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CCCCXX. — 2. assez — 6. vaiucq

DIZAINS CCCCXX-CCCCXXIII 287

Ou ce mien vueil ne peult en rien valoir,

Ne la pensée, ainsi comme avolée,

Craingnant qu'en fin Fortune Pesvolée

Avec Amour pareillement volage [r92J

Vueillent voler le sens, & le fol aage,

Qui s'envolantz avec ma destinée,

Ne soubstrairont l'espoir, qui me soulage

Ma volenté sainctement obstinée.

CCCCXXII

Touché au vif & de ma conscience,

Et du remord de mon petit mérite,

Je ne sçay art, & moins propre science,

Pour me garder, qu'en moy je ne m'irrite,

Tant ceste aigreur estrangement despite

En vains souhaitz me rend si variable.

Fust elle, aumoins, par vertu pitoyable Mon dictamnum, comme aux Cerfz Artemide ', Tirant le traict de ma playe incurable, Qui fait mon mal ardemment estre humide.

CCCCXXII I

Respect du lieu, soulacieux esbat.

A toute vie austerement humaine,

CCCCXXIII. — 1. soulatieux (T) — 1564 porte une virgule après esbat

1. Cf. Rabelais, IV, lxu : « Les cerfs & bisches, navrés profondément par traicts de dars... s'ils rencontrent l'herbe nommée dictame fréquente en Candie & en mangent quelque peu, soudain les flèches sortent hors, & ne leur en reste mal aucun. » Cf. également Vincent de Beauvais, Spéculum Naturelle, lib. IX, cap. \.\\i, et Boaystuau, Théâtre du Monde, Paris, 1560, fol. 10.

Nourrit en moy l'intrinsèque débat,

Qui de douleur a joye me pourmaine :

Y frequentantz, comme en propre domeine,

Le Cœur sans reigle, & le Corps par compas.

Car soit devant, ou après le repas, Tousjours le long de ses rives prochaines Lieux escartez, lentement pas a pas Vois mesurant & les champs, & mes peines ».

CCCCXXIV [193]

De corps tresbelle & d'ame bellissime, Comme plaisir, & gloire a l'Univers, Et en vertu rarement rarissime Engendre en moy mille souciz divers :

Mesmes son œil pudiquement pervers Me pénétrant le vif du sentement, Me ravit tout en tel contentement, Que du désir est ma joye remplie, La voyant l'œil, aussi l'entendement, Parfaicte au corps, & en l'ame accomplie.

Bien que je sache amour, & jalousie, Comme fumée & feu, esclair, & fouldre, Me tempestantz tousjours la fantasie

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