SCÈNE II
LYCOMÈDE, ULYSSE, DIOMEDE,
puis des Servantes de Lycomède.
LYCOMÈDE, à ses hôtes.
Je vous le dis encor,
Soyez les bienvenus, ô rois, héros fidèles ! Puissiez-vous, détruisant les hautes citadelles D'Ilios, retourner vainqueurs dans vos maisons !
DIOMÈDE
Devant tes cheveux blancs, 6 Roi, nous nous taisons, Car, divin conducteur d'hommes, tu fus naguères Sage dans les conseils et brave dans les guerres.
LYCOMÈDE
Que n'ai-je l'âge encor de porter sans plier
L'arc et les javelots et le lourd bouclier !
Mais la froide vieillesse est un mal sans remède.
Avec toi, sage Ulysse, avec toi, Diomède,
Je partirais d'ici, laissant les autres soins,
Pour courir à l'horreur des combats ! Mais du moins,
Je vous offre des nefs, des guerriers et des armes.
DIOMÈDE
O Roi, mon hôte, par ce discours tu nous charmes, —
ULYSSE
Mais à quoi bon vouloir tromper tes yeux vainqueurs } Car ta sagesse est grande et tu lis dans les cœurs. Ton secours nous allège et nous peut être utile, —
DIOMÈDE
Mais surtout nous venons ici chercher Achille !