‹ Degas (volume 5)Chapitre 32 sur 37 · PUR SANG · texte numérisé non relu

PUR SANG

On l'entend approcher par saccade brisée. Le souffle fort et sain. Dès l'aurore venu. Dans le sévère train par son lad maintenu. Le bon poulain galope et coupe la rosée.

Comme le jour qui naît, à l'Orient puisée, La force du sang donne au coureur ingénu. Si précoce et si dur au travail continu, Le droit de commander à la race croisée.

Nonchalant et caché, d'un pas qui semble lent. Il entre en sa maison où l'avoine l'attend. Il est prêt. Aussitôt l'empoigne le joueur ;

Et pour les coups divers où la cote l'emploie. On le fait sur le pré débuter en voleur. Tout nerveusement nu dans sa robe de soie.

PERROQUET A Miss Cassatt, à propos de son Coco chéri.

Quand cette voix criait, presque humaine, là-has. Au long commencement d'une même journée. Ou durant qu'il lisait sur sa Bible fanée. Que devait ressentir ce Robinson si las?

Cette voix de la bête, à lui accoutumée.

Le faisait-elle rire ? Au moins, il ne dit pas

S'il en pleurait, le pauvre. A cris perçants et gras

Elle allait le nommant dans son île fermée.

C'est vous qui le plaignez, non pas lui qui vous plaint ; Le vôtre... Mais sachez, comme un tout petit saint. Qu'un Coco se recueille et débite en sa fuite

Ce qu'a dit votre cœur, au confident ouvert. Avec le bout de l'aile, enlevez-lui de suite Un bout de langue, alors, il est muet... et vert.

Collection de M. Bartholomê,

MISS CASSATT

A José-Maria de Heredia.

Vous nécorcherez pas un Marsyas de peu; Lourdement de jouer, un soir lui prit Fenvie ; Avant de regagner son ordinaire vie.

Il baise et vous remet l'outil sacré du jeu.

Inoubliable outil de dure poésie Que vous pouvez, poète, à la forge d'un dieu Marteler, ciseler et rougir dans le feu. Pour que sa griffe fume en la rime choisie.

Suez, avec le poids d'une armure de fer, A suivre en ses détours une femme cachée Qui tremble moins que Vous... Au bruit froid de la mer.

Vous entonnez alors, orgueilleux et vermeil. Le rude chant qui plaît à l'Histoire, couchée Sur vos genoux, après des courses au soleil.

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