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LA TOILETTE

Pholo Durand.Ruel.

plupart des peintres les observent de bas en haut — c'est à la suite de longues réflexions sur la conception et l'équilibre de la composition.

Le critique Désiré Lavedan apostrophait ainsi, en 1845, les artistes de son temps : « Tout est à faire. Vous avez devant vous des mondes à découvrir, dont personne n a encore essayé la route mystérieuse. » De son côté, plus tard, Ch. Baudelaire écrit : « La vie parisienne est féconde en sujets poétiques et merveilleux. Le merveilleux nous enveloppe comme 1 atmosphère, mais nous ne le voyons pas. » Degas a découvert ces mondes dont parlait Désiré Lavedan, le merveilleux de la vie parisienne soupçonné par Ch. Baudelaire. Il a compris que l'existence contemporaine fait voir les êtres et les choses dans un angle spécial, du milieu de la rue, des fenêtres d'un appartement, à travers les vitres d'un coupé, d'un tramway, des portières d'un compartiment de chemin de fer. Degas a su adapter son art à l'heure qui passe. Ses interprétations furent d abord considérées comme une audace sans pareille. Au)ourd hui il n en serait plus de même ; néanmoins la compréhension de son œuvre reste ardue ; il y faut le temps et la réflexion.

Quand nous déciderons-nous à ne plus juger de la peinture d'après d'autres tableaux, surtout des tableaux anciens — c est-à-dire d après des conventions, des règles établies par des peintres, mais seulement et uniquement d'après la nature? Quand donc consentirons-nous à ne plus chercher dans la peinture l'imitation d'autres peintures? à ne plus nous perdre dans l'anecdote et le pittoresque, choses qui sont à 1 antipode de 1 art? Degas note, sans plus, ce qu'il faut voir, afin qu'à notre tour, dans notre collaboration spirituelle, nous ne voyions que ce qu'il a voulu montrer.

Certains critiques pensent qu'il est allé sans cesse à de nouvelles audaces, à des tours de force de plus en plus osés ; que sa facture est devenue de plus en plus sommaire, et que sa coloration, dans les dernières années, n est plus qu'une débauche de tons. Ce sont là, des erreurs manifestes. Toujours le maître reste sincère, aujourd'hui libre, demain scrupuleux.

A un moment donné, de bonne heure, presque au commencement de sa carrière, sa conception prend une forme abstraite, elle remplace la copie servile de la nature ; il choisit ce qui lui est nécessaire et abandonne le reste ; mais, en même temps qu'il précise le dessin, il généralise la forme. Il se soumet toujours à la régularité des mouvements et au classement des valeurs. Tout cela, chez lui, est volontaire et profondément réfléchi.

Que dire de sa manière, à la fois indépendante et classique, si éloignée

Collection Ak-xii Rouan.

PORTRAIT DE Mme D. M.

Colledion Ernest Rouart.

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