ACTE TROISIEME
Près du torrent impétueux Le centaure Nessos paraît; il me propose
De m 'emporter sur l'autre bord.
J'y consens! il me prend sur sa robuste croupe
Et s'élance à travers les Ilots !
— Nessos touche la terre; Il me retient dans ses bras.
Hercule est loin, dit-il; vous êtes ma conquête! Je crie! Hercule entend!
Il tend son arc! la (lèche vengeresse Dans le sang de l'Hydre trempée Perce Nessos qui rugit de douleur!
— Le Centaure est tombé mourant près de son antre.
Il prend parmi d'autres trésors
Une fine tunique blanche :
Avec elle il étanche Son sang qui coule à flots!...
— « Reine, les Magiciennes
M ont appris de ce sang la vertu souveraine ; Au cœur d'un homme il peut fixer l'amour ! Si ton époux est infidèle un jour, Qu'il revête la robe enchantée; Quand le soleil l'aura frappée, Un feu divin en lui s'allumera Et son amour pour toi renaîtra dans son âme. »
— Il dit, retombe et meurt.
— Si je dois recourir aux obscures puissances, J'éprouverai l'effet de ce charme. — Silence!
Les Mêmes, IOLE, suivie des OECHALIENNES.
0 Reine, sauvez-moi !
Toi! viens-tu me braver?
Non! je viens me soumettre!
Votre esclave, votre captive, Prête à vous suivre !
Eh quoi !
Hercule n'est-il pas lui-même ton esclave? Il t'aime!
IOLE
Je ne l'aime pas!
DÉJÀ n i n e .
Qu'as-tu dit?
Sa volonté seule Fit le mal dont vous m'accusez!
Je me débats sous sa main redoutable; De mon refus vient sa fureur.
Il frappe enfin le noble Pbiloctète!
Pbiloctète !
IOLE
Je l'aime et c'est lui seul que j'aime! Emmenez-moi dans Calydôn !
Alors, délivrant Pbiloctète, Hercule m'oubliera pour revenir à vous.
Ah ! le ciel à la fin s'éclaire !
Ainsi qu'un baume salutaire Ta parole à calmé mon cœur.