I. Pour l'emblème, cf. Serafino (éd. 1548, fol. 105 v
lo ti son come l'elera aile mura,
Che viva è morta mai da lor si cassa...
Dans VHècatongr aphte de Gilles Gorrozet, parue chez Denys Janot en 1541, je trouve (fol. B 5 v°) un emblème analogue ; c'est un arbre autour duquel monte du lierre. Il est accompagné du quatrain suivant, intitulé Ingratitude :
Le Ihierre croist autour d'ung arbre & monte Jusqu'au couppeau, & tant croist sa puissance Que celuy arbre il offusque & surmonte Et en la fin luy porte grand nuisance.
DELIE
Aumoins peulx tu en toy imaginer,
Quelle est la foy, qu'Amour en mon cœur lye.
Car, luy croissant, ou il debvroit finer.
Tout aultre bien pour le tien elle oblie :
Ne pour espoir de mieulx, qui me supplie s
Tousjours elle est plus loyalle en sa prœuve.
Parquoy alors que fermeté se trœuve En celle craincte, ou perte une mort livre, Plus nuict la peur du mal a qui Tesproeuve, Que la douleur a qui jà s'en délivre.
Je sens le noud de plus en plus estraindre Mon ame au bien de sa béatitude, Tant qu'il n'est mal qui la puisse constraindre A délaisser si doulce servitude.
Et si n'est fiebvre en son inquiétude ^ Augmentant plus son altération Que fait en moy la variation De cest espoir, qui, jour & nuict, me tente»
Quelle sera la délectation, Si ainsi doulce est l'umbre de l'attente 3 ?
CLI. — 4. oublie — 9. nuyt — espreuve CLII. — 3 , contraindre