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Cf. Dante, Vita nuoia, xiv

2. Helisenne de Crenne, Angoisses, fol. a 6 V : « Ma renommée avoit (jusques a présent) esté clere, sans estre notée de chose qui pent dénigrer mon honneur. » — Claude de Taillemont dira en 1556 (Tricarite, p. 62) :

Serey-je donc mocqé, è elle ancor notée,

O Gant brute, è sans cœur, de nulle Ame agitée...

DIZAINS CCCLXXXVII-CCCLXXXIX 265

Qui cy m'a faict pécher villainement :

Mais tout ainsi qu'a son advenement Le cler Soleil les estoilles efface ', Quand suis entré j'ay creu soubdainement, Qu'elle estoit seule au lustre de sa face.

CCCLXXXVIII [177]

Ce doulx venin, qui de tes yeulx distille, M'amollit plus en ma virilité, Que ne feit onc au Printemps inutile Ce jeune Archier guidé d'agilité.

Donc ce Thuscan pour vaine utilité Trouve le goust de son Laurier amer 2 : Car de jeunesse il aprint a l'aymer.

Et en Automne Amour, ce Dieu volage, Quand me voulois de la raison armer, A prévalu contre sens, & contre aage.

CCCLXXXIX

Elle à le cœur en si hault lieu assis Qu'elle tient vil ce, que le Monde prise : Et d'un sens froit tant constamment rassis Estime en soy ce, que chascun mesprise. Dont par raison en la vertu comprise Ne se tient plus icy bas endormie.

CCCLXXXVIII. — 7. apprint

CCCLXXXIX. — 1. a (T) — $. froid — 4. chacun

r. Pétrarque, son. Il cantar nutnm... :

Quel far le stelle, e questo sparir lei. 2. Cf. Pétrarque, passim.

Mais tasche encor, comme intrinsèque amye, A me vouloir a si hault bien instruire. Mesmes voyant l'Aigle, notre ennemye, Par France aller son propre nid destruire '.

Toutes les fois que je voy eslever

Tes haultz sourcilz, & leurs cornes ployer

Pour me vouloir mortellement grever,

Ou tes durs traictz dessus moy employer,

L'Ame craignant si dangereux loyer,

Se pert en moy, comme toute paoureuse, [l7&\

O si tu es de mon vivre amoureuse,

De si doulx arez ne crains la fureur telle.

Car eulx cuidantz donner mort doloureuse,

Me donnent vie heureuse, & immortelle.

Non (comme on dit) par feu fatal fut arse 2 CCCXC. — i. foys (T) — 6. perd — 9. cuydantz — douloureuse

1. En 1559-1540, Charles-Quint traversa laFrance pour aller réduire les Gantois révoltés.

2. 11 s'agit de Lyon, ou plutôt de la ville bâtie primitivement sur la colline de Fourvières, dont on dérivait alors le nom de Forum Veneris, et que déjà, en 1503, Lemaire de Belges appelait une « saincte montaigtte » (éd. Stecher, t. IV, p. 329). Voir la notice de Stecher sur la vie et les oeuvres de J. Lemaire, 1891, p. xn. — Voir également (Stecher, t. IV, p. 127) la lettre de Hunibert Fournier à Symphorien Champier, et la note 2 de l'éditeur. Fournier dit de Fourvières : « olim Veneris,

DIZAINS CCCXC-CCCXCII 267

Ceste Cité sur le Mont de Venus :

Mais la Déesse y mit la flambe esparse, Pource que maintz par elle estoient venu/. A leur entente, & ingratz devenuz, Dont elle ardit avecques eulx leur Ville. Envers les siens ne sois donc incivile Pour n'irriter & le filz, & la mère.

Les Dieux hayantz ingratitude vile, Nous font sentir double vengeance amere ».

Les elementz entre eulx sont ennemys, Movantz tousjours continuelz discors :

Et toutesfois se font ensemble amys Pour composer l'union de ce corps 2.

Mais toy contraire aux naturelz accordz, Et a tout bien, que la Nature baille,

nunc Parthenices fanum». — Sur l'incendie de Lyon, voirColonia, Hisl litt. de Lyon, 1. 1, p. 269 et p. 148, ch. 8 : « Embrasement de Lyon. Les uns ont dit en général que c'étoit un feu descendu du ciel pour punir le débordement des premiers habitants de cette ville. » Coloniadit (p. 151) que Gabriel Symeoni parle de cet incendie dans sa Description de la Limagne d'Auvergne, Lyon, Roville, 1561. — Cf. Sénèque {Ad Lucil. 91). Scève avait pu lire la description de l'incendie de Lyon dans un ouvrage paru au début du xvr= siècle : Le Gironflier aux dames, ensemble le Dit des Sibiles. Epistre de Seneque à Lucille consolatoire de libéral leur amy qui csioit triste pour ce que lu cité de Lyon dont ilestoit, estoit arse & brûlée. Par ceste epistre 011 peut clcrement cougnoistre quant & comment la. cité de Lyon fut dernièrement destruicte. Et $n quel lieu elle estoit fondée, & quelle elle estoit 6~ les ans de sa durée. S. 1. n. d., in-40 goth. (voir Bull, viens, de la libr. D. Morgand, n " 58, déc. 190;, cote 45044).

1. Cf. dans les Comptes amoureux de J. Flore, comment Vénus se venge des dédains vertueux de la comtesse Méridienne (voir Reynier, Roman sentimental avant l'Astrée, p. 126 sqq.).

2. Cf. Sassoferrato, Olimpia, fol. C 3 : Les hommes sont composés des quatre éléments ; si l'un d'entre eux se sépare des autres, c'est la mort qui survient.

En ceste mienne immortelle bataille

Tu te rens doulce, & t'appaises soubdain :

Et quand la paix a nous unir travaille, Tu t'esmeulx toute en guerre, & en desdain.

CCCXCIII

Je voys, & viens aux ventz de la tempeste De ma pensée incessamment troublée :

Ores a Poge, or' a l'Orse tempeste 3,

i. Pétrarque, son. Passa la nave mia...

2. Pétrarque, son. Po ben pua tu portartene... : « Senz'ahernar poggia con orza » ; — Bembo , son. Si corne auando il ciel. . . : « Senza alternar di poggia et d'orza Tutta lieta sen' va spalmata nave... » — Voir le Lexique, au mot Poge.

DIZAINS CCCXCIII-CCCXCIV 269

Ouvertement, & aussi a l'emblée, L'un après Paultre, en commune assemblée De double, espoir, désir, & jalousie, Me foudroyantz telz flotz la fantasie Abandonnée & d'aydes, & d'appuys.

Parquoy durant si longue phrenesie, Ne povant plus, je fais plus que ne puis.

Pardonnez moy, si ce nom luy donnay»

Sinistrement pour mon mal inventé. Cuydant avoir du bien plus que je n'ay, J'ay mon procès contre moy intenté.

Car espérant d'estre un jour contenté, Comme la Lune aux Amantz favorise, [^o]

Je luy escris & surnom, & maistrise, Pour estre a elle en ses vertus semblable 2 .

Mais au rebours elle (ô Dieux) les mesprise, Pour a mes vœutz se rendre inexorable.

CCCXCIII. — '6. Il faut lire, à mon avis : De doubte, espoir... CCCXCIV. — 2. 1; 44 porte invente {faute évidente') — 10. vceuz

1. Chariteo lui aussi (éd. Pèrcopo, t. II, p. 57, son. 33) explique pourquoi il a surnommé sa dame Luna :

Costci che mia benigna et ria fortuna... E con giusta cagion chiamata Luna. ..

2. Il faut comprendre : Parce que Délie est en ses vertus semblable à la Lune.

Ce n'est Plancus, qui la Ville estendit1, La restaurant au bas de la montaigne : Mais de soymesme une part destendit Là, ou Arar les piedz des deux Montz baigne L'aUltre saulta de là vers la campaigne, Et pour tesmoing aux nopees accouroit.

Celle pour veoir si la Saône couroit, S'arresta toute au son de son cours lent : Et ceste, ainsi qu'a présent, adoroit Ce mariage entre eulx tant excellent.

CCCXCYI

Le laboureur de sueur tout remply 2 A son repos sur le soir se retire :

Le Pèlerin, son voyage accomply, Retourne en paix, & vers sa maison tire. Et toy, ô Rhosne, en fureur, & grand ire

ÇCCXCVI. — 5. grand*

Paradin (Mém. sur Fhist. de Lyon, Lyon, Gryphius, 1573) écrit au ebap. vu du I" livre, que Plancus, sous Auguste, « fonda la cité de Lyon en la montagne de Forviere, laquelle nous avons montré avoir esté auparavant en l'Isle, entre deux rivières de Rhône & de la Saône » (p. 9).

— Sur Munatius Plancus, voir encore Lugduuum briscum, par le président Claude de Bellièvre, Lyon, 1846, pet. in-40 (Bibl. Nat. Lk7. 13756),

p. 7 sqq.

2. Inspire de Pétrarque, canz. Ne la stagion che' l ciel rapido inchina...

— Serafino (éd. 1548), fol. 126 v° :

Sel zappator il giorno se affatica

DIZAINS CCCXCV-CCCXCVI1 27 1

Tu viens courant des Alpes rendement Vers celle là, qui t'attend froidement, Pour en son sein tant doulx te recevoir '.

Et moy suant a ma fin grandement, Ne puis ne paix, ne repos d'elle avoir.

CCCXCVII [181

Toute fumée en forme d'une nue 2 Départ du feu avec grave maintien :

Mais tant plus haull s'esleve, & se denue, Et plus soubdain se resoult toute en rien.

Or que seroit a pénétrer au bien, Qui au parfaict d'elle jamais ne fault ? Quand seulement pensant plus, qu'il ne fault, Et contemplant sa face a mon dommage, L'œil, & le sens peu a peu me deffault, Et me pers tout en sa divine image.

CCCXCVII. — 1. nuë— 3. denuë

La sera spera il premio, il riposare... Ahi lasso, io spero del mio amor si forte Tormento, inganno...

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