‹ Dégénérescence et criminalitéChapitre 15 sur 82 · IRRESPONSABILITÉ MORALE ET EXPERTISE MÉDICALE · texte numérisé non relu

IRRESPONSABILITÉ MORALE ET EXPERTISE MÉDICALE

un certain doute sur la compétence des experts, non seulement au point de vue de la soi-disant responsabilité morale, de l’imputabilité, mais même au point de vue de la question médicale.

Le rôle de l’expert ne consiste pas seulement à exprimer une impression personnelle, plus ou moins justifiée par son expérience ; il est nécessaire qu’il mette les faits en évidence par des caractères physiques capables d’être saisis même par des hommes étrangers à la science. Il ne peut justifier son jugement qu’en mettant en lumière l’objectivité des conditions physiologiques du phénomène; une énumé- ration de symptômes, sans poids ni mesure, n’est pas de nature à entraîner la conviction. En psychopathologie, les faits sont complexes : il est souvent impossible de donner des preuves objectives de la réalité d’un phénomène actuel, d’une illusion, d’une hallucination, d’une anesthésie, d’une altération de la mémoire ou de la personnalité. La difficulté augmente lorsqu'il s’agit de faits passés; et lorsqu’on allègue une inconscience, une amnésie ou un dédoublement de la personnalité , c’est souvent en s’appuyant sur des faits insuffisants pour entraîner la conviction des juges et du public. Le juge peut tenir compte des probabilités et des vraisemblances; l'expert ne doit se prononcer que sur des faits matériellement prouvés. |

Or il s’en faut que les manifestations considérées comme morbides de l'esprit se présentent toujours

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