‹ DelieChapitre 325 sur 363 · CCCLXI. — s- chauld CCCLXII. — 3. auculnesfois · texte numérisé non relu

CCCLXI. — s- chauld CCCLXII. — 3. auculnesfois

1. Cf. Délie, diz. 367. — Cf. aussi Jardin de Plaisance, fol. 110 v° Quand ung jour suis sans que je voye Ung seul plaisir que mes yeux ont, Toutes les lyesses qui sont Si ne me mettroient pas en joye.

Plus me dueil que si je perdoye Tous les biens qui ja m'adviendront.

Mais s'il vous plaist que la revoye, Mes douleurs tout a coup s'en vont Qui au départir reviendront Plus dures que je ne vouldroye.

DIZAINS CCCLXI-CCCLXIII 2^

Ne peult en moy la sage providence :

Car sur ma foy la paour fait résidence, Paour, qu'on ne peult pour vice improperer.

Car quand mon cœur pour vouloir prospérer Sur l'incertain d'ouy, & non se boute, Tousjours espère : & le trop espérer « M'esmeult souvent le vacciller du doubte.

CCCLXIII

Estant ainsi vefve de sa présence,

Je l'ay si vive en mon intention,

Que je la voy toute telle en absence,

Qu'elle est au lieu de sa détention.

Par divers acte, & mainte invention

Je la contemple en pensée rassise. [x^^3

Cy elle alloit, là elle estoit assise 2 :

i. Cf. Jehan Marot, Recueil, fol. D <j v° :

Soit bien ou mal, contrainct suys de t'aymer. Car tous les biens qu'onques Dieu & nature Mirent jamais en humaine facture Gisent en toy, sans ungseul reprimer.

Parquoy je crains de trop hault présumer : Mais espoir vient ma doubte reformer M'admonestant

— Ovide, Rem. Am., 727 sqq. :

Hic fuit, hic cubuit ; thalamo dormivimus isto...

— Pétrarque, son. Sennucio, ivo... :

Quicantôdolcemente, et qui s'assise Qui si rivolse, et qui ritenne il passe. .

— Bembo, son. Amor che meco in quest' ombre ii siavi... :

Ecco, ove giunse prima, et poi s'assise... Qui corne suol, chi se stesso consiglia Stette pensosa : o sue belle divise Corne m'havete pieu di meraviglia.

De la comparaison des testes, il ressort que c'est au sonnet de Bemboque Sceve a pensé ici.

Icy tremblant luy feis mes doléances :

En ceste part une sienne devise Me reverdit mes mortes espérances.

L'Esprit vouloit, mais la bouche ne peut Prendre congé, & te dire a Dieu, Dame ' . Lors d'un baiser si tresdoulx se repeut, Que jusqu'au bout des lèvres tyra l'Ame2.

L'œil a plorer si chauldement s'enflamme, Qu'il t'esmouvroit a grand' compassion.

Quand est du Cœur, qui seul sans passion Avecques toy incessamment demeure, Il est bien loing de perturbation, Et rid en soy de ce, de quoy l'œil pleure.

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