FEMME S'ESSUYANT LE COU APRES LE BAIN
(Pastel)
Impeccable est l'exécution de Degas. Il ne cherche cependant jamais à la faire valoir. Jamais, chez lui, les morceaux accessoires n appellent l'attention hors de propos. L'accord entre les diverses parties de sa toile ou de son dessin est absolu. Son œuvre reste supérieure parce qu elle est une des rares où il entre le plus de nature, où la science du dessin atteint le plus haut degré d'expression et de réflexion. Les plus grands maîtres furent de parfaits ouvriers peintres, et Degas a été un de ceux-ci. Quand même vous posséderiez pour cent mille francs de métier, a dit Ingres, si vous trouvez
l'occasion d'en acheter encore pour un sou, ne la laissez pas échapper. Degas a eu cette occasion et ne l'a point laissé échapper. Quoiqu'il ait figuré à la plupart des expositions des Impressionnistes, quoiqu il semble avoir eu partie liée avec eux, quoique tous, Pissarro, Sisley, Renoir, Monet, Lebourg, Guillaumin, etc., aient été ses amis, il ne leur a rien emprunté. Sa technique n'a rien de commun avec la leur. Il n'a jamais peint en touches hachées, morcelées ; il n'a jamais poursuivi la division des tons, pas davantage l'éblouissement de la lumière, les fonds éclatants. Au lieu d'appartenir à ce clan, Degas se rapproche bien plus du cycle de Manet, Whistler, Fantin- Latour, avec lesquels il avait de nombreux points de contact. Contrairement aux impressionnistes, Degas avait l'horreur du petit coin de nature. Il n'a jamais ouvert un pliant ni dressé un chevalet dans la campagne. Ses paysages mêmes, comme nous verrons plus loin, ont été peints à 1 atelier. Nous ne connaissons qu'un seul portrait de lui brossé sur un fond de plein
Muiée du Louvre. — Collection I..de Camondo.
LE TUB (Pastel)
Photo Druet.
Musée du Louvre. — Collection I. de Camondo,