DIZAINS CCXLV1II-CCL
En permettant que mon si long pener Pour s'exercer jamais ne diminue, Tresaisément te peult acertener, Qu'en fermeté ma foy il insinue, Affin qu'estant devant toy ainsi nue, Tu sois un jour clerement congnoissant, Que mon travail sans cesser angoissant, Et tressuant a si haulte victoyre, Augmente a deux double loyer croissant A moy mérite, à toy louange, & gloyre .
Le jeune Archier veult chatouiller Délie : Et, se jouant, d'une espingle se poinct.
CCXLIX. — 2. diminue — 3. Tres-aisément — 4. insinue — 5. A fin — nuë — 8. victoire — 10. gloire
Lors tout soubdain de ses mains se deslie,
Et puis la cherche, & voit de poinct en poinct.
La visitant luy dit : Auroys tu point Traictz, comme moy, poingnantz tant asprement ? [116] Je luy respons : Elle en à voyrement D'aultres asses, dont elle est mieulx servie.
Car par ceulx cy le sang bien maigrement, Et par les siens tire & l'ame, & la vie1.
Au commun plainct ma joye est convertie De dueil privé en mon particulier, Par la Fortune en mon sort compartie, Quasi pour moy un malheur familier, Qui m'a frustré de ce bien singulier, Par qui raison contre debvoir opine.
Doncques voyant la tresriche rapine En main d'aultruy, indigne d'elle, enclose. De mon labeur me fault cueillir l'Espine Au loz, & heur de qui à eu la Rose 2.