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cette tumeur du côté gauche, ce qui indique l'absence d'adhérences et de connexion avec les organes voisins.
La surface n'est pas uniforme, mais présente de grosses saillies arrondies, accollées les unes aux autres. Toutes. ces masses sont de même consistance et aucune n’est fluctuante.
Toucher vaginal : Le col utérin est situé en avant, tout à fait derrière la symphyse pubienne. Le corps de l’utérus ne peut être reconnu par le palper au milieu des nombreuses nodosités que présente la tumeur qui semble en être indépendante. Culdé-sae antérieur libre.
Cul-de-sac postérieur rempli par plusieurs noyaux fibromateux, très durs, non mobiles.
Cul-de-sac droit rempli par une masse très dure que l’on peut soulever légèrement.
Cul-de-sac gauche également occupé par une grosse masse arrondie, mais moins mobile que la précédente.
Après examen, M. le docteur Picqué porte le diagnostic de tumeur solide de l'ovaire droit.
Laparotomie le 26 septembre 1893 par M. le docteur Picqué.
Incision médiane dépassant l’ombilic et nécessitée par le volume de la tumeur.
Le péritoine ouvert, il sort un peu de liquide ascitique non diagnostiqué.
A cause des nombreuses adhérences qu'il faut rompre, on extrait avec quelque difficulté la tumeur solide qui est très volumineuse et formée de plusieurs masses agglomérées.
Quelques unes de celles-ci, logées au fond du cul de-sac postérieur et très adhérentes rendent l'énucléation difficile, la main ne pouvant aller les saisir, le petit bassin étant occupé par la majeure partie de la tumeur.
Une fois la masse énucléée, on voit que le pédicule, très petit, est formé par celui de l'ovaire droit correspondant.
Ligature du pédicule à la soie plate section, puis attouchement de la surface cruentée avec la solution phéniquée forte.
Drainage de Mickulicz plongeant au fond du cul-de-sac postérieur.
Suture de la paroi abdominale (au catgut) en trois plans superposés. Trois fils de soutien à la soie plate.
Suites opératoires normales.
Premier pansement le 28 septembre.
Dernier pansement le 9 octobre.
La malade est revue le 20 janvier 1894.
Elle jouit d’une excellente santé.
On ne constate rien d’anormal par le toucher abdominal n1 par le toucher vaginal.
Examen histologique :
(Dû à M. Claude, interne des hôpitaux, contrôlé par M. Gombault).
Tumeur solide de l'ovaire.
Tumeur dure, homogène, présentant quelques cavités kystiques à contenu sanguinolent. Les coupes pratiquées en différents points permettent de constater que le tissu de la tumeur appartient à deux types anatomiques intimement fusionnés.
En effet, on observe sur certaines préparations des cellules très allongées, à noyau vivement coloré par les réactifs, en forme de bâtonnets.
Ces cellules constituent par leur réunion des bandes onduleuses plus ou moins larges et entrecroisées de façons variées. Dans l'intervalle de ces bandes, on voit la section d’autres travées coupées perpendiculairement, caractérisées par des noyaux arrondis, entourés d’un protoplasma très réduit. Ce sont des fibres musculaires lisses coupées sous des angles différents. Sur d'autres coupes, on voit surtout de larges faisceaux de fibrilles très flexueuses formant par place des tourbillons. Leurs noyaux sont très allongés, très aplatis, et très difficiles à voir. Ces fibrilles sont caractéristiques du tissu du fibrome.
Dans l'intervalle de ces paquets de fibrilles, on voit quelques éléments cellulaires arrondis ou irréguliers, oblongs, à noyaux ovoides. Ces cellules qui forment des
groupes assez nets par endroûts ont l'aspect du sarcome.
Les vaisseaux ont, dans ces points, l'apparence de “ 4} lacunes creusées dans le tissu morbide sans parois pro- j! pres.
Somme toute, sur certaines coupes, abondance d'éléments musculaires, sur d’autres, prédominance du tissu fibromateux. Ailleurs, mélange intime des deux variétés, myome et fibrome. La tumeur serait donc un fibro-myome avec tendance probable à la transformation sarcomateuse sur certains points.
OBsERvANION VIII {inédite).
(Düe à l’obligeance de M. le docteur Jayle).
À. B..., 51 ans, réglée à 12 ans et demi, très mal réglée ; les règles reviennent tous les mois à peu près jusqu’à 21 ans, les pertes sont assez abondantes pendant 7 à 8 jours ; à partir de 21 ans, les règles reviennent tous les 15 jours à 3 semaines et même un mois. Cet état dure jusqu’à l’année dernière.
Pas d'enfant. La malade est mariée depuis deux ans seulement.
Vers l’âge de 36 ans, la malade a commencé à ressentir des douleurs dans le ventre qui a augmenté progressivement de volume. Dans les cinq dernières années, l'augmentation du ventre a été considérable. Depuis dix-huit mois, il existe des phénomènes graves de compression abdominale : la malade ne peut plus s’alimenter, les selles deviennent impossibles, les mictions surviennent toutes les trois ou quatre minutes.
Dans les premiers jours de juillet 1905 est apparu l’æœdème des jambes.
Elal actuel. — La malade est dans un état cachectique très prononcé et ne peut plus quitter la chambre. Elle est très émaciée, dans un état de faiblesse extrême, la partie supérieure du corps, tête, bras, thorax, est squelettique ; toute la partie inférieure, ventre et membres inférieurs, est au contraire distendue et œdématiée. Il en résulte un contraste très curieux, La malade souffre continuellement et ne peut plus rester couchée ni sur le dos ni sur les flancs, -parce qu’elle ressent aussitôt de violentes douleurs dans les reins. Elle ne peut davantage se tenir debout et la seule position qu’elle puisse garder quelque temps est la position assise.
Examen du ventre. — Le ventre est distendu à la fois par de l’ascite occupant tout le pelvis et une grande partie de l’ab-
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domen. Dans la position debout la mensuration du ventre donne les résultats suivants : circonférence au niveau de l’ombilic 1 m. 14, diamètre antéro-postérieur au niveau de l’ombilie 0 m. 35, au niveau du mamelon 21 centimètres, au-dessus 19 centimètres et demi ; distance d'une épine iliaque à l’autre en passant par l'ombilic 0 m. 69, distance de l'appendice xyphoïde au pubis 0 m. 56, distance de l’appendice xyphoïde à lombilic 0 m. 31. 2
Dans la position couchée les résultats sont à peu près semblables, circonférence au niveau de l'ombilic 1 m. 12, circonférence de l’appendice xyphoïde au pubis 0 m. 55, distance de l’appendice xyphoïde à l’ombilic O m. 28.
L’ombilic est légèrement, saillant, comme il arrive dans les cas d’ascite ; à la palpation, on constate à droite l'existence d’une grosse tumeur du volume d'une tête fœtale et à gauche une énorme masse dont on ne peut bien délimiter les contours à cause de l’ascite, mais dont on sent bien nettement un lobe du volume d’une mandarine à gauche et un peu au-dessus de l'ombilic.
Le toucher vaginal permet de constater que le pelvis est entièrement rempli par la tumeur.
Examen des viscères. — Il n’existe aucune lésion du cœur ni du péricarde, ni des poumons, ni des plèvres. Le pouls oscille entre 80 et 90.
Les reins fonctionnent mal, le malade urine à peine, 300 à
400 grammes par vingt-quatre heures, l'urine est très épaisse, mais il n’y a ni sucre, ni albumine.
. L'estomac et l'intestin ne fonctionnent pour ainsi dire pas, étant donné que la malade n’absorbe presque rien, mais il n'y a pas de vomissements ni de diarrhée. Poids de la malade 54 kgr. 500.
La température est le matin assez basse, 37 à 3702, et le soir atteint environ 3805.
Diagnostic. — Tumeur maligne de l'ovaire avec ascite.
Première ponction. — 18 août 1905, on fait une ponction