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CLXXXVIII

Voy ce papier de tous costez noircy ' Du mortel dueil de mes justes querelles : Et, comme moy, en ses marges transy, Çraingnant tes mains piteusement cruelles. Voy, que douleurs en moy continuelles Pour te servir croissent journellement, Qui te debvroient, par pitié seulement, A les avoir agréables constraindre, Si le souffrir doibt supplir amplement, Ou le mérite oncques n'a peu attaindre.

D'un tel conflict en fin ne m'est resté, Que le feu vif de ma lanterne morte 2, Pour esclairer a mon bien arresté L'obscure nuict de ma peine si forte, Ou plus je souffre, & plus elle m'enhorte A constamment pour si hault bien périr. Périr j'entens, que pour gloire acquérir En son danger je m'asseure tresbien :

Veu qu'elle estant mon mal, pour en guérir Certes il fault, qu'elle me soit mon bien 3.

CLXXXVIII. — 4. Craignant — 8. aggreables contraindre

1. Source probable : Arioste (Rime, Venise, 1546, fol. 19 v°) :

Se con speranza di mercè perduti Ho i miglior' anni in vergar tanti fogli... Voir dans l'éd. LeMonnier, 1894, t. I, p. 305.

2. Tebaldeo, son. 104 : Lucerna sen^a humor presto se amoryi...

1. C'est là une allusion, qu'on retrouve fréquemment dans les écrits

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