DIZAINS CLXXIII-CLXXVI
Se nourrissant de ma vaine souffrance Toute confuse au bien que je pretens.
Et a me veoir les Astres mal contentz Inspirent force au languissant plaisir [82]
Pour non acoup de vueil me dessaisir, Qui, persistant a ses fins prétendues, A mon travail augmente le désir, Strigile vain a mes sueurs perdues.
Voy le jour cler ruyner en ténèbres, Ou son bienfaict sa clarté perpétue :
Joyeux effectz finissent en funèbres », Soit que plaisir contre ennuy s'esvertue.
Toute haultesse est soubdain abatue, De noz deduitz tant foible est le donneur. Et se crestantz les arbres, leur honneur, Légère gloire, en fin en terre tumbe, Ou ton hault bien aura seul ce bon heur De verdoyer sur ta fameuse tombe.
Diane on voit ses deux cornes jecter Encore tendre, & foiblement naissante :
Et toy des yeux deux rayons forjetter,
CLXXV. — 2. bien-faict — perpétue — 4. s'esvertue — 5. abatuë CLXXVI. — 1. void— 3. yeulx
1. Lieu commun souvent repris à cette époque : voir les Limettes des Princes de J. Meschinot... (1528, Galliot du Pré), fol. 2 : Apres beau temps vient la pluye & tempeste, Plaings, pleurs, souspirs, viennent après grand feste, Car le partir de plaisance fort griefve...
La veue basse, & alors moins nuisante.
Puis sa rondeur elle accomplit luisante Et toy ta face élégamment haulsant.
Elle en après s'affoiblit descroissant, Pour retourner une aultrefois novelle :
Et le parfaict de ta beaulté croissant Dedans mon cœur tousiours se renovelle.
GLXXVII
Par ta figure, haultz honneurs de Nature Tu me feis veoir, mais trop a mon dommage La gravité en ta droicte stature, L'honnesteté en ton humain visage, Le vénérable en ton flourissant aas;e
CLXXVI. — 4. veut — nuysante — 5. luysante — 8. nouvelle 10. renouvelle