DIZAINS CLXVII-CLXVIII
Toutes les fois qu'en mon entendement Ton nom divin par la mémoire passe, L'esprit ravy d'un si doulx sentement, En aultre vie, & plus doulce trespasse : Alors le Cœur, qui un tel bien compassé, Laisse le Corps prest a estre enchâssé : Et si bien à vers l'Ame pourchassé, Que de soymesme, & du corps il s'estrange.
Ainsi celuy est des siens dechassé, A qui Fortune, ou heur, ou estât change 2.
i. Pour l'emblème, cf. Ovide, Met. III, i$5 sqq. Ce souvenir d'Ovide se retrouve partout à cette époque, en Italie et en France : — Pétrarçue, canz. Nel dolce tempo... et passim ; — Chariteo, Libre délia Metam., I, 92 sqq., éd. Pèrcopo ; — Tebaldeo, son. 137 ; — Bembo, Asolani, p. 81, etc. — C'est un cliché pétrarquiste. En France, voir Leniaire di- Belges (éd. Stecher, III, 14, 23, etc.).