‹ Délassements culinaires ... Culinary relaxationsChapitre 6 sur 25 · LA FILLE DE LORAGE · texte numérisé non relu

LA FILLE DE LORAGE

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[Le Théâtre représente l'extérieur du Chéteau du Seigneur Pur- LIPPEAU, que l’on a aperçu au Premier Acte, sur le sommet de la montagne. Ce Château est ainsi distribué: A droite et à gauche

du spectateur sont deux bosquets ornés de statues gracieuses. |

Cing élégantes arcades sont près de l’avant-scène, et font face q eles: P

aux spectateurs; celle du milieu est très large et plus élevée;

une galerie de marbre est au dessus; elle est chargée de fleurs

et de verdure; quelques verres lumineux brillent au milieu des

vases embaumés. Parmi les arches on aperçoit un large massif de

verdure, un jet d’eau de chaque côté, une grotte très rustique au milieu, distante de vingt pas. Elle est surmontée d'une énorme et fort élégante coquille bordée de verres lumineux: plusieurs sont placés dans les interstices des pierres qui forment la grotte. L'on apperçoit sous les grands vases des jets d'eau: des flammes rougeâtres au travers des pe d’eau en mouvement. Au fond, à droite et à gauche, de larges fenêtres resplendissent de lumière à talons de superbes rideaux. Les fenêtres du fond sont ouvertes ;

l'ombre de quelques personnages se distingue sur les rideaux,

En un mot, tout annonce l’apprét d'une fête magnifique; on entend au loin une musique de bal. La société commence à se promener sur la galerie que supportent les arcades,

Un ciel bleuâtre chargé d'étoiles, semble vouloir ajouter son divin pouvoir à cette fête toute brillante, donnée par le seigneur Philippeau, à ses nobles amis, et aux bons paysans qui l'entourent, en réjouissance de l’arrivée d'un héritier, que le ciel vient de lui donner.

Quelques légers nuages passent sous l’azur des cieux, il en est un qui vient s’abattre gracieusement au pied du grotto; (chose trés fréquente sur les hautes montagnes.) Bientôt, ce nuage s’évapore et laisse voir Urbin à genoux aux pieds de la céleste fille. Graduellement les forces lui manquent: il s’'évanouit. Tous les soins de son amante ne sauraient lui rendre le sentiment: aussi, montée sur la coquille, exprime-t-elle le plus grand désespoir. S’étant aperçue que les humains ne sauraient subsister sans aliments: elle quitte Urbin, passe les arcades, et, d'un bosquet, à l'autre, elle cherche et trouve des fruits: enchantée, elle danse joyeusement en les cueillant. O bonheur! elle va le rappeler à la vie! mais l’infortunée perd son chemin..... En vain, elle implore les statues inanimées; elle invoque l'amour qui lui avait offert ses magiques services. Une flamme bleuâtre sort de la pelouse et voltige à ses pieds, au niveau de l’herbe légère; elle tâche de la saisir et arrive en la poursuivant auprès du grotto tant désiré; mais, horrible infortune!.. Urbin devenu visible aux humains, vient d’être découvert. Une foule de Dames l'en-

tourent impossible de l’approcher. Ces Dames lui ont porté des

HERO -LBO HERB IEEO-

secours, et l’emmènént au château. Il cherche inutilement la

fille des cieux. Il la croit perdue à jamais, Tout ceci n’est qu'un |

rêve, se dit-il, et je suis bien Urbin, Urbin le villageois. Sa beauté fait l'admiration des Dames qui l'entourent. La Fille de YOrage est indignée de la frivolité d’Urbin, qu’elle croit inconstant; de rage et de désespoir elle jure de s'en venger, et le suit

partout d’une manière invisible. —

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