Charcot, Leçons du mardi, passim
3. Legrain, op. cit., p. 113 : « Dans la prédisposition au délire d’une part, dans la faiblesse intellectuelle accompagnante d’autre part, il faut chercher l'explication réelle des cas de folie à deux ». Voir aussi Régis, La Folie à deux. Paris, 1880.
Contre le fou et le demi-fou-délirant rebondit toute démonstration de l’absurdité de ses aperceptions; nulle contradiction, nulle raillerie, nul mépris ne le touchent; l'opinion de la majorité lui est indifférente; les faits qui ne sont pas à son -gré, il les ignore ou les interprète de telle sorte qu’ils semblent venir en aide à son délire; les obstacles ne l’effraient pas, parce que, contre la puissance de son délire, son instinct de conservation même est incapable de lutter, et en vertu de la même raison il est très souvent prêt à aller pour eux jusqu'au martyre. Des faibles d'esprit ou des déséquilibrés, en contact avec un délirant, sont immédiatement subjugués par la puissance de ses idées pathologiques et s’y convertissent aussitôt. Parfois il est possible de les guérir de ces délires transmis, en les séparant de ceux qui les ont provoqués; mais souvent aussi le trouble mental survit à la séparation même.
Telle est l’histoire naturelle des écoles esthétiques. Un dégénéré proclame, sous l'effet d’une obsession, un dogme littéraire quelconque, le réalisme, la pornographie, le mysticisme, le symbolisme, le diabolisme. Il le fait avec une éloquence violente et pénétrante, avec surexcitation, avec un manque d'égards furibond. D’autres dégénérés, hystériques, neurasthéniques, se réunissent autour de lui, reçoivent le nouveau dogme de sa bouche, et vivent à partir de ce moment pour le répandre.
Dans ce cas, tous les intéressés sont de bonne foi : le fondateur comme les disciples. Ils agissent comme ils doivent agir, étant donné l’état maladif de leur cerveau et de leur système nerveux. Mais ce tableau, tout à fait clair au point de vue clinique, est généralement embrouillé
quand l'apôtre d’un délire et sa suite parviennent à attirer sur eux une attention plis générale. Alors cet apôtre voit accourir à lui un tas de gens qui ne sont plus de bonne foi, qui savent très bien reconnaître le côté insensé du nouveau dogme, mais néanmoins l’acceptent, parce qu'ils espèrent gagner réputation et argent, comme membres de la nouvelle secte. Il y a dans chaque peuple dont l’art et la littérature sont développés, de nombreux eunuques intellectuels qui ne sont pas capables d’engendrer une œuvre vivante, mais arrivent très bien à imiter le geste de la procréation. Ces mutilés forment malheureusement la grande majorité des écrivains et des artistes de profession, et leur grouillante masse parasitaire étouffe trop souvent le talent vrai et spontané. Or, ce sont eux qui se hâtent de fournir l’escorte à chaque nouvelle tendance qui semble devenir à la mode. Ils sont naturellement toujours les plus modernes de tous, car nul commandement d'originalité, nulle conscience artistique ne les empêchent d'imiter constamment avec le même zèle d’artisan, en le défigurant, le modèle le plus récent. Habiles à s'approprier les extériorités, plagiaires et pasticheurs déterminés, ils s'empressent autour de chaque manifestation originale, qu'elle soit maladive ou saine, et se mettent sans perdre de temps à en fabriquer des contrefaçons. Aujourd'hui ils sont symbolistes, comme ils étaient hier réalistes ou pornographes. Ils écrivent avec la même facilité des mystères, s'ils s’en promettent renom et bon débit, comme ils bäclaient des romans de chevalerie et de brigands, des récits d'aventures, des tragédies romaines et des idylles villageoises, quand la demande des cri-
tiques de journaux et du public paraissait se porter plutôt sur cette marchandise-là. Ces praticiens qui, établissons-le de nouveau, forment la grande majorité des travailleurs intellectuels, par conséquent aussi des membres des sectes à la mode dans l'art et la littérature, sont d’ailleurs complètement sains au point de vue intellectuel, quoique à un très bas degré de développement, et celui qui les examinerait pourrait facilement mettre en doute, en ce qui concerne les fidèles des nouvelles doctrines, la justesse du diagnostic « dégénérescence ». On doit, en conséquence, apporter quelque prudence dans l'enquête, et constamment distinguer les promoteurs sincères des camelots spéculateurs qui les imitent, le fondateur de la religion et ses apôtres de la plèbe qui se préoccupe non du Discours sur la montagne, mais de la Pêche miraculeuse et de la Multiplication des pains.
Nous avons montré comment naissent les écoles : elles sont le fruit de la dégénérescence des créateurs et de leurs imitateurs convaincus. Mais qu'elles puissent venir à la mode, obtenir quelque temps des succès bruyants, cela s’explique par des particularités du public, et notamment par son hystérie. Nous avons vu que la suggestibilité excessive est le signe caractéristique des hystériques. Cette même puissance de l’obsession par laquelle le dégénéré recrute des imitateurs, groupé aussi autour de lui des partisans. Si l’on assure à l’hystérique, bien haut et sans se lasser, qu'une œuvre est belle, profonde, grosse d’avenir, il le croit. Il croit à tout ce qui lui est suggéré d’une façon suffisamment pénétrante. Quand la petite vachère Bernadette vit apparaître la Sainte Vierge dans la grotte de Lourdes,
non seulement toutes les bigotes et les hystériques mâles des environs accourus au miracle crurent que la fillette hallucinée avait elle-même vu l'apparition, mais tous virent de leurs propres yeux la Sainte Vierge. M. Edmond de Goncourt raconte le fait suivant, relatif à la guerre de 1870 : « Mais la dépèche qui annonce la défaite du prince de Prusse, et la prise de 25 000 prisonniers, cette dépêche, dit-on, affichée dans l’intérieur de la Bourse (de Paris), cette dépêche, que me déclarent avoir lue des gens, au milieu desquels je la cherche dans l’intérieur, cette dépèche que — dans une étrange
hallucination — des gens croient voir, en me faisant d'un doigt indicateur : « Tenez, la voilà, là! »..….. et me montrant au fond un mur où il n'y a rien, — cette
affiche, je ne peux la découvrir, la cherchant et la recherchant dans tous les coins de la Bourse ‘ ». On pourrait eiter par douzaines de ces exemples d'illusions des sens suggérées à une foule excitée. Les hystériques se laissent donc, sans plus de façons, convaincre de la magnificence d’une œuvre, et ils y trouvent même ensuite des beautés de l’ordre le plus élevé, auxquelles son auteur et les trompettes de la renommée de celui-ci n’ont pas le moins du monde pensé. Une fois la secte suffisamment constituée pour avoir, outre son fondateur et les prêtres de son temple, les sacristains salariés et les enfants de chœur, encore une communauté, des processions avec bannières et chants et des cloches retentissantes, alors se joignent à elle d’autres croyants, en plus des hystériques qui se
1. Journal des Goncourt, dernière série, premier volume : 1870- 1871. Paris, 1890, p. 10.
sont laissé suggérer la foi nouvelle. De jeunes gens sans discernement, qui cherchent encore leur route, vont là où ils voient la foule affluer, et ils la suivent sans hésitation, parce qu'ils croient qu'elle marche dans le vrai sentier. Des sots, qui ne craignent rien tant que d’être tenus pour arriérés, se joignent à elle avec des rugissements de vivats qui doivent les convaincre eux-mêmes qu’ils dansent, eux aussi, devant le tout nouveau triomphateur, la toute récente célébrité. Des vieillards usés, qui ont la crainte puérile que l’on sache leur âge, fréquentent assidument le nouveau temple et mêlent leur voix chevrotante au chant des fidèles, parce qu’ils espèrent qu'en les voyant dans un groupe où prédominent les jeunes gens, on les tiendra pour jeunes.
Ainsi s'établit un attroupement en.forme autour d’un infortuné dégénéré. Le fat à la mode, le « gigolo » esthétique, regarde par-dessus l'épaule de l’hystérique auquel a été suggérée l'admiration. L’intrigant marche sur les pieds du barbon qui feint la jeunesse, et entre eux tous se presse la jeunesse curieuse des rues, qui doit se trouver partout où « se passe quelque chose ». Et comme cette foule est poussée par la maladie, l’avidité du gain et la vanité, elle fait beaucoup plus de vacarme qu’un bien plus grand nombre d'hommes sains qui jouissent tranquillement et sans arrière-pensée égoïste des œuvres des talents bien portants; ces derniers, en effet, ne se sentent pas obligés d'aller hurler leur appréciation sur les toits et ne menacent pas d’assommer les passants innocents qui ne veulent pas s'associer à leurs acclamations assourdissantes.
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Nous avons reconnu que les tendances et modes littéraires et artistiques « fin de siècle », ainsi que l’accessibilité du public à leur égard, sont l'effet de maladies, et nous avons pu établir que ces maladies sont la dégénérescence et l’hystérie. Nous avons maintenant à rechercher comment ces maladies de l’époque sont nées, et pourquoi elles apparaissent si extraordinairement fréquentes justement en notre temps.
Morel, le grand scrutateur de la dégénérescence, ramène au fond celle-ci à l’intoxication ‘. Une génération qui use régulièrement, même sans excès, de stupéfiants et d’excitants sous n'importe quelle forme (boissons fermentées, tabac, opium, haschïsch, arsenic), qui mange des choses corrompues (seigle ergoté, mauvais maïs), qui absorbe des poisons organiques (fièvre paludéenne, syphilis, tuberculose, goitre), engendre des descendants dégénérés qui, s'ils
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restent exposés aux mêmes influences, descendent rapidement aux plus bas degrés de la dégénérescence, à l’idiotisme, au nanisme, etc. \Que l'intoxication des peuples civilisés continue et augmente dans la plus grande mesure, c’est ce que révèle la statistique. La consommation du tabac est montée en France, de 0 kilo 8 par tète qu'elle était en 1841, à 1 kilo 9 en 1890 ‘. On a pour l’Angleterre les chiffres correspondants de 13 et26 onces”*, pour l'Allemagne ceux de 0 kilo 8 et 4 kilo 5. L'usage de l'alcool s’est, pendant le même temps, élevé en Allemagne de 5, 45 quart (1844), à 6, 86 quart (1867), en Angleterre de 2, 01 litres à 2, 64 litres, en France de 1, 33 litre à 4 litres *. L’augmentation de la consommation de l’opium et du haschisch est même plus forte encore, mais nous n'avons pas à nous en occuper, car seuls en souffrent les peuples orientaux,
1. Communication personnelle de l'excellent statisticien M. Joseph Kôürôsi, chef du bureau de statistique de Budapest.
2. Discours du chancelier de l’'Échiquier Goschen dans la Chambre des communes, le 11 avril 1892.
3. J. Vavasseur dans l'Économiste français de 1890. Voir aussi Bulletin de statistique pour 1891. Les chiffres ne sont pas certains, car ils sont donnés autrement par chaque statisticien auquel je me suis adressé. Seul le fait de l’accroissement de l’usage de l'alcool ressort avec certitude de toutes les publications consultées. Outre l’alcool, on consommait en boissons fermentées, par tête de population, d’après M. Joseph Kôürüsi :
Grande-Bretagne. Vin. Bière et cidre.
1830-1850. .........,:. 0,2 gallons. 26 gallons. 4880-1888. . 0,4 — 27 —
France.
1840-1842. Li... 93 — 3 — DIVINE ane e 25 — 6 — Prusse 1839 HAE à: à. 13.48 quarts.
1871, je ren ter 17.92 —
Empire allemand
LOTS, ce on Nes 81.7 litres.
qui ne jouent aucun rôle dans le mouvement intellectuel de la race blanche. A ces influences nocives s’en ajoute encore une que Morel n'a pas connue ou n'a pas prise en considération : le séjour dans la grande ville. L'habitant de la grande ville, même le plus riche, celui qu'entoure le luxe le plus recherché, est continuellement exposé à des influences défavorables qui amoindrissent sa force vital, bien au delà de la mesure inévitable. Il aspire un air chargé de détritus organiques, il mange des aliments flétris, contaminés, falsifiés, il se trouve dans un état perpétuel de surexcitation nerveuse, et on peut le comparer sans exagération à l'habitant d'une contrée marécageuse. L'effet de la grande ville sur l'organisme humain offre la plus grande analogie avec celui des maremmes, et sa population est victime de la même fatalité de dégénérescence et de destruction que les victimes de la malaria. La morta- Jité, dans la grande ville, est de plus d’un quart supérieure à la moyenne du peuple tout entier; elle est le double de celle de la rase campagne, bien qu’en réalité elle devrait être moindre, puisque dans la grande ville prédominent les âges les plus vigoureux, où la mortalité est bien plus petite que dans l'enfance et la vieillesse *. Et les enfants eux-mêmes des grandes villes, qui ne sont pas enlevés de bonne heure, subissent l'arrêt de développement caractéristique relevé par Morel dans la population des contrées paludéennes *. Ils se développent assez normalement jus-
1. En France, la mortalité générale a été, de 1886 à 1890, de 22,21 pour 1000. Mais à Paris elle s’est élevée à 23,4, à Marseille à 34,8, dans toutes les villes de plus de 100 000 habitants à une moyenne de 28,31, dans tous les endroits de moins de 5000 habitants, à 21,74. La Médecine moderne, année 1891.
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qu'à quatorze ou quinze ans, sont jusque-là éveillés, parfois même brillamment doués et promettent merveille ; puis soudainement se produit un arrêt, l'esprit s'éteint, la facilité de compréhension se perd, et le garçon qui, hier encore, était un écolier modèle, devient un cancre obtus qu'on ne peut piloter qu'avec la plus grande difficulté à travers les examens. À ces modifications intellectuelles répondent des modifications physiques. La croissance des os longs est excessivement ‘lente ou cesse complètement, les jambes demeurent courtes, le bassin conserve une forme féminine, certains autres organes ne se développent pas davantage, et l'être entier offre un étrange et repoussant mélange d’inachèvement et de flétrissure !. | Or, on sait combien, dans la dernière génération, le nombre des habitants des ‘grandes villes s’est accru ?. Aujourd’hui, une partie incomparablement plus grande du peuple qu'il y a cinquante ans est soumise aux influences destructives de la grande ville; le nombre des victimes de
1. Brouardel, La Semaine médicale. Paris, 1887, p. 254. Dans cette étude des plus remarquables, le professeur parisien dit entre autres : « Que deviennent plus tard ces jeunes Parisiens? Incapables d'accomplir un long et consciencieux travail, ils excellent d'ordinaire aux choses artistiques. ils sont peintres, ils ont plus de couleur que de dessin; s’ils sont poètes, la ciselure du vers assure leur succès, plus que la vigueur de la pensée ». — A rapprocher de la remarque de Lombroso citée plus haut.
2. Les 26 villes allemandes qui, aujourd’hui, ont plus de 100 000 habitants, en comptaient ensemble, en 1891, 6 millions, et en 1835 1 400 000. Les 31 villes anglaises de cette catégorie, 10 870 000 en 1891, 4 590 000 en 1835. Les 11 villes françaises dans le même cas, 4 180 000 en 1891, 1710000 en 1836. Il faut remarquer qu'environ un tiers de ces 68 villes n’avait pas encore, en 1840, 100 000 habitants. Aujourd’hui habitent dans les grandes villes, en Allemagne, en France et en Angleterre, 21 050 000 individus, tandis qu’en 1840, 4 800 000 seulement se trouvaient dans ces conditions d'existence. (Communication de M. Joseph Kürôsi).
Max Norpau. — Dégénérescence. 1— 5
celle-ei est pour cette raison proportionnellement plus considérable que jadis, et augmente continuellement. Avec la croissance des grandes villes s’augmente parallèlement le nombre des dégénérés de toute espèce, des criminels, des fous et des « dégénérés supérieurs » de Magnan, et il est naturel que ces derniers jouent dans la vie intellectuelle un rôle toujours plus en vue, qu'ils s'efforcent d'introduire dans l’art et la littérature toujours plus d'éléments de folie. : L’énorme accroissement de l’hystérie, à notre époque, est dû en partie aux mêmes causes que la dégénérescence ; il y a en outre une cause beaucoup plus générale encore que la croissance des grandes villes, cause qui ne suffit peutêtre pas à elle seule à amener la dégénérescence, mais qui est à coup sûr pleinement suffisante pour produire l’hystérie et la neurasthénie. Cette cause est la fatigue de la génération actuelle. Que l’hystérie soit en réalité une conséquence de la fatigue, c’est ce que Féré a démontré par des expériences probantes. Dans une communication à la Société de biologie de Paris, ce très distingué savant s'exprime ainsi : « J'ai observé récemment un certain nombre de faits qui mettent en évidence l'analogie qui existe entre la fatigue et la condition permanente des hystériques. On sait que chez les hystériques la symétrie des mouvements se manifeste d’une manière très caractéristique dans de nombreuses circonstances. J’ai constaté que chez les sujets normaux cette même symétrie des mouvements se retrouvait sous l'influence de la fatigue. Un phénomène qui se montre bien marqué chez les grands hystériques, c’est cette excitabilité particulière qui fait que l’on voit, sous l'influence d’excitations périphériques ou de représen-
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tations mentales, l'énergie des mouvements volontaires subir des modifications rapides et transitoires coexistantes
avec des modifications parallèles de la sensibilité et des
fonctions de nutrition. Cette excitabilité peut être également mise en évidence dans la fatigue... La fatigue constitue une véritable hystérie expérimentale momentanée ; elle établit une transition entre les états que nous appelons normaux et les états divers compris sous le nom d'hystérie. On peut changer en hystérique un individu normal en le fatiguant... Tous ces agents (provocateurs de l’hystérie) peuvent être ramenés, au point de vue de leur rôle pathogénique, à un processus physiologique unique : la fatigue, la dépression des phénomènes vitaux * ».
Cette cause qui, d’après Féré, transforme des individus sains en hystériques, — la fatigue, — l'humanité civilisée tout entière y est soumise depuis un demi-siècle. Toutes ses conditions vitales ont subi en ce laps de temps une révolution dont il n’y a pas d'exemple dans l’histoire universelle. L’humanité n'offre pas un seul siècle où les inventions qui pénètrent si profondément, si tyranniquement dans la vie de chaque individu, s’entassent comme au nôtre. La découverte de l'Amérique, la Réforme, ont sans aucun doute puissamment excité les ésprits et détruit certainement aussi l'équilibre de milliers de cerveaux peu résistants. Mais cela n’a pas changé l’existence matérielle des hommes. On se levait et on se couchait, on mangeait et buvait, on s’habillait, on s’amusait, on passait ses jours et ses années comme on l’avait toujours fait. De notre temps,