XCIV. — I. tres-las
1. Pour comprendre le sens de ce dizain, il faut, à mon avis, relire le passage de Marsile Ficin où il est montré comment, par l'Amour, Dieu fit sortir le monde du chaos primitif. Le monde des essences, tourné vers Dieu qui l'attire par l'Amour, s'unit à lui et se forme par cette union. Mais V Amour, qui tourne Vâme du inonde vers V entendement de la Beauté^ vers la Forme, vers l' Idée, précède l'existence du monde et des dieux assignés à ses diverses parties. Les trois mondes (monde des essences, âme du monde, matière) s'organisent tous et se hiérarchisent par l'Amour. (Voir Omnia divini Platonis opéra tralatione Marsilii Ficini, emendatione et ad Graecum codicem collatione Simonis Grynaei, summa diligentia repur^ gâta. Lyon, Antoine Vincent, 1548, p. 258, col. i).
2. II faut donc comprendre qu'Amour, après s'être perdu (abysmé) dans le monde, nous fait souffrir afin de nous faire retrouver la beauté. Il taut, je crois, construire ainsi la phrase : Ainsi vexation, qui donne entendement, nous rendit Amour perdu. — Dans l'ouvrage de Barthélemi Aneau, Picta poesis, Lyon, 1552, on trouve (p. 43) un emblème intitulé : Ex metu religio vel vexatio dat intellectum,
— Cf. 01. deMagny, Souspirs, son. liv.
DELIE
Monstre ma teste estre de sanglotz ceincte, Qui mon plus hault tiennent environné.
Et ce Brouas te couvrant estonné, De mes souspirs descouvre la bruyne.
Tes Aqueductz, déplorable ruyne, Te font priser par l'injure du Temps, Et mes yeulx secz de l'eau, qui me ruyne, Me font du Peuple, & d'elle passe temps
Te voyant rire avecques si grand grâce 2, Ce doulx soubris me donne espoir de vie,
XCV. — 9. IS44 porte leau — 10. passe-temps XCVI. — I. grand' (T) — 2. soub-ris