‹ DelieChapitre 20 sur 363 · Edit. Charpentier (1843), in-12, pp. 42 et · texte numérisé non relu

Edit. Charpentier (1843), in-12, pp. 42 et

INTRODUCTION XLI

tionne à plusieurs reprises ; le premier au xix* siècle, il a tiré de l'oubli quelques dizains, tout en déclarant la Délie « à peu près illisible». Vers la fin du siècle dernier, lorsque la critique s'attaqua aux œuvres des symbolistes, appelés aussi décadents (Mallarmé, Moréas, Laforgue, etc.), le nom de Maurice Scève reparut. On l'opposa aux novateurs pour leur prouver qu'ils n'avaient rien inventé, et que Scève avait eu, avant eux, le monopole de l'obscurité '.

Nous trouvons des portraits de Maurice Scève dans les deux éditions de la Délie. Celui de 1 564 est aussi banal que celui de 1 544, mais le profil est tourné à droite. Il en existe un troisième dans le Promptuaire des Médailles de Guill. Roville(éd. de 1577, p. 251)1. Il nous faut enfin dire quelques mots de celui qu'on voit en tête de cette édition. C'est la reproduction d'un dessin à la mine de plomb sur vélin, que j'ai acquis à la librairie Morgand. J'ignore comment et quand il y vint, mais il m'a paru présenter tous les caractères de l'authenticité. Il reproduit la ressemblance linéaire des portraits imprimés, mais'il possède ce que ces derniers n'ont pas, la vie. On sent à la souplesse des lignes, à la reprise de certains traits, le travail accompli directement en présence du modèle. Si ce dessin, qui représente indéniablementScève, avait été exécuté après sa mort d'après les bois des éditions imprimées, ou même d'après quelque autre portrait aujourd'hui perdu, il n'aurait pas à un tel degré ce caractère ; la banalité s'y serait accrue. Les portraits imprimés me semblent morts, inexpressifs. Celui-ci est vivant et j'ai cru qu'il méritait de trouver place ici.

1. Cf. Maurice Peyrot : Symbolistes et décadents, dans la Nouvelle Revue du 1" décembre 1887.

2. Un ouvrage paru au début du xvn° siècle, sans nom d'auteur, intitulé Pourtraictx. de plusieurs hommes illustres qui ont flory en France depuis Tan ifoo jusqu'à présent, ouvrage connu sous le nom de Chronologie collée, renferme un autre portrait de Scéve au n° 117.

XLII INTRODUCTION

La présente édition reproduit le plus exactement possible l'édition originale, respectée jusque dans ses fautes, sauf le cas d'erreur typographique évidente. L'orthographe a été scrupuleusement conservée. On s'est contenté de faire la distinction de Vi et du /, de Vu et du v. Pour éviter au lecteur tout embarras dès la lecture des premiers vers, je l'avertis d'une particularité orthographique de notre auteur : sauf quelques rares exceptions, qui sont autant d'inadvertances, il ne met pas l'accent grave sur u préposition, et accentue au contraire à, 3e personne de l'indicatif présent du verbe avoir1. J'ai scrupuleusement suivi la ponctuation, bien qu'elle soit arbitraire et bizarre, souvent même évidemment fausse. Toutefois, dans quelques cas où elle eût été trop choquante, je l'ai corrigée, mais en relevant dans l'appareil critique l'état original. Dans un texte aussi obscur, dont le sens prête souvent à discussion, j'ai pensé que toute autre correction de ponctuation impliquait une interprétation personnelle, déplacée dans un document qui doit avoir une valeur objective.

Les chiffres placés entre crochets, à droite du texte, indiquent la pagination de 1544. Les emblèmes, reproduits ici par procédé photographique, sont, dans l'édition de 1 544, d'une exécution un peu grossière, et c'est à cette cause qu'il faut attribuer l'aspect un peu lourd qu'on leur reprochera peut-être dans notre édition. Nous les avons mis à la place qu'ils occupent dans le texte, mais les nécessités typographiques de mise en feuilles ne nous ont pas permis de les placer toujours au lieu qu'ils occupent dans la page de l'original. Dans l'édition de 1544, ils viennent tous en tête de page, tous les neuf dizains; ici, l'appareil critique et

1. L'éJition de 1564 rétablit sur ce point l'orthographe actuelle, sauf le cas de faute d'impression. Je n'ai pas cru devoir, dans l'appareil critique, relever cette divergence chaque fois qu'elle se produisait; je signale le fait ici une fois pour toutes.

INTRODUCTION XLIII

les notes nous empêchaient de diviser notre livre en tranches égales et régulières.

J'ai dû modifier la Table et Indice de tous les Dizains, qui, dans l'original, ne sont pas rangés suivant un ordre alphabétique exact. J'ai éprouvé par moi-même que cette confusion gênait les recherches ; aussi ai-je rétabli un ordre alphabétique rigoureux. Il en a été de même pour la numérotation des dizains. L'édition de 1544 a une numérotation fausse, puisque le dernier dizain porte le chiffre 458, et qu'il n'y en a que 449. La numérotation exacte a été rétablie devant chaque dizain, ainsi que dans la table. Tous les renvois, dans les notes, sont faits, non aux pages, mais aux dizains.

L'appareil critique se réduit à fort peu de chose. Je n'avais à relever que deux catégories de variantes : celles de 1564, qui ne sont guère que des variantes de graphie ; celles de la Table et Indice de 1 544, pour le premier vers de chaque dizain. Les premières sont indiquées sans signe spécial ; les secondes sont s uivies du signe (T). Enfin, pour ceux des dizains de Scève publiés avant 1544, soit dans quelque autre ouvrage de l'auteur, soit dans des recueils collectifs, j'ai noté aussi les variantes que présentait l'état premier.

J'ai cru être agréable et utile aux lecteurs en ajoutant encore au volume une Bibliographie des écrits de Maurice Scève, une Bibliographie des ouvrages cités dans les notes des dizains, enfin un Lexique.

Je ne veux pas finir sans remercier tous ceux qui m'ont aidé en facilitant mes recherches : M. Paul Bonnefon, de l'Arsenal, dont la bonne grâce infatigable a toujours répondu aux demandes de livres dont je l'ai littéralement harcelé; M. Emile Picot, de l'Institut; mon vieil ami Louis Denise, de la Bibliothèque Nationale ; MM. Chamard, Hauvette, Huguet, de la Sorbonne, qui ont contrôlé mon travail et revu patiemment mes épreuves; M. Mariéjol ; M. P. de Nolhac ; M. Léon Dorez;

XLIV INTRODUCTION

M. Herissey, de l'Ecole de Pharmacie ; M. Millot, bibliothécaire de la ville du Havre ; mon frère Louis Parturier, et M. de Médina, avocat à Madrid ; enfin MM. Rahir, libraire, et Laugel, bibliophile, dont l'obligeance m'a permis de voir quelques ouvrages rares, absents de nos bibliothèques. Je leur adresse ici à tous l'expression de ma très vive reconnaissance '.

Paris, 14 mai 191 3.

1. Depuis le moment où cette préface fut écrite, deux des personnes ici mentionnées ont été ravies par la mort à l'affection de leurs amis : MM. Denise et Laugel.

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