PETITE DANSEUSE
Danse, ^amin ailé, sur les gazons de bois. N'aime rien que ça, danseuse pour la vie. Ton bras mince placé dans la ligne choisie. Equilibre, balance et ton vol et ton poids.
Taglioni, venez, princesse d'Arcadie; Nymphes, Grâces, venez des âmes d'autrefois Ennoblir et former, souriant de mon choix. Le petit être neuf, à la mine hardie.
Si Montmartre a donné l'esprit et les aïeux, Roxelane le nez, et la Chine les yeux. Attentif Ariel, donne à cette recrue
Tes pas légers de jour, tes pas légers de nuit ; Fais que, pour mon plaisir, elle sente son fruit. Et garde, au palais d'or, la race de sa rue.
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Ce sont jeux d'esprit, nous le voulons bien, mais pas à la portée de tous.
Un moment peut-être, sous l'influence de Stéphane Mallarmé, Degas s'éprit des mots pour eux-mêmes, pour leurs assonances, leur mélancolie, « leur sexe ».
Degas et le sculpteur Bartholomé, allant passer quelques jours chez le peintre Jeanniot, à Dieney, en Bourgogne, après une première étape à Montgirond (Seine-et-Marne) chez Ludovic Halévy, abandonnèrent un peu plus loin le chemin de fer, comme moyen de transport trop rapide et trop banal et louèrent, dans un village de l'Yonne, un vieux cheval et une carriole, avec lesquels, aller et retour, ils exécutèrent la plus grande partie de leur voyage. Faut-il ajouter qu'un matin, Degas eut la fantaisie de peindre leur cheval en zèbre. La pluie, le soleil, la poussière firent vite leur œuvre. Mais, un jour ou deux, ainsi transformé, l'animal stupéfia les paysans rencontrés sur les routes.
Au retour de ce mémorable voyage, dont il garda le plus agréable souvenir, Degas rima la plaisanterie que voici :