DERNIER TABLEAU
[Le Thédtre représente le même décor qu'au premier acte. Les paysans sont groupés de frayeur sur les toits de leurs Chalets, et sur la tour de l'Eglise. Le chateau du bon Seigneur Philippeau est en feu. Le tocsin sonne, quelques paysans gravissent la montagne, l'incendie se reflète dans le lac, La Fille de ? Orage sort
des flammes au haut de la montagne.]
Urbin accablé de fatigue n’a pu les suivre, et non loin du chateau, plus effrayé que jamais cherche a fuir rapidement, mais la Fille du tonnerre lance la foudre sur lui. Dès-lors il est perdu pour ce monde. Toutefois son âme éperduement amoureuse, brûle toujours de le posséder: elle implore de nouveau son père toutpuissant; elle le conjure d’en faire un ange et de les placer tous les deux près de lui dans les cieux.
L’Orage gronde violemment. Un fort éclair brille, et dans ses zig-zags, dessine à travers la montagne, en énormes lettres de an
ce terrible anathéme:
‘ Malédiction à la Fille de Orage.”
Deux nuages paraissent, l’un porté par des anges, et l’autre par des lutins. Urbin monte au ciel, tandis que son immortelle amante descend aux enfers. Les nuages viennent à se rencontrer. Alors, Urbin la trouvant encore plus belle que jamais, implorant à genoux
la miséricorde de son invisible père; Urbin désormais est fils chéri
a OR An wea ane
des cieux, et comme tel, possède une puissance infinie; livrant un combat aérien à ces anges du démon, il anéantit facilement ces infernaux lutins. Les nuages s'entre-unissent à tout jamais et montent aux cieux dans le plus solemnel triomphe.
Un effet d’aurore a remplacé les lueurs de l'incendie, et se refléte sur les nuages transparents, sur les chalets, sur le lac et les
groupes extrémement animés des paysans.
HT ote—
Lx rideau tombe cette fois à la satisfaction de J upiter qui se
sauve avec un tonnerre, sous son bras, de vingt-quatre livres!... En
se retournant, pour dire bon soir à la Fille de Orage, qui rit; il
perd un éclair qu'il avait acheté chez un marchand de Lucifer de
quinze sous.*
Le Public enchanté de la soirée, applaudit avec sa bouche,
et crie du haut du Paradis: rendez-nous notre argent blanc! à la
porte les auteurs, les acteurs, les directeurs, les chanteurs, les
grands opérateurs et surtout les balayeurs !— Un grand maigre, qui a des lunettes sur son nez en verre de crie, à toute outrance : rendez-moi mon billet; je veux en faire faire des bretelles en caoutchouc! à la porte le lustre, à la porte les banquettes !—Une voix enrouée: à la porte le théâtre, à la porte les fenêtres! — Une demi heure après, c'était le public qui était à la porte, et qui jurait
qu’on l'avait mis dedans !—Un vieux Monsieur qui a des boutons,
* Mystères des coulisses.
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