Jardin de Plaisance, fol. 100 r
Je suis pour vivre & pour languir :
Car mal gre moy je sens a force Sur mon corps porter & souffrir Le mal dont de ce peult mourir, Car tant plus de mourir m'efforce.
Ma vie lors plus se renforce Et semble que Dieu & nature Ayent jure ceste advanture.
— Tebaldeo, son. 190 (éd. Venise, 1544). — Michel d*Amboise, 5^^:?'^/ d'Amours y 1^42, fol. d vi :
Pour ta beaulté j'endure grief martyre, Pour ta doulceur j'ay mal de tous le pire... Ta bonne grâce incessamment me tire A te prier : desespoir me retire Doubtant reffuz, car si tu n'es attaincte Par ta bonté de m'aymer : douleur maincte J'endureray, avec angoisseuse yre De mes travaulx.
2. Cf. Ovide, Her, xiii, 52 : More nivis lacrimae sole madentis eunt ; — et Pétrarque, passim.
DELIE
Que plongeant TAme, & la mémoire au fondz^ lo Tout je m'abysme aux oblieuses rives.
Petit object esmeult grande puissance.
Et peu de flamme attrait Toeil de bien loing. Que fera donc entière congnoissance^, Dont on ne peult se passer au besoing ? 5 Ainsi Honneur plus tost quicteroit soing,
Plus tost au Temps sa Clepsidre cherroit, Plus tost le Nom sa trompette lairroit, Qu'en moy mourust ce bien, dont j'ay envie Car, me taisant de toy on me verroit lo Oster l'esprit de ma vie a ma vie.