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Pétrarque, son. Io amai sempre

I cadrei niorto.

Bembo, dans les Asolaui, parle du plaisir que les amoureux éprouvent parles yeux: eux seuls, dit-il, savent voir l'objet de leur amour et en sont profondément troublés et émus. « Avvicnc spesse volte, che akuna bella donna passa dinanzi a gli occhi di molti uomini, e da tutti gèneralmente volentieri è veduta, tra' quali se uno o due ve n'ha, che con diletto più'vivo la riguardino, cento poison quelli per avventura. che ad essa non mandano la seconda o la terza guatatura. Ma se tra que' cento l'amante di lei sta, e vedela, che a questa opéra non suole perô essere il sezzaio, ad esso pare che mille giardini di rose se gli aprono all'incon tro, e sentesi andarc in un punto d'intorno al cuore uno ingombramento taie di soavità, che ogni fibra ne riceve ristoro... Egli la mira intentamente erimira con infingcvole occhio, c per tut te te faUci\c discorrendo con vagbe\\a solo dagli amanti conosciuta, ora risguarda la bella treccia... etc. » (Ed. Sonzogno, p. 88. et trad. de J. Martin, 1545, fol. 89 V).

DIZAINS CCLXXXIX-CCXCI I99

Me contraingnit a m'oblier moymesmes ' Pour mieulx povoir d'aultruy me souvenir.

eexe

Comme gelée au monter du Soleil, Mon ame sens, qui toute se distille Au rencontrer le rayant de son œil, Dont le povoir me rend si fort débile, Que je devien tous les jours moins habile A résister aux amoureux traietz d'elle.

En la voyant ainsi plaisamment belle, Et le plaisir croissant de bien en mieulx Par une joye incongneue, & novelle, Que ne suis donc plus, qu'Argus, tout en yeulx 2 ?

Le Painctre peult de la neige depaindre 3

La blancheur telle, a peu près, qu'on peult veoir :

CCLXXXIX. — 9. m'oublicr — 10. pouvoir CCXC. — 2. sents — a. pouvoir — 9. nouvelle

i. Roman de la Rose, éd. Méon, v. 2291 (sur le mal d'aimer) : Si t'avendra maintes foiées Qu'en pensant t'entroblieras.

2. Serafino (éd. 1548, fol. 132 v°) envie le ciel dont les étoiles sont autant d'yeux qui contemplent sa dame :

Invidio clie lia tanti occhi da puardare, Che puô mirarla c non lassarci un pelo, F, se han piaccr cou doi ocdii pli nmanti, Che farà dunque il ciel, clic n'apre tanti ? 5. A peu près traduit de Bembo (Asolaiii, éd. SonzogllO, p. 87, et trad. de J. Martin, fol. HS r ) : <• Ma passiamo, se vi piace, alla dolcezza d'Amore. Quantunque, o donne, grandissimo incaricoé questoper certo, a volere con parole asseguire la dimostrazione di quclla cosa, clic quaic sia c quanta, si stiite piii agevohnenle che non si r//V<'. Percioccbê skeome il

Mais il ne sçait a la froideur attaindre, Et moins la faire a l'oeil appercevoir.

Ce me seroit moymesmes décevoir, Et grandement me pourroit Ion reprendre [r34] Si je taschois a te faire comprendre Ce mal, qui peult, voyre l'Ame opprimer, Que d'un object, comme peste, on voit prendre, Qui mieulx se sent, qu'on ne peult exprimer.

De ton sainct œil, Fusil sourd de ma flamme,

Naist le grand feu, qui en mon cœur se celé :

Aussi par l'œil il y entre, & l'enflamme

Avecques morte & couverte estincelle,

Me consumant, non les flancs, non l'esselle,

Mais celle part, qu'on doibt plus estimer,

Et qui me fait, maulgré moy, tant aymer,

Qu'en moy je dy telle ardeur estre doulce,

Pour non (en vain) l'occasion blasmer

Du mal, qui tout a si hault bien me poulse.

Celle régit le frain de ma pensée,

Autour de qui Amour pleut arcz, & traictz,

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