CCLX1V
La Mort pourra m'oster & temps, & heur[e J, Voire encendrir la mienne arse despouille : Mais qu'elle face, en fin que je ne vueille Te désirer, encor que mon feu meure ?
Si grand povoir en elle ne demeure.
Tes fiers desdaingz, toute ta froide essence, [122] Ne feront point, me nyant ta présence, Qu'en mon penser audacieux ne vive, Qui, maulgré Mort, & maulgré toute absence, Te représente a moy trop plus, que vive ».
Tous temps je tumbe entre espoir, & désir 2 : Tousjours je suis meslé de doubte, & craincte :
CCLXIV. — IJ44 et 1564 portent & heur, faute évidente. CCLXV. — 1. tombe (T) — 2. 1544 porte la faute Tousjôrs
1. Cliché pétrarquistc — Voir Pétrarque, son. Io non fud'amar voi lassato unquanco. . . ; Chariteo(éJ. Pércopo, II, 142). Je le cite parce que Scève l'imite :
Morte puô far che'l corpo non si doglia, Ma, ch'io non ame più, nô'l puo far morte ; Né che l'ardore io mono non comporte, Che'n l'anima sent'io l'ardente voglia...
— Cf. en FraDce, Jehan Marot, Recueil, fol. D S V : Car d'autre amour onc ne fuz curieux Ny ne seray encor que mourir deusse.
et Michel d'Amboise, Cent Epigrammes, 1532, fol. 46 r° : Le temps n'aura force ou povoir jamais... On trouve déjà même chose dans le Jardin de Plaisance, fol. 77 v", et dans Angeriano, Erotopaegnion, pièce De suoainore aeterno.
2. Cf. Délie, diz. 271 et 299. — Seratino(éd. i$48), fol. 150 r" :