OBSERVATIONS
OBSERVATION Î (douteuse).
Lallemand (Thèse, Paris, 1897.)
Mme M..., âgée de 49 ans, entrée le 27 mars 1896 à l'hôpital Cochin, dans le service de M. le docteur Quénu.
Antécédents sans intérêt. Fièvre typhoïde à 10 ans; pas d’autres maladies jusqu'à la ménopause. Réglée à 11 ans; a toujours eu une menstruation régulière, non douloureuse ; jamais de leucorrhée, ni de métrorragies. Deux grossesses à 21 et à 26 ans, sans incidents ; ménopause à 44 ans.
Peu après la ménopause, le ventre de la malade se mit à grossir insensiblement et progressivement, sans douleurs, sans période d’arrêt ou de régression.
Simplement gênée, la malade continua à vaquer à ses occupations. [1 y à un an environ, elle ressentit des douleurs au périnée (début de prolapsus utérin) et des troubles de la miction, qui deviennent fréquents, avec sensation de cuisson; les urines restent claires.
Amaigrissement notable depuis un an, avec intégrité des appareils digestifs, respiratoire et cardiaque.
Il y a six mois, la tuméfaction abdominale était devenue considérable, l’utérus sortait par la vulve, les troubles urinaires s'accentuaient.
La marche devint impossible, et la malade se mit au lit.
L'abdomen augmentait toujours, il survint de la dyspnée.
Son médecin, qui pensait à une affection hépatique, fit une ponction et retira 17 litres d’un liquide que la malade comparait à de la bière. La dyspnée disparut; l’état resta stationnaire quelque temps.
Quelques semaines après. l'abdomen grossit de nouveau ; la malade n éprouve aucune douleur ; mais effrayée par l’accroissement continuel de son ventre, elle se décide. à entrer à l’hôpital.
Examen de la malade. — L'état général est satisfaisant ; le facies est un peu amaigri, de coloration normale.
Rien aux poumons, au cœur, à l'appareil digestif. Appétit conservé. Urines normales.
L'abdomen est distendu par une ascite considérable, que l’on reconnait aux signes classiques. La paroi abdominale, qui présente des vergetures au niveau des fosses iliaques et une circulation veineuse développée, est atteinte d’un œdème considérable à sa partie inférieure, au-dessus du pubis.
Par une palpation profonde, par pression brusque sur la paroi, on arrive sur une tumeur intra-abdominale très dure, mais dont les limites sont impossibles à déterminer. Ce mode d'exploration fournit un véritable ballottement, analogue à celui d’une grosse tête fœtale, mobile dans l'abdomen.
En outre, prolapsus complet de l'utérus qui pend de 10 centimètres environ hors de la vulve ; il est facilement réductible ; l’utérus semble indépendant de la tumeur abdominale.
La malade étant laissée au repos, l’ascite augmente cependant les jours suivants et Ja dyspnée se présente de nouveau.
Le 14 avril, ponction qui donne issue à 8 litres d'un liquide jaune citron, très mousseux, sans flocons ni grumeaux.
L'exploration de la tumeur est alors facile.
De forme arrondie, elle remplit le petit bassin et s'élève dans l’abdomen jusqu’à 5 centimètres au-dessus de l'ombilic ; latéralement, elle laisse libre les flancs.
Consistance dure; sa surface présente plusieurs bosselures.
Quelques frottements péritonéaux.
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Cette tumeur jouit d’une mobilité parfaite dans tous les sens. Elle est peu sensible à une pression forte. Par le toucher vaginal, le prolapsus réduit, on trouve les culs-de-sac libres ; mais à droite et en arrière de l’utérus, on arrive jusque sur la tumeur. Les mouvements imprimés à la tumeur se transmettent nettement à l’utérus. En faisant descendre la tumeur vers le petit bassin, l'utérus descend aussi. Il semble même que lorsque l'utérus descend et sort par la vulve. il entraine la tumeur après lui. Le diagnostic porté par M. Quénu, en raison de l'ascite fut : tumeur de l'ovaire pédiculée.
Le diagnostic de la variété anatomique fut réservé, car si l’état général cadrait bien avec celui de tumeur bénigne, l’æœdème de la paroi semblait indiquer plutôt une tumeur maligne.
En deux jours après la ponction, le liquide ascitique se reproduisit en assez grande abondance.
ÿ Opération le 16 avril. j
# Laparotomie. Ecoulement immédiat de liquide ascitique. La
tumeur, grosse comme une tête d’adulte, occupe l’ovaire droit et est reliée au ligament large et à la trompe par un pédicule court et étroit. La surface de la tumeur, bosselée, irrégulière,
& est tout à fait comparable à celle d’un fibrome utérin ; elle ne
és présente aucune adhérence aux organes voisins, sauf à l’épi- Re ploon. Cette adhérence étant libérée, la tumeur est attirée au dehors et un clamp est posé sur son pédicule et sur la trompe, que l’on enlève avec la tumeur. Ligature à la soie du pédicule ‘à et du segment utérin de la trompe. Ligature de sûreté réunise sant les deux premières.
à Attouchement au thermo des surfaces de section. On évacue le liquide ascitique.
Lei Le péritoine est rouge et vascularisé. L'utérus porte un petit corps fibreux qui est laissé en place. Suture ge la paroi en trois 1e plans.
s Suites opératoires très simples. Le 26 avril, on enlève les fils. La réunion est parfaite.