Voir Gohin, édition d'Héroët, Paris, 1909, p. xv sqq
7. Sur les frères de Vauzelles, Georges, Jean et Mathieu, voir Colonia
X INTRODUCTION
du Choul '. Dans sa famille, la science et la poésie sont en honneur; ses sœurs, Claudine et Sibylle, sont comptées parmi les poètes.
A partir de 1540 environ, jusqu'à l'apparition de la Pléiade, c'est-à-dire entre Marot et Ronsard, il est le plus considérable peut-être de tous les poètes français. C'est alors, en 1544, qu'il fait paraître la Délie.
Elle fut publiée, à Lyon, l'année même de la mort de Marot. Scève n'avait jusque là donné aucune œuvre importante. Les Blasons2 n'avaient été que des jeux d'esprit ; la Deplourable fin de Flamete était une traduction ; quant à YEclogue sur le trespas du Dauphin Françoys (1536), c'était une pièce de circonstance, publiée dans un recueil collectif, et qui n'avait que 228 vers?. La Délie avait une autre signification ; c'était le recueil impatiemment attendu par les amis et les admirateurs. Scève dut le commencer dès l'année 1527 environ; le texte même de l'ouvrage nous en apporte la preuve. En effet, comme l'avaient fait autrefois Dante et Pétrarque, et suivant la coutume de presque tous les pétrarquisants, Maurice Scève a placé dans son recueil un certain nombre d'allusions à des événements qui datent les dizains où elles se trouvent 4. La composition de la Délie s'étendrait ainsi entre les années 1527 et 1 544. Cette thèse est d'ailleurs appuyée par des témoignages contemporains. La Délie était connue dès 1537 parmi les amis de Scève; Jean Visa-
(Hisl. litt. de Lyon, t. II, p. 569 sqq.); Picot, Français italianisants, I, chap. x ; L. de Vauzelles, La vie de Jacques, comte de Vintimille. Orléans, 1865, p. 27 sqq.