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blée. Contentons-nous d en extraire quelques passages.
L orateur n était que 1 interprète des membres de 1 Institut, nous venons de le dire, mais il convient d'y Insister.
« Les grands artistes, commença-t-il, dont les toiles et les statues peuplent ce précieux et intéressant musée, jusqu'ici vierge de toute compromission, ont formulé leurs légitimes condoléances dans des termes qui dénotent une véritable indignation... Cette exhibition reflète, sous les aspects les moins attractifs, un art absolument en décadence, et dans lequel nos jeunes élèves ne peuvent trouver aucune étincelle du feu sacré qui doit éclairer leur carrière, aucune sorte d inspiration digne d eux... Les modèles — c'est-à-dire les ouvrages qui composent la donation Caillebotte, — sont d'une nature tellement ignoble, ou présentent de tels indices de médiocrité, qu'il ne peut venir à l'idée d'aucun élève d'y chercher un sujet d'étude ou d'imitation... Je vous demande, messieurs, en quoi, à côté des œuvres de ce musée, qui portent l'empreinte et comme le rayonnement de l'art, cette misérable collection peut servir à l'enseignement de quoi que ce soit qui y ressemble. Quelle leçon nos jeunes gens peuvent-ils y prendre, si ce n'est peut-être celle qui résulte de la vue des contraires, de l'admiration plus vive du beau, par 1 horreur et le dégoût du laid... »
Et dire qu il s agissait non seulement de productions de Degas, mais aussi de celles de Manet, Renoir, Pissarro, Berthe Morizot, etc. !
Ces divers ouvrages étaient encore hier, avant la guerre avec l'Allemagne, exposés dans des conditions défavorables, en une salle exiguë, mal éclairée, ne permettant pas le recul nécessaire pour pouvoir examiner la plupart d'entre eux comme il conviendrait. Plaudite et nunc erudimini cives.
Musée de Bayonne. Photo Auberl.
PORTRAIT D'ALBERT MÉLIDA
(Peinture)
Mutée du Luxembourg. — Collection Caillebolte.
LETOILE (P«.tel)
Cliché Brtun et C*.
L'ostracisme dans lequel l'Etat a tenu systématiquement à l'écart les œuvres de Degas n'a servi de rien ; le maître a conquis sa vraie place. Mais ce mauvais vouloir des dirigeants de la rue de Valois et de la maison du coin du Quai Malaquais n'est-il pas toujours et obstinément exercé à l'égard des artistes dégagés de la sacrosainte formule officielle? S'il ne s'était trouvé de généreux donateurs, que posséderait le Louvre d'oeuvres de Corot, Millet, Rousseau, Decamps, Daubigny, Diaz, Manet, etc., etc.?
Si les productions de Degas ont troublé, désorienté nombre d'esprits timides et incertains, cela vient, comme l'a écrit Castagnary dans sa
Collection Gobîllard. , /■ | « 1 I *
prerace du catalogue de 1 expo-
PORTRAIT DE Mme G... ■• i iv/r j
sition de Manet — avenue de
^ '"'^' l'Aima, en 1867, — de ce que
« la sincérité d'un artiste donne à ses œuvres un caractère qui les fait
ressembler à une protestation, alors que le peintre n'a songé qu à rendre
son impression. >'
Il ne s'agit donc plus de défendre Degas, de faire le coup de feu pour lui. L'heure de la justice a sonné, le jour des verdicts équitables est venu. La grandeur et le beau de son œuvre sont presque universellement reconnus et proclamés.
L'entrée d'une vingtaine de ses ouvrages au musée du Louvre, à la suite du legs T. de Camondo, en 1908, a eu l'immense avantage de faire connaître le maître à la masse du public, qui, malgré ses peintures et dessins du Luxembourg, l'ignorait pour ainsi dire. Elle a eu, en outre, celui d intro-
Collection Durand-Ruel
Photo Durand-Ruel.