qu’on lit danse 2e. volume des Catholic Evidences du Dr. McHale, depuis page 79 jusqu’à 86. % L’église Catholique, cette avocate ‘ dé la paix et de l’ordre, ne sanctionnera jamais une doctrine qui, au lieu de donner quelque stabilité au gouver- “ nement, boulverserait perpétuellement les plus férmes ‘6 monarchies de l’Europe. L’église donne à tont gouvernement établi le secours de la sanction divine : elle condamne sans équivoque la violence ou application de la ‘6 force physique de la part des sujets. Le succès le plus splendide, qui pourrait couronner une rébellion, ne sau- “ rait jamais justifièër la transgression du devoir, par “ laquelle ce succès est atquis. Les saints Papes Sym- ‘ maque et Grégoire le Grand, en s’adresant aux Empe-

reurs, parlént du droit divin qui les a rendus tels. L’ordre de Ia société vient de Dieu : celui donc qui trouble cet ordre, résisté à lordonnance du Tout-Puissant. Il doit y avoir, dans chaque état, une autorité suprême ét absolue. ans un pays libre, la monarchie peut être limitée par la Constitution : il y à pourtant toujours dans cet état une autorité absolue, à laquelle il est défendu dé résister ; et céfte autorité réside dans le gouvernement, y compris l'Exécutif ét la Législature. Le balancement des pouvoirs dans la Constitution ne peut jamais annuler les obligations dé l’obéissance. Léglise est ennemie des révolutions.” Mais en voilà assez surle prétendu libé ralisme de l’archevêque de Tuam.

Personne ne sera dupe de la fable inventée par la Minerve sur le voyage de l’évêque de Trimesse à Québec, entrepris, dit-elle, pour combiner le Mandement avec lord Gosford ; tandis qu'il est notoire que Sa Grandeur y est descendue pour la consécration du nouvel érèque de Charlotte-Town, qui était venu l’en prier. Îlen est de même des autres Calomnies conre le clergé, et particulièrement des vues intéressées qu'on lui prête en ce moment ; en sorte qu'il est parfaitement inutile winsister là-dessus. Tout cela prouve seulement le mépris que çes

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i-disant catholiques cherchent à déverser sur leura par: teurs, leur haine contre la religion qui ne saurait approuver leurs mouvémens révolutionvaires, et leur habitude de juger des autres par eux-mêmes, qui se sentent incapables v’agir autrement que dans des vues intéressées : inaie aussi tout cela duit ouvrir les yeux à notre bon peuple, en lui montrant uù veulent le mener ces hommes, puisqu'ils tâchent de l'enlever à sa religion avant de le *“oustraire à l’ordre civil; parce qu’ils savent bign qu'ils rendront aisément traîtres à leur roi ceux qu’ils auront taits infidèles à leur Dieu. Quant à l’érîque qui, pendant plus de quinze ans, a | A presque à ses seuls frais, Je district de Montréal, il est visible que si l’intérêt temporel était son but, il aurait plus à perdre qu’à gagner en femplissant aujourd’hui son devoir comme évêque et comme citoyen: mais il attend d’autres récompenses que celles de ce monde. Tout ce qu'il n’a paru désirer ar-

. demment est que la peuple chrétien, dans une matière

si importante pour son salut éternel, ne se laisse point emporter à tout vent de doctrine, en fuyant. la voix de ses pasteurs, et qu'il ne perde jamais de vue que, depuis la publication du Mandcment, il n’y a plus moyen de se faire illusion ou de s’excuser sur la bonne foi, relativement au devoir d’un catholiqne à l’égard de Ja puissance séculière, parce que c’est -un cas de conscience sur lequel l’église s’est prononcée clairement, comme elle a droit de le faire dès qu’il s’agit de la morale chrétienne, puisque tout ce qui concerne les bonnes mœurs est de son 1essort, d'après linstitution de son divin fondateur.

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