‹ Dégénérescence (volume 2)Chapitre 46 sur 60 · Lombroso, Génie et Folie, p. 236, note · texte numérisé non relu

Lombroso, Génie et Folie, p. 236, note

LE TOLSTOÏSME

dans l'espoir d’être surpris, là où je n’étais pas, par le néant 1 ». Et, dans Ma Confession , il dit expressément : « Je sentais que je n’étais pas complètement sain au point de vue intellectuel 1 ». Son sentiment était juste. Il souffrait de la manie sceptique ou du doute, que l’on observe chez beaucoup de dégénérés supérieurs . Kowalewski déclare que la manie du doute est exclusivement une psychose dégénérative3. Griesinger raconte le cas d’un malade qui ne cessait de se casser la tête sur les idées du beau, de l’être, etc., et se répandait en questions sans tin sur ces sujets. Seulement, Griesinger était peu au courant des phénomènes de dégénérescence, et regardait par conséquent son cas comme « peu connu 4 ». Lombroso mentionne dans l’énumération des signes de ses fous de génie : « Presque tous sont douloureusement poursuivis par des doutes religieux qui excitent l’esprit et obsèdent comme un crime la conscience craintive et le cœur malade 8 ». Ce n’est donc pas la noble soif de la connaissance qui contraint Tolstoï à s’occuper incessamment des questions relatives au but et à la signification de la vie, mais la maladie dégénérative de la manie du doute, qui est stérile, parce qu’aucune réponse, aucun éclaircissement, ne peuvent la satisfaire. Il va de soi, en effet, qu’un « parce que » si clair, si définitif qu’il soit, ne peut jamais faire taire un « pourquoi » mécanico-impulsif provenant de l’inconscient.

Une forme particulière de la manie du doute est la rage

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