DIZAINS CXXXVII-CXXX1X IO
Eust le futur deceu couvertement.
Vous, ô haultz cieulx veites apertement Qu'onques en moy ne pensay d'approcher [66]
Le bien, que j'ay tousjours eu sur tout cher : Aussi par vous la Fortune bénigne Le me feit veoir, & presqu'au doigt toucher, M'en retirant, comme sans vous indigne.
Bien fortuné celuy se pouvoit dire,
Qui vint, affîn qu'en voyant il vainquist ' :
Mais plus grand heur le sort me deut ascrire,
Qui tel souhaict inespéré m'acquit,
Me submettant celle, qui me conquit
A transformer son saulvage en humain.
Non que ne soit trop plus, qu'a ce Romain, Mon chemin aspre, aussi de plus grand' gloire. Car en vainquant tumber dessoubz sa main, M'a esté voye, & veue, & puis victoire.
CXXXVIII. — 5. appertement CXXXIX. — 1. povoit (T) — 2. à fin
Le grant regret & a Dieu dire Et trespiteux département De vous belle certainement M'ont mis en douloureux martire.
Scève fait ici réponse à la xr* question du Pbilocope (voir Reynier, le Roman sentimental avant l'Astrée, p. 48). Le Jardin de Plaisance nous présente la discussion de la même question dans le Débat de la noyre et de la tannée.