‹ Déformations du col vésical: dans l'hypertrophie prostatiqueChapitre 23 sur 40 · L. Fe À · texte numérisé non relu

L. Fe À

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dans le délire, et sans autre renseignement que l'impossibilité où il se trouve de pisser ; figure pâle, bouffie. Nons ne constatons pas de globe vésical bien net de matité à ce niveau. Le cathétérisme avec une sonde à béquilles de moyen calibreestimpostible et amène des hématuries. Avec les conducteurs Maisonneuve, nous passons facilement, mais le malade se débat et parait souffrir beaucoup.

Nous retirons du sang mélé d’urine à odeur ammoniacale très prononcée et de consistance épaisse. Nous avons donc affaire à une vessie petite, infectée et très douloureuse.Devant cet état de délire et d'affection urinaire grave, M. Bérard, chef de clinique, décide une intervention immédiate et pratique la cystostomie. On anesthésielégèrement le malade à l’éther à cause de la trop grande sensibilité de la vessie, Pour distendre l’organe, on fait quelques injections boriquées et on lie la verge avec une sonde de Nélaton.Quoique la vessie soit petite et peu distendue par les injections boriquées, elle est facilement trouvée, et M. Bérard ne fait qu’un point de suture vésico-cutané de chaque côté. L’exploration intra-vésicale permet de constater la présence de colonnes et la prostate entoure le col vésical sur presque tout son parcours. Seule, la partie tout à fait antérieure est relativement libre. On fait des lavages hboriqués chauds et abondants. Pansement habituel avec de la gaze iodoformée et bloc de coton retenu par des bandes pour que le malade ne puisse l'enlever. Au toucher rectal pratiqué après l'opération, on trouve une prostate uniformément volumineuse et de consistance dure, Il semble qu'il y ait là un processus inflammatoire assez accusé, car le malade crie au cours de cette exploration, faite avec douceur. Pas de point fluctuant. La langue est saburrale, pas d’œdème des jambes.

Le soir, le malade délire toujours, le pouls bat 192, Température 38°,8, Il arrache continuellement son pansement, on est obligé de l’attacher. La langue est grillée : les lavages boriqués donnent issue à un liquide très fétide.

26 février. — Le lendemain matin, le malade est dans le même état, le délire persiste, on fait encore un lavagè au lit du malade avec la cuvette pelvi-support ; la température monte à 38°,5 et le malade meurt à 4 heures du soir,

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Autopsie. — La vessie est petite, à parois épaisses, entourée d'une zone fibro-adipeuse considérable, La muqueuse est rouge autour du col vésical. La prostate fait une saillie notable dans la vessie et entoure l’orifice urétral. Le bas-fond vésical est peu accentué. L'hypertrophie prostatique porte surtout sur les lobes laté- Taux,

À la coupe, le tissu est dur, il est constitué par des travées fibreuses épaisses englobant les masses cellulaires. En aucun point il n’existe de-concrétions glandulaires ni de foyers inflammatoires aigus, La prostate pèse 150 grammes.

Les deux reins, de volume à peu près égal, pèsent ensemble 310 grammes. Ils sont rouges, vasculaires. L'atmosphère périnéale est très développée, d'aspect fibro-lipomateux, le calice et le bassinet dilatés contiennent du pus très fétide, mais ne présentent pas d’ulcération.

En somme, le malade est mort de pyélonéphrite ascendante, conséquence probable de son hypertrophie prostatique.

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