‹ Delie, object de plus haulte vertu;Chapitre 18 sur 372 · RONSARD · texte numérisé non relu

RONSARD

BAIF

DU

SCEVE

RFF T AY

Ed. Buon 1623, t. I

Ed. Blan-

CHEMAIN t. I

rVMUUKb

Ed . Marty- Laveaux t. I

1 oo

Am. I, 166

Cet Emblème^

Am. I

Am. I, 119

Hél. II, 52

Am.I, 208, 214

pp. 117,120

Regr. 13

Am. I, 212

Am. I, 180

Hél. II, 10

ui. «4,99

Am. II, 25

Hél. I, 26

pp-

f . 96 b f. iio a

276 (Emblème^

Hél. 1,33

Regr. 52

Hél. n, 24

Am . 22

SCO

Am. 1,58

Am. I, 166

<Jj . 27

Am. I, 201

423 [cf. diz. 262]

436 [cf. àïz.^Soet 411]

Hél. n, 2

f. iio b

INTRODUCTION

Quoi qu'il en soit de cette influence, sur laquelle je ne puis m'étendre plus longuement, Scève, malgré le rapprochement qui se fit entre les deux écoles, l'ancienne et la nouvelle, semble s'être tenu à l'écart des nouveaux venus, avec lesquels Pontus de Tyard ' fut pour lui un inutile trait d'union .

Il continiàa de vivre à part, dans cette ville de Lyon, où la suprématie poétique ne pouvait lui être disputée ^. Son âge, ses habitudes littéraires, son goût pour la solitude et la méditation, l'autorité dont il jouissait à Lyon 3, ne lui permettaient guère d'aller s'enrôler sous la bannière de ces jeunes gens. Il se sentait différent d'eux par ses tendances, plutôt philosophe érudit et archéologue que poète. La nature des études vers lesquelles il était tourné désormais, et qui devaient aboutir à la publication du Microcosme, nous est indiquée par les Discours philosophiques de Pontus de Tyard. Il avait une prédilection pour la science, la retraite et la solitude. Dès 1 547, son églogue de la Saulsaye, où, suivant la coutume traditionnelle de la pastorale +,

1. Voyez E. Roy, Rev. d'Hist. litt. de la Fr., 1897, p. 421 ; Flamini, Du râle de Pontus de Tyard dans le pétrarquisme français (Rev. de la Ren., i90i,pp. 43-55)-

2. En 1557, Ch. Fontaine, malgré sa critique de 1S46 (cf. p. xxxi) réunit dans le même éloge Tyard, Scève et des Autelz, qui semblent bien faire un groupe à part, et leur promet l'immcrtalité, sans doute pour les consoler de la gloire grandissante de Ronsard et de ses amis :

A Pontus de Tyartj Maurice Sceve & Guillaume des Autel:!^,

Vos clers-vifs esprits bien ouvers Montrent vos proses & beaux vers En nostre langue maternelle ; (Mais que ne dy-je paternelle ?) Beaux vers qui point ne tomberont, Ains tousjours sur leurs piez seront :

Sinon que la langue Françoise Tombastun jour en Ecossoise.

Odes, Enigmes et Epigrammes... par Charles Fontaine Parisien. Lyon, Jean Citoys, 1557, p. 95 (Bibl. Nat. Rés. Y« i68i hîs).

3. Pour le rôle qu'il joua dans le cercle de Louise Labé, voir l'édition des œuvres de cette dernière par Ch. Boy, Lemerre, 1887, t. II.

4. Voir sur l'allégorie bucolique, Francesco Macri-LcovOy La Bucolica latina nella letteratura italiana del secolo xiv con una introdu^ione sulla hucolica latina net medioevo, Turin, Lœscher, 1889, et P. de Nolhac, Pétrarque et V Humanisme, Bouillon, 1892, p. 110 sqq.

INTRODUCTION

il se met lui-même en scène sous le nom de Philerme, nous le montre déjà désabusé. Dans les vers préliminaires du Microcosme, il apparaît comme un homme las et découragé. Que s'estil donc passé? Et que devient Scève à partir de ce moment ? Cette fin est mystérieuse. On n'entend plus parler de lui i. La Délie eut une seconde et dernière édition à Paris en 1564, mais Scève n'y dut avoir aucune part ; ce n'est guère qu'une réimpression du texte de 1544, dont certaines fautes évidentes sont reproduites. A partir de ce moment, le nom de Scève descend peu à peu dans l'oubli. Louis Le Caron ^, Guy Le Fevrede laBoderie 3, Et. Pasquier (Recherches, liv. VII, chap. vu), d'autres encore, le mentionneront avec éloge. Guillaume Colletet lui consacre une notice où il constate après tant d'autres la difficulté de l'entendre, et où il le compare à Lycophron pour l'obscurité de ses vers. Il dut être rapidement oublié au xvie siècle, puisqu'en 1571, dans l'anthologie publiée par le fils de Gilles Corrozet plusieurs extraits de la Saulsaye sont , donnés comme « d'auteur incertain s ». Au xviiie siècle, son nom reparaît dans la Bibliothèque Françoise de l'abbé Goujet ^. En 1828, Sainte-Beuve, dans son Tableau de la poésie française au xvie siècle 7, le men-

1. Il y a quelques années, j'ai entendu dire à M. Brunot, professeur en Sorbonne, qu'un professeur de Lyon, M. Bûche, avait découvert sur les dernières années de Scève des documents intéressants. D'après ces documents, Scève aurait été protestant, aurait fui de Lyon après les troubles de 1560, et aurait gagné l'Allemagne, où il serait mort. Je n'ai pu savoir sur quoi s'appuyaient ces assertions.

2. La Poésie de Loys Le Caron Parisien, Paris, Sertenas, 1554 (voir la pièce intitulée le Ciel des Grâces).

3. La GalUade, ou de la Révolution des arts & sciences, par Guy Le Fevre de la Boderie. Paris, Guill. Chaudière, 1578, in-4° (5« cercle).

4. y OIT Bibliographie des écrits de Scève. — En cette même année 1571, la première édition des Epithetes de M. de La Porte, Parisien (Paris, Gabriel Buon), mentionne Scève, La Porte l'appelle Maurice le Sceve. « 11 a fait, dit-il, paroistre des premiers l'affection qu'il portoit à nostre langue Françoise par la publication de sa Délie, combatanl ceste monstrueuse ignorance poétique, laquelle regnoit de son temps » (fol. 241 r*».)

5. Vauquelin de la Fresnaye {Art poët., I, 336) est parmi les derniers qui ont parlé de Scève et « des vers eslevés de sa haute Délie ».

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