‹ Déjanire; tragédie lyriqueChapitre 14 sur 27 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

Près du torrent impétueux Le centaure Nessos paraît; il me propose

De m 'emporter sur l'autre bord.

J'y consens! il me prend sur sa robuste croupe

Et s'élance à travers les Ilots !

— Nessos touche la terre; Il me retient dans ses bras.

Hercule est loin, dit-il; vous êtes ma conquête! Je crie! Hercule entend!

Il tend son arc! la (lèche vengeresse Dans le sang de l'Hydre trempée Perce Nessos qui rugit de douleur!

— Le Centaure est tombé mourant près de son antre.

Il prend parmi d'autres trésors

Une fine tunique blanche :

Avec elle il étanche Son sang qui coule à flots!...

— « Reine, les Magiciennes

M ont appris de ce sang la vertu souveraine ; Au cœur d'un homme il peut fixer l'amour ! Si ton époux est infidèle un jour, Qu'il revête la robe enchantée; Quand le soleil l'aura frappée, Un feu divin en lui s'allumera Et son amour pour toi renaîtra dans son âme. »

— Il dit, retombe et meurt.

— Si je dois recourir aux obscures puissances, J'éprouverai l'effet de ce charme. — Silence!

Les Mêmes, IOLE, suivie des OECHALIENNES.

0 Reine, sauvez-moi !

Toi! viens-tu me braver?

Non! je viens me soumettre!

Votre esclave, votre captive, Prête à vous suivre !

Eh quoi !

Hercule n'est-il pas lui-même ton esclave? Il t'aime!

IOLE

Je ne l'aime pas!

DÉJÀ n i n e .

Qu'as-tu dit?

Sa volonté seule Fit le mal dont vous m'accusez!

Je me débats sous sa main redoutable; De mon refus vient sa fureur.

Il frappe enfin le noble Pbiloctète!

Pbiloctète !

IOLE

Je l'aime et c'est lui seul que j'aime! Emmenez-moi dans Calydôn !

Alors, délivrant Pbiloctète, Hercule m'oubliera pour revenir à vous.

Ah ! le ciel à la fin s'éclaire !

Ainsi qu'un baume salutaire Ta parole à calmé mon cœur.

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