‹ Dégénerescence (volume 3)Chapitre 44 sur 57 · Lombroso, Génie et Folie, p · texte numérisé non relu

Lombroso, Génie et Folie, p

de contredire et le penchant à des affirmations bizarres, que plusieurs cliniciens, Sollier entre autres, notent comme un des stigmates de la dégénérescence ‘. Elle s’est accusée fortement chez Tolstoï à certains moments. « Dans son effort vers l'indépendance », dit Læwenfeld, « Tolstoï dépassa parfois les bornes du goût, en combattant la tradition uniquement parce que c'était la tradition. C'est ainsi... qu'il nomma Shakespeare un écrivailleur à la douzaine, et soutint que l'admiration. pour le grand Anglais n'avait, à vrai dire, d'autre cause que l'habitude de répéter machinalement les opinions des autres ? ». |

Ce qu'on trouve le plus touchant et le plus digne d’admiration chez Tolstoï, c'est son amour illimité du prochain. Que, dans ses prémisses et ses manifestations, cet amour, tel qu'il le comprend, soit absurde, je lai démontré plus haut. Mais il reste encore à prouver qu'il est également un stigmate de dégénérescence. Tourgueneff, cet esprit clair et sain, a, sans connaître les expériences des aliénistes, rien qu’en suivant son sentiment naturel, nommé « railleusement », dit Lœwenfeld, « l'amour ardent de Tolstoï pour le peuple opprimé » un amour « hystérique * ». Nous le retrouverons chez beaucoup de dégénérés. « En opposition au débile égoïste », nous enseigne Legrain, « placons le débile bon jusqu à l'exagération, philanthrope, échafaudant mille systèmes absurdes en vue du bonheur de l'humanité ». Et plus loin : « Tout plein de son amour pour l'humanité, le malade débile

1. Sollier, Psychologie de l'Idiot et de l’Imbécile. 2. R. Lœwenfeld, op. cit., p. 100.

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